20210

CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 23 mai 2026
Sa note : 13/20

LINE UP

-"Paul" Stanley Bert Eisen
(chant+guitare+claviers)

-Chaim "Gene Simmons" Witz
(chant+basse)

-Bruce Howard Kulick
(chœurs+guitare+basse sur "Hell or High Water")

-Paul Charles "Eric Carr" Caravello
(chœurs+batterie)

Ont participé à l'enregistrement :

-Thomas F. "Tom" Kelly
(chœurs)

-Phil Ashley
(claviers)

TRACKLIST

1) Crazy Nights
2) I'll Fight Hell to Hold You
3) Bang Bang You
4) No No No
5) Hell or High Water
6) My Way
7) When Your Walls Come Down
8) Reason to Live
9) Good Girl Gone Bad
10) Turn on the Night
11) Thief in the Night

DISCOGRAPHIE

Hotter Than Hell (1974)
Kiss (1974)
Dressed to Kill (1975)
Destroyer (1976)
Rock and Roll Over (1976)
Love Gun (1977)
Dynasty (1979)
Unmasked (1980)
Music from "The Elder" (1981)
Creatures of the Night (1982)
Lick It Up (1983)
Animalize (1984)
Asylum (1985)
Crazy Nights (1987)

Kiss - Crazy Nights
(1987) - hard rock hard FM AOR - Label : Mercury



Paul entre en trombes dans le studio. Dernièrement, il est exalté, un ange (blondinet, qui fume des clopes) l’a visité. Il interpelle les autres membres du groupe.
- Gene, tu as parlé avec les gars de l’OL ? Ils vont mettre "Lick It Up" chaque fois que l’équipe jouera à Gerland ? Bruce ! Ce solo sur le prochain album de Michael Jackson, on en est où ? Au fait, Crazy Nights, c’est pas un super nom d’album, j’avais pensé à 5151, pas mal non ?
- Wow wow Paul ! Du calme !
- Appelle-moi Sammy je préfère ! Ou David, ça me va aussi…


Certaines transformations sont sidérantes. Si les amateurs du « vrai » (lol) Kiss, à savoir celui des seventies, ont toujours déploré l’évolution de la formation new-yorkaise vers quelque chose de globalement moins orienté « rock’n’roll all nite », jusqu’à Asylum, la mutation du Baiser en un groupe glam-hard-rock-metal incisif et catchy faisait sens, selon moi. Certes, Animalize et Asylum montrent à quel point le groupe de Gene et Paul est sensible aux influences des modes, mais ces dernières étaient jusqu’alors parfaitement assimilées et intégrées au son Kiss. Le temps de trois premiers titres au niveau très correct - "Crazy Nights" possédait même toutes les qualités requises pour être un hymne du groupe... - le quatuor donne la sensation que le quatorzième album du combo respectera la philosophie ayant débouché sur la genèse des deux albums précédents. Kiss y propose un hard-rock adapté aux exigences commerciales des eighties mais haut en couleur et immédiatement identifiable. Et puis Paul -i l semblerait que ce soit le guitariste et co-leader du groupe qui ait le plus milité pour ce drôle de changement - appuie sur le bouton rouge, désactivant la machine à faire du Kiss. Les New-Yorkais se convertissent subitement en apôtres de l’AOR, et plus particulièrement de Van Halen.
Entre le solo initial d’un "No No No" qu’on croirait écrit par Eddie himself, les claviers 100% 5150 de "My Way" et... le nom de la chanson "(Good) Girl Gone Bad" - celle-là, il fallait avoir des cojo*es en titanium pour oser la faire, heureusement que, musicalement, le titre ne ressemble pas à celui de 1984… -, on se demande quelle mouche a piqué tout ce petit monde. Paul, what the f**k ? Et, comme les emprunts à Van Halen ne semblent pas calmer le subit appétit de la formation pour le hard FM, n’importe quel auditeur pourra se rendre compte que le refrain de "Reason to Live" ressemble comme un petit frère à celui de "I Want to Know What Love Is" de Foreigner, tandis que tout fan un tantinet versé dans le (hard) rock ultra mélodique de la glorieuse décennie des années quatre-vingt reconnaitra une claire influence Def Leppard/ Whitesnake/ Winger sur les titres restants. Rendons toutefois à César ce qui est à César. Crazy Nights n’est pas un mauvais album. La Kiss Composer Army est une véritable machine de guerre et n’ayez aucun doute que si Gene et Paul avaient décidé de se mettre à écrire du sirtaki, nos deux lascars, aidés par les Desmond Child et consorts, auraient rendu une copie validée par Mikis Theodarakis en personne. C’est pourquoi aucun des titres composant Crazy Nights n’est à jeter, avec une mention spéciale pour la fin de l’album, où l’AORissime "Turn on the Night" et le fort dynamique "Thief in the Night" constituent une belle conclusion à un album, qui, lui, s’avère très déroutant…

Pour Animalize, j’évoquais une petite perte de personnalité. Avec Crazy Nights, le mal s’est aggravé, j’en viendrais presque à me ranger du côté des détracteurs du Kiss post-Love Gun, c’est vous dire à quel point cet album me trouble. Si vous êtes pris par une forte envie de voir le verre à moitié plein, un argument de taille vous sera d’un grand secours : la qualité des compositions, et ce n’est pas rien. Si, en revanche, vous êtes plutôt d’une nature chagrine, vous pourrez peut-être déceler ici les prémices d’un essoufflement global du mythe. C’est vous qui voyez.




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