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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 13 avril 2014
Sa note : 14/20

LINE UP

-Charlotte Wessels
(chant)

-Timo Somers
(guitare)

-Martijn Westerholt
(claviers)

-Otto Schimmelpenninck van der Oije
(basse)

-Sander Zoer
(batterie)


Guests :

-Oliver Philipps
(chant+guitare)

-Alissa White-Gluz
(chant)

-Marco Hietala
(chant)

-George Oosthoek
(chant)

-Guus Eikens
(guitare)

-Mike Coolen
(batterie)

-Ruben Israël
(batterie)

TRACKLIST

1) Here Come the Vultures
2) Your Body is a Battleground
3) Stardust
4) My Masquerade
5) Tell Me, Mechanist
6) Sing to Me
7) Army of Dolls
8) Lullaby
9) The Tragedy of the Commons

DISCOGRAPHIE


Delain - The Human Contradiction
(2014) - heavy metal gothique avec George - Label : Napalm Records



Un peu comme le type plaqué par celle qu’il pensait être la femme de sa vie, je vois Oprhanage partout. Dès que j’entends un ours et une princesse chanter ensemble, je dresse l’oreille « Orphanage ?? C’est toi ?? Tu es revenue ?? » Même dans les interviews je pose la question, avec chaque fois la même réponse (cf. interview de Mencea…) « Orphanage ? C’est quoi ? Une marque de shampooing ? » « Orphanage c’est l’Ancêtre des groupes d’ours et princesses, sales jeunes ! » Alors évidemment, quand j’ai entendu pour la première fois "Tell Me, Mechanist", ce timbre de voix, ces riffs abrasifs soutenus par des claviers un brin dissonants, j’ai d’abord cru à un énième faux espoir, et, triste, j’ai baissé la tête, les yeux pleins de larmes. Et puis, et puis, j’ai vu la vidéo… George ! George Oosthoek sur scène avec Delain !! Le mythique vocaliste d’Orphanage ! Non, toutes ces années d’attente n’ont pas été vaines !*

Comme d’habitude, les Bataves ont effectivement fait appel à bon nombre de guests pour leur quatrième œuvre, The Human Contradiction, non seulement au chant, mais aussi à différents instruments (Guus, l’un des ex-compères de George, est, comme toujours, également de la partie). Parmi les célébrités, on notera la présence une nouvelle fois de l’excellent Marco Hietala, le bassiste et vocaliste de Nightwish, et également celle, plus surprenante, d’Alissa White-Gluz, la superbe brailleuse, exerçant nouvellement ses fonctions chez Arch Enemy, ou encore Oliver Philipps d’Everon, un habitué. Au petit jeu d’attribution des morceaux à chaque guest, il y a clairement des gagnants et des perdants. Il est évident que "Tell Me, Mechanist" a été écrit en hommage à l’antique formation hollandaise évoquée plus haut pour un résultat probant, au moins pour le vieux con qui écrit ces lignes. De la même manière, "Sing to Me" et, dans une moindre mesure, "Your Body is a Battleground" ont été faits pour que les vocaux heavy d’un Marco, incisif comme jamais, aient un réel impact. En revanche, l’apport d’Alissa sur "The Tragedy of the Commons" ne devrait pas rester dans les annales (le premier qui fait un jeu de mot, je le tape…) : le morceau en soi est assez réussi dans un registre symphonico-intimiste, mais le fait que la brailleuse y apparaisse n’est pas décisif.
Quant au pauvre Oliver, il doit se contenter du pire titre de l’album "My Masquerade", vide et moche comme un morceau des derniers In Flames, que quelques bons riffs ne suffisent pas à sauver. Pour le reste, que dire de The Human Contradiction ? Que les artistes font le boulot. Hormis le titre mentionné juste avant, le groupe a indéniablement un savoir-faire pour composer des chansons accrocheuses et rentre-dedans. La voix juste et lumineuse d’une Charlotte tout en contrôle a toujours autant d’attrait qu’avant. Oscillant entre Nightwish ("Here Come The Vultures", "Sing to Me", "Your Body..."),  et Theatre of Tragedy dernière époque ("Stardust", "Army of Dolls", "Lullaby"), hanté par un petit esprit Mandylion, l’album a tout pour plaire au fan exigeant de metal à chanteuse. Cependant, une interrogation subsiste : où est passé la flamme lumineuse de We Are The Others ? The Human Contradiciton est globalement plus heavy et épique que son prédécesseur, mais on n’y ressent qu’à quelques moments ponctuels un investissement total de la part de ses protagoniste (les titres où figurent Marco et George). Pour le reste, on a l’impression que Delain se contente d’appliquer, avec une grande efficacité, certes, les recettes connues de tous. Le résultat est du coup un peu académique, cette quatrième œuvre pourrait être montrée dans les écoles de metal à chanteuse… Pas sûr que ce soit le but recherché…
 
Pour faire court, The Human Contradiction est un bon album. Point à la ligne.
 


Ah vous êtes encore là ? Charlotte y est parfaite, et les compos sont bien ficelées. Simplement, l’intensité des très gros albums n’est présente que sporadiquement, quand Marco Hetala ou George Oosthoek (d’Orphanage, vous connaissez ?) poussent la chansonnette. Pour le reste, on a quand même un peu l’impression d’un minimum syndical pour un groupe capable de créer We Are the Others. Dommage.


*Elle aurait pu même être vachement plus courte si j’avais écouté avant le premier album du groupe, Lucidity
 
 
 



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