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CHRONIQUE PAR ...

100
Merci foule fête
Cette chronique a été mise en ligne le 08 avril 2024
Sa note : 13/20

LINE UP

-Robert John Arthur "Rob" Halford
(chant)

-Glenn Raymond Tipton
(guitare)

-Richard Ian "Richie" Faulkner
(guitare)

-Ian Frank Hill
(basse)

-Mark Scott Travis
(batterie)

A participé à l’enregistrement :

-Andy Sneap
(guitare)

TRACKLIST

1) Panic Attack
2) The Serpent and the King
3) Invincible Shield
4) Devil in Disguise
5) Gates of Hell
6) Crown of Horns
7) As God Is My Witness
8) Trial by Fire
9) Escape from Reality
10) Sons of Thunder
11) Giants in the Sky
12) Fight of Your Life (bonus)
13) Vicious Circle (bonus)
14) The Lodger (bonus)

DISCOGRAPHIE


Judas Priest - Invincible Shield



-Ça y est, le voilà.
-Il est arrivé ?
-Oui. Tu es prête, Eve ?
-Ça fait cinq ans qu’il est annoncé, Jarta. J’ai eu le temps de me préparer.
-OK. « Invincible Shield ». Judas Priest. LP n°19. Début de l’examen à exactement…
-T’en ferais pas un peu des caisses, là ?
-Non. C’est à nous qu’a été confiée la mission - que dis-je - LA mission. Cet enregistrement est un artefact que nous ont envoyé les Dieux du Metal. Nous devons nous montrer dignes de cet honneur.


-T’enflamme pas ma grande, on est juste là parce que les collègues des douanes ne voulaient pas se taper le boulot en pleine préparation des JO. Et aussi parce qu’il n’était pas question de confier le taf à Jean-Michel Heavy, le type de la surveillance, rapport à son problème de fanboyisme. Alors si toi tu t’y mets...
-Ok ok, j’arrête. Je voulais juste que le moment soit un peu solennel, tu vois. Pour nous valoriser, tout ça.
-Au tarif où est payée la vacation, je me contenterai de juste faire le boulot, en fait.
-Ta vénalité me désespère. Allez, c’est parti. On passe sur l’artwork - avec Mark Wilkinson, qui avait dessiné celui du recueil précédent, du dernier Acid Reign et des Marillion eighties, on ne sait jamais si ça en jette ou si le mec veut nous faire passer un test de daltonisme.
-C’est coloré.
-Ça… On commence le contrôle. Du changement dans le gang ?
-Officiellement non. Officieusement, si Glenn Tipton est crédité comme guitariste principal, c’est Richie Faulkner qui a fait l'essentiel du boulot à la six-cordes, avec l'aide d'Andy Sneap.
-Saleté de Parkinson. Il fait le taf, le Londonien ?
-Dans la pure tradition priestienne, oui. Les riffs sont énergiques, celui de "Panic Attack" en ouverture par exemple dépote bien, le tempo est enlevé. Et le duel de solos se termine en duo, selon le schéma que ses prédécesseurs de Birmingham avaient popularisé dans les seventies.
-Même impression. On croit que les vénérables vont tenir la cadence, jusqu’au bout, vu qu’ils augmentent la vitesse sur "The Serpent and the King" qui évoque Painkiller et "Invincible Shield" qui lorgne vers le power germanique - un juste retour des choses tant Helloween, Gamma Ray & co leur doivent (presque) tout.

-Et ensuite ?
-Les papys fatiguent.
-Tu exagères un peu. Ils ne tombent pas non plus dans la mollesse comme Virgin Steele.
-Certes. Mais à part sur le speed "As God Is My Witness", le quintet se contente sur les deux derniers tiers de dérouler à allure familiale, voire carrément pépère sur "Crown of Horns" et "Giants in the Sky". Pourquoi pas, ils ont toujours aimé les ballades, chez Judas. Le problème est que les thèmes ne sont pas franchement mémorables.
-Pas fifou, non. À la limite, les refrains de "Fight of Your Life" et surtout celui de "The Lodger", qui aurait fait un bon générique pour une adaptation grand public d’un roman de Stephen King, sont les plus accrocheurs. Alors qu’il s’agit de titres bonus.
-Et quand le rythme baisse, la frustration est d’autant plus grande d’entendre l’intensité des couplets se diluer dans la tiédeur de mélodies pas désagréables mais sans grande saveur, à l’image de "Gates of Hell", "Sons of Thunder" ou "Vicious Circle", un autre bonus.
-Et encore, Halford est là pour sauver les meubles.

-Franchement, il est bluffant. OK, les vocalises qui dynamitaient les incunables du siècle dernier ne sont plus qu’un souvenir, le scream pas joli qu’il tente à la fin de "Trial by Fire" est là pour le rappeler. Mais pour le reste, il s’en sort remarquablement et ses interventions donnent du relief aux mélodies.
-La production le met bien en valeur, il faut dire. Dommage que dans le même temps, Andy Sneap a une fois de plus fait le coup du mur du son sans aspérité. Le son est clair, puissant autant qu’il est lisse et froid. Au lieu de trancher et de vrombir, les guitares donnent le sentiment d’avoir été rabotées pour pouvoir être diffusées dans les galeries marchandes.
-Tu es une dure fille, Eve. Mais je ne te donne pas tort. Et puis cette sensation de tapis roulant sans fin provoquée par la basse et la batterie n’aide pas non plus à rester focus sur les trouvailles du quintet augmenté. D’autant que l’originalité est restée à la porte des studios.
-En même temps, la dernière fois que le Priest a essayé de faire dans la déviance, l’accueil a été mitigé.
-C’était prévisible (tu l’as?). Je comprends mais le schéma couplet-refrain-modulation-solo-solo-solo-couplet-refrain répété en boucle, ça bride l’inspiration à force. À part l’envolée tout en feeling sur "Devil in Disguise" et la lourdeur sabbathienne d’"Escape from Reality", avec voix trafiquée à la Ozzy et un refrain faisant penser à "Vanity" de Dweezil Zappa, rien ne dévie, rien ne dépasse. Encore moins que sur Firepower, c’est dire.

-Bon... On valide ?
-Si l’album avait été envoyé par n’importe quelle autre formation de heavy metal, j’aurais tiqué. Mais difficile de dire d’un groupe qu’il est une contrefaçon de lui-même.
-Une caricature, alors ?
-Ceux qui n’aiment pas Judas Priest diraient sûrement quelque chose comme : « c’est toujours pareil, Judas et AC/DC même combat, zéro prise de risque ». Au moins, les darons de Metallica tentent encore des trucs. Ils se plantent une fois sur deux, mais ils essaient.
-Le chanteur historique assure et le dynamisme est là : c'est déjà pas mal pour des vétérans, non ?
-Carrément. Et c’est ce qui rend l’œuvre plaisante, malgré l’absence de titres forts.
-Rien de méchant, ni de mièvre en dépit de la production ultra sécurisée. Une sympathique routine, quoi.
-Et qui plaira aux fans.
-Le produit répond donc aux attentes. Ça passe. Quel est le prochain ?
-Accept. Là, ma belle, tu vas vraiment comprendre ce que le mot « routine » veut dire.




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