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CHRONIQUE PAR ...

5
Fishbowlman
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 12/20

LINE UP

-Bruce Dickinson
(chant)

-Dave Murray
(guitare)

-Janick Gers
(guitare)

-Steve Harris
(basse)

-Nicko McBrain
(batterie)

TRACKLIST

1)Tail Gunner
2)Holy Smoke
3)No Prayer For The Dying
4)Public Enema Number One
5)Fates Warning
6)The Assassin
7)Run Silent Run Deep
8)Hooks In You
9)Bring Your Daughter...to The Slaughter
10)Mother Russia

DISCOGRAPHIE


Iron Maiden - No Prayer For The Dying
(1990) - heavy metal - Label : EMI



Après le départ d'Adrian Smith, l'un des principaux compositeurs d'Iron Maiden, on sent qu'il est difficile pour le groupe de maintenir sur No Prayer le même niveau de qualité que sur ses précédents albums. Et pourtant, je trouve No Prayer bon et très jouissif dans son ensemble. L'arrivée de Janick Gers marque un durcissement net des compos ce qui n'est pas forcément une mauvaise chose étant donné que Seventh Son of a Seventh Son me paraissait bien mollasson par moments. L'agressivité de cet album contraste avec la douceur et la finesse du précédent, il s'agit avant tout d'un album défouloir pour le groupe, soulagé d'avoir retrouvé un remplaçant à Adrian Smith et éprouvant un plaisir à jouer ensemble intact, ça s'entend !

En fait tous les morceaux de l'album me semblent bons, sauf "Run Silent Run Deep" qui a un refrain assez nul et "Mother Russia". Track by track ça nous donne :

"Tailgunner" : un des morceaux phares du disque, quasiment un classique, très puissant, superbe refrain mélodique, des putains de solos killer et un Bruce dont la voix très rauque dégage une puissance phénoménale. Il ne tire plus vraiment dans les aigues comme avant, mais cette puissance compense largement, ça donne un p'tit effet «satanique» niark niark !!! Sur une grande partie de No Prayer se dégage une ambiance bien dark ce qui rend ce disque très attachant malgré des faiblesses évidentes dans la qualité de composition.

"Holy Smoke" : premier single, très rock 'n' roll, avec des paroles vindicatives (plutôt inhabituel pour Iron Maiden) traitant des prédicateurs américains plus attachés à leurs dollars qu'à leurs dieux ! Un retour aux sources donc, vers des paroles beaucoup plus proches du punk que les histoires complexes autour du septième fils. Nicko tient une cadence infernale tout le long de ce titre et prouve qu'il est un putain de batteur heavy-rock, avec des breaks très techniques et efficaces, sa performance est tout simplement exceptionnelle. Nicko a le don de transcender une simple rythmique binaire en quelque chose d'énorme. Globalement, même si "Holy Smoke" n'est pas un morceau très fin, ni divinement inspiré, il reste très sympa et a le grand mérite de botter le cul !

"No Prayer For The Dying" : le morçeau épique de l'album avec "Mother Russia". La mélodie est belle, avec un coté médiéval qui s'exprimera davantage encore sur l'album Fear Of The Dark. Et la partie instrumentale est plus rapide, quoiqu'un peu baclée, elle aurait pu etre tellement mieux... On passe à coté d'un chef-d'oeuvre là !

"Public Enema Number One" : retour à du très puissant, j'adore ce morceau parce qu'il est à la fois très heavy, burné, rentre-dedans et dark, méchant quoi ! Iron Maiden redevient méchant en fait, ça faisait si longtemps ! Bon le refrain plus mélodique que le reste aurait pu être bien meilleur là encore, mais on va pas chipoter. D'autant que la partie des solos déchirent également.

"Fates Warning" : le titre le plus mélodique de l'album, plus encore que "No Prayer For The Dying", l'intro est douce et en arpège cette fois-ci (alors que la plupart des morceaux démarrent direct avec un gros riff) et une superbe partie instrumentale. Le refrain est par contre un peu bâclé et pas vraiment mémorable comme c'est trop souvent le cas sur cet album. Les mélodies auraient gagné à être plus fouillées, et si ça avait été le cas, on aurait obtenu une bombe, rivalisant largement avec les morceaux de bravoure de Maiden. Mais cela reste un bon moment.

"The Assassin" : j'adore ce titre, bien plus fin qu'il n'y parait (l'intro est sublime), et cela même si pas mal de fans le détestent. Un coté flippant s'en dégage, et le refrain tue, tout simplement, avec les choeurs dark "Better watch out", terribles, la basse toujours aussi galopante, les parties de Nicko toute en finesse cette fois-ci et une partie instrumentale very heavy, solos ravageurs... enfin la totale!

"Run Silent Run Deep" : je hais ce morceau par contre, Maiden a voulu se la jouer flippant là aussi, mais c'est vraiment niais, et le refrain, dans le genre bâclé, on pouvait pas faire mieux. Bruce reconnaîtra plus tard que les paroles qu'il a écrite sur ce morceau sont les plus mauvaises de toute sa carrière.

"Hooks In You" : du heavy rock qui arrache, dans la lignée de "Holy Smoke", mais en plus mélodique (pour le joli refrain), très sympa avec le riff qui tue «melodic rock» comme disent les anglais et un Dickinson déchaîné comme c'est pas possible.

"Bring your Daughter... to the Slaughter" : second single, ultra accrocheur, à la fois très dark et très rock (pour le refrain), excellent.

"Mother Russia" : malgré une intro sympathique, et une fin qui l'est tout autant, je considère "Mother Russia" comme un mauvais titre, avec des couplets qui donnent l'impression d'une danse extraite de la musique folklorique russe, donc très batard quoi, et une partie instrumentale qui ressemble beaucoup trop à celle du morçeau titre "Seventh Son of a Seventh Son", ça sent le pompage.


Il est évident que si No Prayer était sorti juste après Killers, l'acceuil des médias et du public aurait été très différent, il aurait tout simplement été considéré comme une grosse tuerie marquant l'arrivée de Bruce Dickinson au chant ! Retour donc à du heavy direct mâtiné de rock 'n' roll comme à la grande époque Paul DiAnno, oh yeah ! No Prayer est peut être loin de figurer parmi les meilleurs albums, mais Iron Maiden aurait t-il réussi l'exploit de sortir un album aussi réussi et ambitieux que Seventh Son si Adrian Smith était resté avec eux? Je n'en suis pas tout à fait sûr, car Adrian a largement prouvé qu'il a perdu beaucoup d'inspiration et de ses talents de compositeur depuis qu'il a quitté le vaisseau Maiden. No Prayer For The Dying représente donc à mon sens un passage obligé pour Iron Maiden afin de faire face à l'avenir, étant donné qu'il leur était impossible de recréer la magie des albums précédents.


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