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CHRONIQUE PAR ...

5
Fishbowlman
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 14/20

LINE UP

-Bruce Dickinson
(chant)

-Dave Murray
(guitare)

-Janick Gers
(guitare)

-Steve Harris
(basse)

-Nicko McBrain
(batterie)

TRACKLIST

1)Be Quick Or Be Dead
2)From Here To Eternity
3)Afraid To Shoot Strangers
4)Fear Is The Key
5)Childhood's End
6)Wasting Love
7)The Fugitive
8)Chains Of Misery
9)The Apparition
10)Judas Be My Guide
11)Weekend Warrior
12)Fear Of The Dark

DISCOGRAPHIE


Iron Maiden - Fear Of The Dark
(1992) - heavy metal - Label : EMI



Après s'être complètement laissé aller sur le moyen No Prayer For The Dying (le moins bon album de Maiden, mais loin d'être la daube tant décriée), Iron Maiden se reprend en main avec Fear Of The Dark et essaye même de se renouveler un minimum. La fraîcheur et l'incroyable énergie apportée par Janick Gers à son arrivée sont toujours de rigueur, on ressent clairement sa participation aux compos. Mais le groupe (et surtout Steve Harris) se remettent à l'écriture de quelques titres épiques et plus mélodiques, qui deviendront très vite des classiques. "Fear Of The Dark" et "Afraid To Shoot Strangers" (Strange Gers????) sont dignes des grands moments de bravoure d'Iron Maiden, à tel point qu'à sa sortie, les fans avaient l'impression d'assister enfin au retour du grand Maiden, celui qui avait tant innové dans les années 80.

Avec le recul, Fear Of The Dark ne rivalise pas vraiment avec les classiques, loin de là. L'ensemble de l'album n'a pas de direction musicale définie, ça part vraiment dans tous les sens. D'un côté, nous avons donc les titres épiques, de l'autre, des titres carrément rock 'n' roll que l'on croirait tout droit sorti de l'album solo de Bruce Dickinson (Tattoed Millionnaire), sans oublier des titres heavy avec une ambiance médiévale, et enfin quelques boulets de canon très agressifs censés rivalisés avec le Painkiller de Judas Priest. Donc, niveau homogénéité, on a fait mieux! Ne nous plaignons pas, ça nous donne un album très varié.

C'est la dernière fois que le groupe travaillera avec Martin Birch pour la production et Fear Of The Dark ne fait pas parti de ses meilleurs travaux, leur collaboration commençait à s'enliser sérieusement. Mais, il faut bien le reconnaître, Maiden ne retrouvera jamais un producteur capable de retranscrire aussi bien que Martin Birch l'essence même du groupe en studio, tout en tentant de conserver au maximum l'énergie qu'ils dégagent en live. Que ce soit la production brouillonne de Steve Harris ou aseptisée de Kevin Shirley, aucune des deux n'égalera le grand Martin.

Le groupe se vantait durant ses interviews de prendre autant son pied à jouer ensemble qu'une jeune formation et de ne pas s'être ramolli comme d'autres groupes. Ils étaient alors loin de s'imaginer que dix ans plus tard, ils finiraient eux aussi par s'assagir comme les autres, enfin c'est un autre problème! Même Bruce Dickinson ne cachait pas son enthousiasme à propos de cet album, allant même jusqu'à affirmer qu'il ne s'était jamais senti autant à l'aise pour chanter sur un album d'Iron Maiden. Faut dire qu'il se lâche complètement le père Bruce : plus «soul» et décontractée, sa voix s'éloigne de plus en plus des clichés du heavy metal. Et les moments rock 'n' roll où il utilise une voix rauque et agressive (comme sur "From Here To Eternity") me font plus penser à un groupe de hard rock également. Son trip n'a pas plu à tout le monde; les fans qui attendaient de lui un chant clair, aigu et mélodique n'hésitent pas à affirmer que Fear Of The Dark est sa pire prestation vocale avec No Prayer aussi. Il retrouvera plus tard un chant conforme au heavy metal classique, mais il perdra également toute sa puissance.

Donc, Fear Of The Dark, par où commencer? "Be Quick Or Be Dead" est un de mes morceau favoris de Maiden, et il s'avérera encore bien plus efficace en live, avec un déluge de riffs destructeurs et de ricanements «sataniques», puissant! De toute façon, les titres de Fear Of The Dark sonnent mieux en live sur A Real Live One. C'est surtout vrai pour "From Here To Eternity", un très bon morceau de hard rock qui dépote sévère en live, sa version studio étant un peu poussive à cause de la production. Dans le même genre, nous avons le très décrié "Chains Of Misery", une compo de Dickinson que Steve Harris n'a jamais aimé et ne voulait pas voir apparaître sur l'album. Sous ses allures «top cool», avec un Bruce Dickinson plus rock 'n' roll que jamais et un refrain très «party» (les choeurs sont d'un kitsch!), "Chains Of Misery" est bien le genre de morceau à scandale, qui aurait peut être eu davantage sa place sur un album solo de Bruce. En tout cas, pour peu qu'on apprécie le délire, c'est l'éclate totale! Les magnifiques arpèges sur la partie instrumentale viennent aussi apporter un peu de douceur et de finesse, car çà part ça, ça vole pas bien haut non plus hein!

Et enchaîné avec "The Apparition"... mais qu'est-ce que c'est que ça? Du rock 'n' roll médiéval? On aura tout vu! Encore un morceau bien bidonnant, à ne surtout pas prendre au sérieux, mais bizarrement, j'aime bien là encore. "Fear Is The Key" est un des meilleurs morceaux de la galette, des couplets très groovy, un refrain épique et une montée en puissance mémorable sur le pont avec quelques parties acoustiques poignantes et magiques! A noter que la partie instrumentale et ses solos bruyants sont étrangement proches de ceux de "Bluesy Blue Sea", paru dix ans plus tôt sur l'album Magic quand Janick Gers faisait parti de Gillan. Et pour terminer, au rayon rock 'n' roll, "Weekend Warrior" est encore un de ses ovnis comme on n'en trouve nulle part ailleurs : l'alliance improbable et pourtant réussie entre des couplets rageurs limite AC/DC enchainés avec un magnifique refrain très dark, y'avait qu'eux pour oser!!!

Bon, faut pas se voiler la face, parfois, les solos sont inutiles et traînent un peu en longueur. Et c'est la première fois qu'un album d'Iron Maiden contient autant de chansons (douze), ce qui est trop, on n'évite pas les titres bouches trous. Mais ces morceaux ont la pêche et permettent de passer un bon moment, pour peu que l'on ne soit pas réfractaire au rock 'n' rooooooll! De l'épique les jeunots, vous en voulez? Vous allez être servis (oups, je l'ai déjà sorti quelque part celle là)! "Fear Of The Dark", assez conventionnel dans sa structure, rassasiera les amateurs du genre. La ballade "Wasting Love" contient sa dose d'arpèges savoureux, un peu dans le style de "View From A Hill" (sur le premier album solo de Fish) Janick Gers y dévoile là de véritables talents de compositeur. Mais c'est surtout "Afraid To Shoot Strangers" qui vaut le détour, un des mes morceaux préférés de Maiden. Médiéval dans l'esprit, avec une montée en puissance constante jusqu'à l'arrivée de solos explosifs, une superbe partie instrumentale et des harmonies magnifiques, c'est le seul morceau capable de rivaliser avec des "Alexander The Great" ou "Seventh Son Of A Seventh Son".


Restent quelques morceaux heavy de bonne facture, pas tellement agressifs comme "Judas Be My guide", avec parfois une ambiance médiévale très agréable ("The Fugitive" et "Childhood's End", on imagine facilement un clip de cette chanson tournée en pleine forêt avec Bruce se tenant en haut d'un arbre avec son micro et Steve Harris en train de courir au milieu des feuilles et des arbres). Fear Of The Dark est un album qui divise les fans étrangement, ce n'est pas le chef-d'oeuvre absolu, mais c'est le meilleur album avec The X-Factor qu'Iron Maiden ait sorti de 1990 à maintenant.


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