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CHRONIQUE PAR ...

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Wotan
Cette chronique a été mise en ligne le 23 juillet 2009
Sa note : 13/20

LINE UP

-Charlotte Wessels
(chant)

-Ronald Landa
(guitare+chant)

-Martijn Westerholt
(claviers)

-Rob Van der Loo
(basse)

-Sander Zoer
(batterie)

TRACKLIST

1)April Rain
2)Stay Forever
3)Invidia
4)Control the Storm
5)On the Other Side
6)Virtue and Vice
7)Go Away
8)Start Swimming
9)Lost
10)I’ll Reach You
11)Nothing Left

DISCOGRAPHIE


Delain - April Rain



Depuis le début de l’histoire du metal, plusieurs groupes ont une certaine pression des fans en terme d’attente avant même le premier album. Les supergroupes bien entendu: quand une coalition de musiciens connus se crée, mais aussi les groupes formés par un musicien quittant un groupe en plein succès. Dans le domaine du metal symphonique, ou proche de ce style, il y a eu Epica après le départ de Mark Jansen d’After Forever, Leaves' Eyes de Liv Kristine, Sirenia et Morten Veland, et aussi Delain.

Delain fut formé par Martijn Westerholt, un des membres originels de Within Temptation, qui quitta ce dernier pour des raisons de santé. Il continua de composer durant sa période de convalescence et une fois guéri, il forma Delain, un groupe destiné au studio uniquement, et recruta des invités prestigieux en guise de vocalistes (Liv Kristine, Sharon del Adel, Marco Hietala), ainsi que les musiciens nécessaires, puis sortit Lucidity en 2006. L’album connut un certain succès, Westerholt décida de continuer l’aventure et voilà donc April Rain, sans invités (sauf Marco Hietala venu pousser la chansonnette sur deux titres) et le premier album avec un groupe consolidé. D'emblée, la plus grande crainte au vu de cet historique est la forte possibilité que Delain ne soit qu’un ersatz de Within Temptation.

Et franchement, ce n’est pas le cas. Delain joue du metal symphonique, plutôt bien fichu de plus, mais est différent de l’ancien groupe de son fondateur. Rien qu’au niveau du son, la différence est flagrante: Delain fait du metal, pas de la pop symphonique. Les guitares sont donc bien en avant dans le mix, et les riffs s’enchaînent. "April Rain", "Control the Storm", "Nothing Left", autant de titres avec des parties de guitares entraînantes en diable, qui est la marque de fabrique de Delain. Lignes de chant catchy, refrains qui se scotchent dans la tête, mélodies à fredonner, le disque est rempli de moments tout plus entraînants les uns que les autres, et donc efficaces. Les compositions recherchent aussi l'efficacité dans leur structure, calquée sur le schéma simple et direct couplet/refrain.

Une simplicité qui devient lassante au fur et à mesure que le temps s'écoule et les chansons s'égrènent. Des variations bienvenues sont à rechercher dans les plans symphoniques, en parfaite adéquation avec la musique: bombastique sur "Control the Storm", très Nightwish-ien et avec Marco Hietala posant sa voix puissante, ou, à l'opposé, plus intime sur "Start Swimming". Charlotte Wessels possède une palette large, adéquate pour passer d’un spectre à l’autre. En revanche, elle est systématiquement doublée et cela tend à lasser. Des arrangements soignés sur certains titres les font sortir du lot (ces chœurs sur "April Rain", la ligne de violon sur "Virtue and Vice"), et même si les plans symphoniques s’emballent parfois (ce qui fait tout le sel d’une composition comme "Virtue and Vice"), April Rain ne flirte pas avec le pompeux.


April Rain est un album qui atteint son but: divertissant et agréable, qui possède suffisamment de qualités pour survivre plusieurs écoutes. Tout ce qui fait du bon metal symphonique est présent, et les fans du genre seront largement comblés. Delain n’a pas d’ambition autre, il n’y a pas donc lieu de chercher une quelconque innovation ou même une véritable originalité.


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