CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
le 25 octobre 2026




SETLIST

Misþyrming :

Hælið
Söngur heiftar
Orgia
Með svipur á lofti
Hnífsdalshungrið
Ég byggði dyr í eyðimörkinni
Alsæla
Algleymi
...af þjáningu og þrá

Owls Woods Graves :

They Come Again
On the Swamps We Dance
The Aura of Knives
Return of Satan
This Spirit Follows Me Till the End of My Journey
Anarcho‐Occultism
Ghouls Make Your Deathbed
Antichristian Hooligan
Idzie diabeł
Into the Grave
Winged They Come

Profanation :

Servile Rot
Army of Dogs
Nosebleed Razor
Profanation
Realm of the Absolute
Total Stomp
Ultra-Noise Warfare
Skull Crushing Violence

Gorrch :

Nimbus
Vorago
Larvæ
Angor
Phlegma

AFFILIÉ

23 octobre 2026 - Backstage by the Mill


Misþyrming_-_Owls_Woods_Graves_-_Profanation_-_Gorrch_Backstage_by_the_Mill_20261023

Gargl. Glurg. Mazette. Coma. Misþyrming. En France. À Paris ! Je les avais traqués, sillonnés des yeux leurs tours européens pour trouver une date convenable. Bucarest ? Trop le bordel. L’Islande ? Rah ! Pas la bonne synchro. Et un jour apparut le miracle : vingt-trois octobre deux-mille-vingt-six au Backstage by the Mill. Salle inconnue, mais s’en fout, car Paris. Ohlala, le sang ne fait qu’un tour, le clic et la place.

Réalité. Nous sommes vendredi soir, il vente depuis une journée complète et les arbres ont intérêt à pas couper le RER. Ouf, on passe, on se masse devant le Backstage… ou le O’Sullivans, et de masse que nenni. On rentre comme dans un moulin (uh uh uh) direction la salle du fond (ah ok, backstage donc) pour les Italiens de GORRCH brutalement évités (18h30, c’est tôt). Les quelques notes finales du concert ayant eu l’heur de caresser mes tympans ont sonné pas mal mais… rien à dire sur ces instants volés. Tour de merch donc, Misþyrming prend le plus de place évidemment, je prends date.
Bière, PROFANATION. Les Français, composés de deux membres de Regarde les hommes tomber, font une musique typiquement américaine : death metal bien traditionnel. En tout cas c’est ce que ça donne sur scène. Scène dont on sent que les garçons cheveux au vent sont rompus à la joute car avec une estrade à hauteur de public aux dimensions limitées, ils prennent la lumière et balancent leur death, plutôt brutal (je note qu’il est même indiqué grindcore… ok, pourquoi pas - ce qui explique de manière fort pratique la présence de pochettes d'albums quasi punk dans le merch) avec maestria et confiance. Les riffs s’empilent, les chants se répondent même si le principal reste le bassiste chanteur. Les gratteux se partagent clairement les postes : un rythmique, un solo qui se prend pour Trey Azagthoth. Oui, old school mais excellent test de la scène, belle réussite.
Direction la Pologne, décidément après Behemoth on ne se quitte plus, avec OWLS WOODS GRAVES. On sent qu’on revient sur des terres plus noires avec les maquillages, pourtant direct ce qui frappe : punk, n’roll. Le chanteur fait une entrée fracassante, saisissant son micro comme pour nous frapper ou lancer une salve de mitraillette. Ses boucles folles ne font qu’augmenter le potentiel inquiétant. Et il happe l’attention du public. Ouais, ce concert enchaîne bien. Le black punk de Owls Woods Graves balance le groove à mort. Il en devient totalement punk rock. Croyez-moi, j’ai retrouvé de l’atmosphère punk californien dans les compos et les « ooh ooh oh !! » égosillés çà et là. Épatant !
La fosse s’en donne à cœur-joie et les premiers (et seuls) moshs de la soirée font monter d'un cran la température de cette petite salle parfaite pour s’éclater. Car outre des dimensions humaines, le son. Franchement, après la déferlante abrutissante de décibels du Zénith la semaine précédente, ici on reste dans des tranches décentes pour le plus grand bonheur des acouphènes. Et c’est précis. Attendez, pas ultra défini ou comme dans un salon, non, précis pour laisser entendre tous les instruments (oui, basse incluse) et distinguer les riffs même pour le profane ne connaissant rien. Profanation en a bénéficié, Misþyrming en bénéficiera et Owls Woods Graves itou. Excellent point qui rend tout le live encore plus prenant. Viendra un moment proche de la fin du set où le groupe invite tous les artistes précédents à partager la lumière. Gros bordel car ça fait du monde dans un si petit espace ! Punk. Belle découverte musicale et grosse impression en concert. Ouah, si ça c’est qu’une première partie, on va se défoncer les esgourdes.
Après un fugace passage au merch pour cette fois entériner l’achat d’une veste à capuche à prix indécent (mais faut bien soutenir les artistes), MISÞYRMING se met en place. Surprise, nous entendons les notes de "Hælið" sortir des haut-parleurs… est-ce à dire qu’ils vont oser débuter sur "Og er haustið líður undir lok" ? Ne rêve pas Billy, ce sera plus sauvage avec "Söngur heiftar" direct dans la face !
Ouais, là il se passe kekchose mesdames messieurs. Déjà Misþyrming devant soi, ce sont trois gusses (et un batteur oui oui) accoutrés sans référence à aucun groupe, style vikings modernes, peinturlurés de noir avec un air sauvage. Ils imposent. Le chanteur principal-guitariste a en plus cette vibe contemporain bobo étonnamment… Sauf que c’est détourné, vicié par les volcans noirs. Et nous de prendre ce premier titre pleine poire. Puis "Orgia". Arf… non mais là non les gars. De excité comme une puce sous ectasy durant l’entre-deux concerts je deviens habité. Ce soir, il se passe.
Le plus drôle dans l’affaire est l’absence totale de communication orale du groupe. Personne ne parle, pas de speech entre deux chansons, rien pour introduire. Ça se déroule, point. Les trois artistes au front bien sûr nous haranguent, communiquent non verbalement, mais rien de leur bouche. Sans dommage aucun. Pire, comme si ça participait à l’invasion totale de nos masses céphaliques. De peu (de mise en scène) Misþyrming produit énormément. Un concert orgiaque pour votre serviteur dont je me soûle littéralement pour finir dans un état second. Le public est à l’avenant, agité sans se lancer dans des pogos ou autre manifestations physique intempestives. Respect ?
De ce qui se passe sur l’estrade, ces quatre individus venus du pays des geysers qui s’emparent de 100m² parisiens (au prix du mètre, vous imaginez !) et font de nous ce qu’ils veulent. "Með svipur á lofti", "Alsæla", "Ég byggði dyr í eyðimörkinni" et sûrement des "Með hamri" et "Engin miskunn" - renseignements pris, pas du tout ^^ - du dernier album - qui aura finalement été étonnamment évité sur cette date parisienne - (déjà quatre ans ! on veut la suite !) car j’avoue humblement ne pas avoir tout reconnu à 100%... qu’importe, le kiff était là ! Et je les soupçonne avoir introduit quelques nouvelles compos (ou alors je suis à la ramasse, possible - oui, à la ramasse).
Des regrets ? Évidemment les chansons oubliées… Malheureusement un concert a une durée limitée et tout choix est renoncement. Le dernier titre joué assez inexplicablement avec un autre batteur, comme d’habitude sans explication ni présentation, donc étrange. Il s’est acquitté de sa tâche, peut-être avec un soupçon moins de subtilité, difficile à dire. Ce qui est facile à écrire, c’est la sauvagerie incandescente du groupe. Misþyrming n’opère pas dans le brutal pour être brutal même si bien sûr il est brutal de fait. Mais en direct… c’est vertigineux. Tout en n’étant pas bas-du-front, de l’agressivité impressionnante magnifiquement rendue par le chant tout aussi abrasif et corrosif que sur album.


Et d’arriver aux conclusions. Que ce soir fut une démonstration implacable de la toute-puissance des Islandais, régnant en maîtres absolus sur le monde noir. Que pas besoin de drumkit de dix kilomètres pour faire mal. Que les débauches de décibels fatiguent inutilement quand on peut palper l’énergie et suer la ferveur. La parfaite antithèse de ce que fut la grand-messe du Zénith pile une semaine auparavant. Et confirmation définitive que je suis fait pour les salles où l’on sent sa sueur et celles des autres. Merveille.


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