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CHRONIQUE PAR ...

100
Merci foule fête
Cette chronique a été mise en ligne le 11 juillet 2026
Sa note : 15/20

LINE UP

-David Coverdale
(chant)

-Glenn William Hughes
(chant+basse)

-Richard Hugh "Ritchie" Blackmore
(guitare)

-John Douglas "Jon" Lord
(claviers)

-Ian Anderson Paice
(batterie)

TRACKLIST

1) Stormbringer
2) Love Don't Mean a Thing
3) Holy Man
4) Hold On
5) Lady Double Dealer
6) You Can't Do It Right (with the One You Love)
7) High Ball Shooter
8) The Gypsy
9) Soldier of Fortune

DISCOGRAPHIE


Deep Purple - Stormbringer
(1974) - hard rock blues - Label : Warner Purple Records



Le départ de Ian Gillan n’a pas mis Deep Purple à terre. Au contraire, une partie du public s’est réjouie de l’orientation blues funk opérée sur Burn qui a revitalisé le groupe à sa parution en février 1974. Le quintet ne laisse même pas l’année se terminer pour lui donner un successeur, qu’il intitule Stormbringer. Précipitation ou conséquence d’une inspiration foisonnante ?

Amorcé par les couinements d’un synthé cheesy, la chanson-titre en ouverture est déroulée à une allure soutenue quoique plus tranquille que celle de "Burn". Le refrain est moins marquant, de même que le solo – pas de duel homérique guitare-claviers. En bref : c’est cool, mais un ton en dessous du modèle. La tentation serait forte de dresser le parallèle avec l’ensemble des pistes, leur inspiration étant issue du même creuset que leurs devancières. De fait, les très décontractées "Love Don't Mean a Thing" et "Holy Man", au demeurant sympathiques, font nettement baisser la tension. Pourtant, les Britanniques sortent de leur douce léthargie et alignent un quatre-à-la-suite revigorant. Les chœurs plus soul que jamais dynamisent joyeusement "Hold On", serti d’un solo consistant de Blackmore, qui lâche ensuite avec ses acolytes un "Lady Double Dealer" groovy en diable - riff saignant, tempo élevé, paire basse-batterie protubérante.
D’accord, le solo de claviers sur "You Can't Do It Right (with the One You Love)" fait un peu l’effet d’une bouchée de cheddar qui colle au palais mais le riff est travaillé et Jon Lord se rattrape avec une intervention nerveuse sur "High Ball Shooter", salve énergique qui donne l’occasion d’un duel tendu entre les deux chanteurs Glenn Hugues et David Coverdale. Puis, à nouveau, les esprits s’apaisent. Sur le mignon "The Gypsy" et l’émouvant "Soldier of Fortune", Coverdale montre ses qualités de conteur suave et sensible. En revanche, pas de montée en puissance à la "Mistreated", la ballade référentielle de Burn. Blackmore semble s’investir par intermittence, donnant l'impression de choisir ses morceaux. L’ombrageux six-cordiste assure, mais parfois a minima, comme sur le dernier titre.


Les fans de Machine Head – ainsi que Ritchie Blackmore lui-même - n’ont pas aimé la coloration soul esquissée sur Burn ? Les membres de Deep Purple enfonce le clou sur Stormbringer, encore plus chaleureux, plus bluesy. Plus inégal aussi. Les duels guitares-claviers se raréfient, les chevauchées se font modestes. Les compositions gagnent en simplicité ce qu’elles perdent en panache et en accroche. Mais des chansons solaires et une énergie préservée sur une bonne moitié font du neuvième album du Pourpre Profond davantage qu’une redite moins ambitieuse de Burn.



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