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CHRONIQUE PAR ...

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Sebrouxx
Cette chronique a été mise en ligne le 31 mai 2009
Sa note : 16/20

LINE UP

-Bruce Dickinson
(chant)

-Dave Murray
(guitare)

-Adrian Smith
(guitare)

-Janick Gers
(guitare)

-Steve Harris
(basse)

-Nicko McBrain
(batterie)

TRACKLIST

CD1 :
1)Churchill’s Speech (>Inde)
2)Aces High (>Inde)
3)2 Minutes to Midnight (>Australie)
4)Revelations (>Australie)
5)The Trooper (>Japon)
6)Wasted Years (>Mexique)
7)The Number of the Beast (>Etats-Unis)
8)Can I Play with Madness (>Mexique)
9)Rime of the Ancient Mariner (>Etats-Unis)
10)Powerslave (>Costa Rica)

CD2 :
1)Heaven Can Wait (>Brésil)
2)Run to the Hills (>Colombie)
3)Fear of the Dark (>Argentine)
4)Iron Maiden (>Chili)
5)Moonchild (>Porto Rico)
6)The Clairvoyant (>Brésil)
7)Hallowed Be Thy Name (>Canada)

DVD et Blu-Ray
1)Churchill’s Speech (>Inde)
2)Aces High (>Inde)
3)2 Minutes to Midnight (>Australie)
4)Revelations (>Australie)
5)The Trooper (>Japon)
6)Wasted Years (>Mexique)
7)The Number of the Beast (>Etats-Unis)
8)Can I Play with Madness (>Mexique)
9)Rime of the Ancient Mariner (>Etats-Unis)
10)Powerslave (>Costa Rica)
11)Heaven Can Wait (>Brésil)
12)Run to the Hills (>Colombie)
13)Fear of the Dark (>Argentine)
14)Iron Maiden (>Chili)
15)Moonchild (>Porto Rico)
16)The Clairvoyant (>Brésil)
17)Hallowed Be Thy Name (>Canada)

DISCOGRAPHIE


Iron Maiden - Flight 666
(2009) - heavy metal Revival - Label : EMI



Iron Maiden n’ayant rien obtenu au dernier Festival de Cannes, il a attendu la clôture de ce dernier pour sortir en grandes pompes le documentaire Flight 666 qui lui est consacré. Et ce dès le lendemain du clap final cannois. Ce raccourci malhabile occulterait à tord l’excellent concert qui l’accompagne. Bein oui : faut bien regarder ce que l’on achète : le package comprend certes le tant attendu film de Sam Dunn et Scot McFadyen, mais aussi un superbe live de cette tournée nord et sud-américaine. Sans oublier le traditionnel double-CD.

Les médisants se font déjà entendre, une fois de plus d’ailleurs. “Quoi, encore un double live de Maiden, c’est du foutage de gueule !” Histoire de les narguer comme il se doit, sachez que certes un double CD est paru, mais aussi un double DVD/simple Blu-Ray, sans oublier le double vinyl collector... voire le tee shirt édition limitée. Le tout estampillé Flight 666. En y réfléchissant bien, en fait, c’est à se demander quel objet éclipse l’autre. En gros, les futurs acquéreurs de ces objets vont-ils sortir prioritairement leur carte bleue pour le «dividi» documentaire+concert ou pour le «scud» live qui va enchanter toute la famille sur le trajet des vacances d’été? Au regard des attentes lues ici et là sur les forums consacrés à la Vierge de Fer, la question semble légitime. L’auteur de ces lignes prend les paris. Abstraction faite du fan inconditionnel des Britanniques qui va s’empresser de tout acheter, les autres vont privilégier l’achat des vidéos par rapport aux habituels supports audio. Comme énoncé dans notre précédente chronique de Flight 666, il ne s’agit pas d’un simple bonus habituel mais réellement d’un film à part entière, avec son identité propre. De plus le film n’est sorti que le temps d’une soirée dans un réseau de salles on ne peut plus limité et jouit d’un excellent bouche à oreille. D’ailleurs d’un point de vue marketing, tout a été mis en place pour que cela se passe ainsi.

En effet, la major EMI a mis le paquet sur ces versions DVD et Blu-Ray : package agréable, booklet de 30 pages incluant photos et textes de proches du groupes. D’ailleurs une fois déballé le coffret DVD, il y a fort à parier que l’heureux acquéreur va se faire les dents non pas sur la galette du concert, mais bel et bien sur le premier disque détachable, à savoir celui du documentaire. Sans faire de psychologie commerciale, le choix de cette disposition n’a pour sûr rien d’innocent. D’autant que les grands décideurs ne sont pas idiots : ils n’ont pas souhaité proposé une édition simple offrant ce seul film. Bien leur a en pris car pour ne pas faire comme tout le monde (et puisque les Éternels vous ont déjà régalé d’un compte-rendu détaillé de Flight 666), autant s’arrêter plus longuement sur le filmage du concert. Tout d’abord sachez que ce dernier a profité de l’ensemble des moyens techniques mis à disposition pour le tournage du documentaire de MacFadyen et Dunn. Cela explique pourquoi l’entrée en scène du groupe et les séquences entre chaque morceau ne sont pas sans rappeler des plans vus ici et là dans le film. Et cela s’explique surtout du fait qu’il ne s’agit pas de la seule captation d’un concert dans son intégralité mais d’un réel montage ; chaque titre est tiré d’un live offert dans tel ou pays. Et pour ne pas s’y perdre et voyager quelque peu, chaque titre est annoncé à l’écran avec la date ainsi que le nom de la salle dans laquelle il s’apprête à être exécuté.

Rien à voir, donc, avec le Live After Death, respectable ancêtre qui offrait, lui, une unité de lieu (le Long Beach Arena de Los Angeles) et une quasi-unité de temps(tournage sur quatre concerts donnés en mi-mars 1985). Idem pour le plus récent DVD du Death On The Road, paresseux enregistrement du concert donné le 24 novembre 2003 à la Westfalenhalle Arena de Dortmund. C’est peu dire alors que ce concert se regarde sans déplaisir aucun. Un véritable régal est offert, les caméras glissent élégamment sur chaque recoin de la salle (Dickinson ne semble pas toujours facile à suivre) et ne perdent rien de vue. Le décorum n’est pas l’élément le plus mis en avant (d’autant que ce dernier était bien plus conséquent en Europe). Le cœur du sujet reste les musiciens, voire même ceux que la présence des caméras ennuyait le plus comme Adrian Smith et surtout Janick Gers. Ce dernier offre une présence scénique admirable. D’ailleurs le trio de guitaristes est devenu avec le temps un sacré atout, très bien en valeur dans ce montage ("Powerslave", "Run to the Hills" et "Fear of the Dark" l’illustrent parfaitement). Alors quitte à mieux apprécier ensuite le documentaire, autant le glisser le concert en premier dans le lecteur idoine. Non pas que les 113 minutes du doc soient plus reposantes. Juste qu’elles permettent de mieux apprécier la somme de travail et la monstrueuse logistique, pour ne pas dire machinerie de guerre, qui se cachent derrière une tournée d’un groupe de l’ampleur de Maiden.

Inutile de s’appesantir trop longuement sur le film (chronique ici) qui reste un formidable tour de force mais perd incontestablement sur petit écran un peu de son ampleur cinégénique. Son transfert sur DVD ainsi et surtout sur Blu-Ray reste néanmoins impeccable, et appartient même au summum du genre. Il saura sans peine trouver une place de choix aux côtés de quelques must du genre tels que le plus ancien Live At Donington de AC/DC, le Völkerball de Rammstein voire l'Octavarium live symphonique de Dream Theater. Est-il possible d’en dire autant de Flight 666 - le double CD? Celui-ci n’est ni plus ni moins que le copié/collé sonore du concert abordé quelques lignes au-dessus. Le CD (intitulé Flight 666 – The Original Soundtrack) donne l’impression d’écouter un mix improbable entre les galettes du Live After Death (rien d’étonnant, vous en conviendrez) et celles de A Real Live One et A Real Dead One. Le Live After Death en raison de la proximité des setlits respectives. Et Les Real Live et Dead One en raison ET du choix de morceaux interprétés à des dates et en des lieux différents ET du mixage sonore effectué par l’habituel Kevin Shirley qui s’est largement plus décarcassé que pour celui du Death On The Road (remettons-en une deuxième couche, ça ne fait de mal à personne). D'autant plus quand il existe mieux à se mettre dans les esgourdes.


Voilà de quoi passer un été tranquille avec Maiden qui semblerait enregistrer son prochain album dans les mois qui viennent pour une sortie prévue en début d'année prochaine. Flight 666 laisse donc le temps de patienter, alors autant en profiter pleinement. Et pour peu que dans les années qui viennent Dickinson apprenne à conduire un train à grande vitesse et que son équipe embarque tout le matos dans plusieurs compartiments, une tournée des grandes gares européennes reste envisageable histoire de rappeler à notre bon souvenir les albums No Prayer For The Dying et surtout Fear Of The Dark.


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