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CHRONIQUE PAR ...

88
Mita
Cette chronique a été mise en ligne le 02 juillet 2012
Sa note : 15/20

LINE UP

-Charlotte Wessels
(chant)

-Timo Somers
(guitare)

-Otto Schimmelpenninck van der Oije
(basse)

-Sander Zoer
(batterie)

-Martijn Westerholt
(claviers)


TRACKLIST

1) Mother Machine
2) Electricity
3) We Are the Others
4) Milk and Honey
5) Hit Me with Your Best Shot
6) I Want You
7) Where Is the Blood
8) Generation Me
9) Babylon
10) Are You Done with Me
11) Get the Devil Out of Me
12) Not Enough

DISCOGRAPHIE


Delain - We Are the Others



Delain n'a jamais été réellement un groupe innovant, voire même intéressant. Lucidity ne tenait la route que grâce à ses nombreux guests, quant à April Rain, il s'agissait d'un divertissement pop-metal très éphémère, qui ne durait pas très longtemps, et dont on se lasse trop rapidement. Les néerlandais n'ont donc que très peu d'arguments à faire valoir, ce qui montrerait presque que leur popularité est injustifiée. Et pourtant, We Are the Others va remettre les pendules à l'heure.

Pas complètement, mais presque. Car le quintet garde quand même son aspect pop par la facilité d'accès de sa musique, et de ses mélodies. Elles sont généralement plutôt simples, voire simplistes, mais ce qui fait la différence avec l'essai précédent, c'est son inspiration. En fait, Delain veut montrer qu'il n'est pas un pauvre combo pop-rock symphonique, mais bien une formation métal. Le nouveau guitariste et le nouveau bassiste doivent certainement aider à cela, car les riffs sont bien plus puissants, et, surtout, cette fois-ci, la guitare est au premier plan ! Et croyez-le, mais cela change beaucoup de choses. La musique de Delain est désormais plus puissante, incisive, et cet aspect combiné aux mélodies plus pop, voilà des titres qui ne vous quitteront pas de si tôt.
Tout cela commence dès un "Mother Machine" à l'intro steampunk surprenante. Puis arrive la guitare, et là, c'est différent. Quelque chose de prenant, de captivant, de catchy mais pas redondant, ou éphémère. Et surtout, le refrain est étonnamment profond, avec cette ligne de chant captivante. Et on retrouvera cela à plusieurs reprises. "Electricity" est tubesque à souhait, puissante et démontrant les capacités de Delain à, finalement, se remettre en question pour nous prouver qu'ils savent, eux aussi, faire du métal de qualité. Et que ce soit avec simplicité (la touchante "Babylon") ou sous les airs d'un tube pop ("Generation Me", "We Are the Others"), la qualité d'écriture est rehaussée d'un énorme cran. Voilà de quoi faire taire les détracteurs !
Bon, évidemment, les faux pas ne sont pas toujours évités, et parfois, la formation succombe à ses vieux démons. Trois morceaux vont se révéler moins bons, avec de la platitude, ou du mauvais goût. Et le premier, c'est "Get the Devil Out of Me", peu convaincante, avec une mélodie electro et un refrain téléphoné. On atteint le sommet du cliché. "Where is the Blood", avec la participation de Burton C. Bell de Fear Factory, ressemble à s'y méprendre à "What Have You Done ?" de Within Temptation, mais en encore moins bonne, et ce, malgré la performance plus qu'honorable de Charlotte Wessels. Enfin, "Hit Me With Your Best Shot" est redondante, et trop classique pour le genre. On reste au-dessus d'un morceau Unsun ou de Katra, mais on ne pourra s'empêcher de rester dubitatif devant ce faux pas.
Heureusement, tout est rehaussé par une Charlotte Wessels excellente du début à la fin. La jeune femme a toujours été le point fort de Delain, et maintenant plus que jamais. La chanteuse ressemblerait presque à Anneke Van Giersbergen dans ses intonations et dans son timbre de voix, et ce plus d'une fois, et sa maîtrise lui permet d'aller chercher n'importe quel type de voix. Elle compte parmi les meilleures chanteuses de métal, son registre étendu lui conférant une certaine aura, et surtout, quand elle chante avec simplicité, elle est absolument touchante. "Babylon" est un superbe exemple de ce qu'elle est capable de faire, et le refrain de la piste est beau, tenant entièrement sur le chant de Charlotte. Si Delain possède donc un atout, c'est bien sa frontwoman.


We Are the Others n'est pas l'album de l'année, mais reste tout à fait sympathique, inspiré, et montrant que Delain est capable de faire de bonnes choses quand ils trouvent la bonne formule. En dépit de quelques morceaux sous les autres, et de quelques travers qui ressortent de temps en temps, les néerlandais prouvent que, dans l'avenir, on va certainement pouvoir compter sur eux pour être dans les piliers du genre. Et deux albums plus tôt, jamais cette conclusion ne serait venue.


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