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CHRONIQUE PAR ...

100
Merci foule fête
Cette chronique a été mise en ligne le 04 juillet 2026
Sa note : 14/20

LINE UP

-David Coverdale
(chant)

-Richard Earl "Reb" Beach Jr.
(chœurs+guitare)

-Joel Hoekstra
(chœurs+guitare)

-Michael Devin
(chœurs+harmonica+basse)

-Tommy Aldridge
(batterie)

Ont participé à l’enregistrement :

-Jessica Coverdale
(chœurs sur "Stormbringer")

-Jasper Coverdale
(chœurs sur "Stormbringer")

-Derek Hilland
(claviers)

TRACKLIST

1) Burn
2) You Fool No One (interpolating "Itchy Fingers")
3) Love Child
4) Sail Away (featuring "Elegy for Jon")
5) The Gypsy
6) Lady Double Dealer
7) Mistreated
8) Holy Man
9) Might Just Take Your Life
10) You Keep On Moving
11) Soldier of Fortune
12) Lay Down Stay Down
13) Stormbringer
14) Lady Luck (bonus)
15) Comin' Home (bonus)
16) Soldier of Fortune (alternate mix) (bonus japonais)

DISCOGRAPHIE


Whitesnake - The Purple Album
(2015) - hard rock blues - Label : Frontiers Records



Nostalgie indécrottable ou envie de faire tomber quelques royalties dans le bas de laine ? L’hommage rendu par David Coverdale à Deep Purple, exclusivement centré sur la période durant laquelle le leader de Whitesnake faisait partie du groupe pionnier du hard rock britannique, interroge sur son intérêt artistique – Ritchie Blackmore, approché, a envoyé paître son ancien partenaire. Pourtant, l’opiniâtreté avec laquelle le crooner du Yorkshire a mené le projet laisse à penser que le résultat ne sera pas bâclé.

La question est vite réglée puisque Coverdale et ses acolytes commencent direct avec "Burn", le titre le plus emblématique de la période soul blues de Deep Purple. Dès le riff iconique en ouverture, le gros son saute aux oreilles. Les claviers se font discrets, la guitare plus lourde. D’ailleurs il y en a deux, le démonstratif Joel Hoekstra, successeur de Doug Aldrich, ayant rejoint Reb Beach Jr.. Le pont strident de Glenn Hugues a été remplacé par des chœurs - un bon point – alors que les solos ont été légèrement modifiés. Cependant les passages emblématiques ont été conservés, dont la partie d’orgue façon JS Bach à la fin. L’impression est plutôt positive, même si la puissance à laquelle contribuent les frappes pachydermiques du revenant Tommy Aldridge n’a pas que des avantages, plaquant au sol l’envolée finale de "Mistreated", l’autre morceau de bravoure de Burn, et alourdissant les primesautiers "You Fool No One", "Might Just Take Your Life" et "Lay Down Stay Down".
D’autres compositions, à l’inverse, bénéficient de la séance de muscu - "Love Child" de Come Taste the Band et "The Gypsy" de Stormbringer voient leur temps d’exposition allongé tandis que "You Keep On Moving" et "Stormbringer" gagnent en intensité. Les synthés d’époque ont été évacués, laissant la place à des guitares conquérantes plus en phase avec les productions du début du XXIème siècle. "Lady Double Dealer" reçoit ainsi un bon coup de polish, son allure soutenue secouant un ensemble qui ne se caractérise pas par sa vélocité. Coverdale a opéré une sélection dominée par des tempos tranquilles tels que "Holy Man", "Lady Luck" ou encore "Soldier of Fortune" dont une version alternative et dépouillée révèle toutefois la délicatesse. Le titulaire du micro y joue avantageusement de son timbre velouté, qu’il convoque également sur "Sail Away", transformée en ballade à la Whitesnake, plus concise que l’originale. Pas de "Hold On", de "You Can't Do It Right (with the One You Love)" ni de "High Ball Shooter" - dommage pour le groove. Mais l’option lascive est payante, plus en tout cas que le retraitement sans nuance de "Comin' Home", l’ouverture tonique de Come Taste the Band.


Ni copie note à note, ni relecture pseudo moderne, The Purple Album est un recueil de reprises dans lequel Whitesnake respecte le matériau originel tout en lui injectant une bonne dose de fortifiant. Si les effets sont inégaux, elle valorise une majorité de chansons, surtout les plus calmes, sans tomber dans l’à-peu-près ou la caricature. Bien aidé par du personnel compétent, David Coverdale montre qu’il est en capacité, quarante ans après, de rendre justice au répertoire qui l’a révélé. Était-ce nécessaire ? Pour lui, sans doute. Quant aux auditeurs potentiels, quoiqu’ils puissent penser de ce revival possiblement opportuniste, ils ne seront pas floués.



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