CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
le 01 novembre 2026




SETLIST

Dimmu Borgir :

Ulvgjeld & Blodsodel
Mourning Palace
Kings of the Carnival Creation
Council of Wolves and Snakes
As Seen in the Unseen
Ascent
Reptile
The Serpentine Offering
Puritania
Gateways
In League With Satan
Progenies of the Great Apocalypse
Perfection or Vanity

Behemoth :

Daimonos
Ora Pro Nobis Lucifer
Thy Becoming Eternal
The Shit ov God
Conquer All
Blow Your Trumpets Gabriel
I, Scvlptor
Ov Fire and the Void
To Drown the Svn in Wine
Bartzabel
The Shadow Elite
Play Video
Chant for Eschaton 2000
O Father O Satan O Sun!

Dark Funeral :

Unchain My Soul
The Secrets of the Black Arts
The Arrival of Satan's Empire
Let the Devil In
Where Shadows Forever Reign

AFFILIÉ

Dark Funeral
Lille - Splendid
(16 avril 2023)
Lyon - Ninkasi Kao
(12 mars 2006)

Dimmu Borgir
Marseille - Espace Julien
(06 octobre 2007)
Wacken
(03 août 2007)
Hellfest (Clisson)
(17 juin 2012)
Paris - Bataclan
(23 janvier 2020)

Behemoth
Lille - Aéronef
(14 décembre 2014)
Hellfest (Clisson)
(22 juin 2014)
Clisson - Hellfest
(24 juin 2007)
Hellfest (Clisson)
(19 juin 2010)
Hellfest (Clisson)
(16 juin 2012)
Strasbourg - La Laiterie
(30 octobre 2016)
Hellfest (Clisson)
(16 juin 2017)

16 octobre 2026 - Paris - Zénith


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Grosse. Que dis-je : GROSSË affiche ce soir au Zénith ! La Villette va culbuter le monde metal extrême le temps d’une soirée. Mirez : Dark Funeral + Behemoth + Dimmu Borgir. Oui rien que ça. Imaginez un peu la dinguerie, Dark Funeral relégué au statut de simple première partie. Et de mes premières constatations (de longs mois en arrière de cela au moment de l’achat de la place), Behemoth devant Dimmu. Étonnant.

Mais vous le verrez les choses ne sont pas si simples. Alors commençons par le commencement : la bruine. Arf… non, vous vous en foutez. Pourtant c’est bien elle qui nous accueille vers 18h30 (oui, on est en avance pour une telle affiche). Et à 19h00 pétante, début du show ! Car ce type d’énorme affiche ne badine pas avec le timing et les horaires. DARK FUNERAL en fera les frais puisque baissé de rideau à 19h29 (j’ai vérifié) sur sa portion congrue de scène (oui, il faut faire de la place pour les éléments de décor des têtes d’affiche et leurs batteries gigantesques). Le temps de… de quoi au juste ?
Faire péter les basses, ce sera un leitmotiv de la soirée. L’art divinatoire noir sur les grandes scènes a apparemment besoin de faire trembler les fondements des fans. Chaque coup asséné à la quatre-cordes sera autant de coup de marteau. La batterie n’est pas en reste, très en avant dans le mix de la soirée (ce sera une constante), notamment les coups de kick, avec pour corollaire immédiat la disparition des guitares. Alors disparition, s’entend. J’exagère bien sûr. Mais tellement dommage, surtout pour un groupe comme Dark Funeral (et le metal en général) qui s’amuse à utiliser ses guitares comme des nappes de claviers. D’autant plus con qu’elles avaient un excellent rendu, froides, lissées ce qu’il faut pour donner la mesure des albums. Albums point tous explorés car en moins de trente minutes chrono les Suédois auront à peine eu le temps de claquer cinq chansons. Remballez chaumière.
La suite du show. Dimmu Borgir donc. Mais… bordel cette toile tendue au fond avec le soleil stylisé, ils ont changé d’iconographie ? Tiens, Shagrath c’est mis à la… gratte (ok, vous pouvez me lapider pour celle-là) ?? Et mais attendez, il porte des vêtements à la BEHEMOTH et le style est vachement similaire à Behemoth et ils ne sont plus que quatre sur scène, sans claviériste ????
Vous comprenez aisément ma confusion, qui bizarrement a quand même mis plus d’un titre à se dissiper tant je m’étais convaincu que Dimmu jouerait en qualité de première tête d’affiche. C’est bien la bande à Nergal qui a envahi la scène de son death metal occulte et surpuissant. Et non Dimmu n’a pas viré sa cuti. Nergal… son éternel costume de scène, son éternel maquillage. Nergal maître dominateur de la scène qui harangue les foules. Certes Inferno abat un travail monumental derrière son kit en hauteur – et tire la couverture sonore à lui avec ce mix infernal le mettant très en avant – mais Nergal est et demeure l’homme de Behemoth. Les musiciens lui tournant autour sur scène font le job, se permettent quelques harangues de leur cru, mais on sait parfaitement qui est le boss. Boss qui rappelle avec émotion les heures passées à l’Olympia avec la Philharmonie, nous confiant qu’ils vont « se tirer les vers du cul pour faire encore mieux ce soir » ou encore qu’ils sont à mi-tournée et que ce soir « c’est vraiment le best fucking show ».
Ok Nergal, tu es un grand musicien, tu occupes la scène, mais des fois tu en dis trop. Et le cœur avec les mains, c’est so 2020. Et pas metal extrême surtout. Malgré ces remontrances, Behemoth est impérial, enchaîne les tours de passe-passe et on se rend compte que sa brutalité excessive sur album ne passe pas si bien que ça la scène. Pas dans cette configuration majestueuse, pas entichée de ce son déséquilibré (j'ai un excellent souvenir d'un Hellfest sous tente). Les titres les plus lourds et grandiloquents, certes un poil faciles, exploitent pertinemment le filon de l’efficacité du direct en mode gros camion. "O Father O Satan O Sun!" les gens ? Oui bien sûr !
Le groupe passera en revue quantité de leurs albums, "The Shit ov God" étant le plus remarqué (en grande partie grâce au discours déclamatoire « Eat my flesh, Drink my blood, I am the shit ov God », un peu raz du front mais puissamment efficace en live !). C’est à ce moment que j’avoue ne connaître d’eux réellement que Zos Kia Cultus, mes plus basses excuses. Et qu’un tel concert avec un son aussi excessif n’est pas la meilleure occasion pour se familiariser avec mes trous béants dans leur discographie. Tant pis. Behemoth n’en a cure et Nergal se démène comme un diable pour maintenir le public en ébullition, multipliant les costumes, se permettant même de se faire monter au ciel armé de… ce qui ressemblait à deux pistolets lance-flammes (dont l’un fut légèrement récalcitrant). Étrange.
Quoiqu’il en soit une démonstration de ce qu’est Behemoth : un énorme groupe de scène, qui donne tout pour ne rien laisser sur son passage. On peut ne pas aimer les atermoiements de la troupe, on ne peut nier le fait qu’ils sont à fond et pro jusqu’au bout des ongles.
Vient donc le temps de DIMMU BORGIR après le faux-départ. Comme il faut changer le décor de la scène, l’interlude est plus long. Mais il prend fin (merci Cronos – remercié par Shagrath lui-même, mais il parlait de Venom et non du dieu du temps). Et Dimmu en concert c’est la classe. Je peux confirmer que Shagrath ne s’est pas mis à la guitare. Qu’ils ont bien un claviériste – si si, caché là-bas tout au fond de la scène ! – et qu’ils sont six à arpenter les planches.
Si notre ami vocaliste prend évidemment les lumières et le centre de l’espace, pour autant visuellement il se fait concurrencer non par Silenoz, très discret caché sous son béret, mais par l’ami Damage nouveau lead guitariste au charisme impressionnant. Impeccablement accoutré, doté d’une barbe munificente et donc paré des atours de guitariste principal, il attire les regards. Par contre Dimmu Borgir étant frappé des mêmes maux sonores que ses prédécesseurs, son travail sur la six-cordes est parfois difficile à suivre sans une connaissance profonde des compositions. C’aura malheureusement été le fil rouge de cette soirée, la sur-présence de la batterie dans l’espace sonore, au détriment de tous les autres instruments, basse exceptée peut-être. Alors certes, nous avons eu à faire à trois batteurs vraiment impressionnants et en place, mais la musique en a pris un coup.
Parlant son, fatigue liée à l’accumulation ou réalité, les Norvégiens ont remporté la palme du set le plus harassant. La pression en décibels a atteint des sommets, me laissant avec des acouphènes malgré le port de protections auditives spécialisées… À tel point que je n’ai pas écouté de musique sur le chemin du retour pour préserver mes pauvres tympans, c’est dire.
Autrement, le duo d’Oslo a déroulé et paru encore plus en place que Behemoth. Vraiment. On sent que les plus gros groupes de metal extrême ont passé un cap dans le professionnalisme. Les moyens sont évidents, la précision chirurgicale et la présence très travaillée. Avec pour effet secondaire de retirer toute la magie de l’imprévu ou l’humanité des approximations. On ne transpire plus quand on va voir des concerts de groupes aussi énormes, on regarde, on hurle mais on communie à travers un voile faisant office de démarcation claire entre lui et son public. Couplé à la débauche de décibels cela aura eu raison de mon être physiquement et même mentalement.
Pourtant, comment ne pas nommer "Reptile", "Puritania", "Kings of the Carnival Creation" ou encore le tube intersidéral "Progenies of the Apocalypse" pour clore la soirée ? Nos amis Scandinaves bien qu’en tournée promo savent que nous sommes des adorateurs de leurs productions antérieures et nous ont servis. Servis nous public et desservis eux groupe. Car le manque. Il faut en parler tant ça frappe les oreilles : ICS Vortex. Autant les parties orchestrales sont correctement gérées par les claviers ou le lancement de samples, autant les divines interventions du chant clair ont purement et simplement disparues. Shagrath n’ayant pas souhaité les reprendre à son compte systématiquement au chant black et manifestement n’ayant pas la volonté de trouver un remplaçant pour les concerts, on se retrouve avec de gros trous impossibles à masquer. Ça aussi ça fait mal.
Pour terminer sur une note positive, retenons la reprise, qui donne d’ailleurs son nom à la tournée et est sortie en single, du grand classique de Venom "In League with Satan". Alors on ne va pas cacher la réalité : nous public avons mis bien cinq à six occurrences du refrain avant de comprendre le truc. Faut dire que ressortir une vieillerie de plus de quarante années à des gens de moins de cinquante ans (dont beaucoup de moins de trente ans probablement), faut pas s’attendre à des miracles. Mais pour la foule, c’est l’opportunité d’assister à la création d’un duo de chanteurs puisque Nergal monte évidemment sur scène à ce moment. Nergal qui d’ailleurs n’est plus peinturluré de blanc et laisse sa guitare dans les loges, et fidèle à ses habitudes, pousse le public à chaque instant. Plus proactif qu’un Shagrath. Ce sera un moment à la fois intense et semi-loupé étant donné notre retard à l’allumage.


Mais bon, pourquoi se plaindre après une telle soirée ? Car des tournées comme ça on en vit pas tous les ans. Alors profitons. À un niveau personnel, je suis également désormais parfaitement convaincu que définitivement je préfère les petites salles (mamma mia Tribulation et Misþyrming).


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