18319

CHRONIQUE PAR ...

132
Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 20 avril 2020
Sa note : 17/20

LINE UP

-Johanna Charlotte Wessels
(chant)

-Timo Somers
(chant+guitare)

-Martijn Westerholt
(chant+claviers+programmation)

-Otto Asueer Jacob Baron Schimmelpenninck van der Oije
(basse)

-Joey Marin de Boer
(batterie)

Ont participé à l'enregistrement :

-Guus Eikens
(chœurs)

-Yannis Papadopoulos
(chant sur "Vengeance")

-Shirran "Shir-Ran" Yinon
(violon)

-Mikko P. Mustonen
(programmation)

TRACKLIST

1) One Second
2) We Had Everything
3) Chemical Redemption
4) Burning Bridges
5) Vengeance
6) To Live is to Die
7) Let's Dance
8) Creatures
9) Ghost House Heart
10) Masters of Destiny
11) Legions of the Lost
12) The Greatest Escape
13) Combustion

DISCOGRAPHIE


Delain - Apocalypse & Chill
(2020) - metal symphonique - Label : Napalm Records



Soyons honnêtes, vous commenciez à perdre patience. Votre chroniqueur de sympho préféré qui n'a toujours pas bouclé la review du dernier Delain. Je comprends, ça commençait à faire tâche. Mais cet Apocalypse & Chill m'a tellement retourné le cerveau que j'ai préféré prendre mon temps et surtout aller à l'essentiel (ça sentait la tartinade au début) à savoir « ils sont forts ces salauds ».

Martijn et Charlotte nous ont offert l'album « plaisir coupable » par excellence. C'est sucré, c'est édulcoré, c'est pop, c'est facile, c'est mélodique mais c'est bon, tellement bon ! Pourtant Apocalypse & Chill n'est pas si facile à appréhender. Le combo a élaboré une œuvre à plusieurs lectures, plusieurs styles et offre une évolution déstabilisante. Prenons la voix de la douce et délicieuse Charlotte. Habituellement nasillardes et criarde, elle s'est adoucie, jouant sur la retenue (l'exemple le plus frappant étant sa prestation sur "We Had Everything"). Là où les chanteuses du styles se livrent une bataille de qui sortira la note la plus haute (bon Floor vient de tuer le game sur "Shoemaker"), Charlotte prend l'auditeur à contre pied et c'est plaisant. La voix est pop, les morceaux également, encore plus qu'à l'accoutumé. "We had Everything", mais surtout "Let's Dance" illustrent parfaitement cette nouvelle approche. "Let's Dance", (trop) simple et évidente en apparence s'avère être un condensé de ce qu'est Delain en 2020 : pop, metal sympho, orchestration minutieuse, rythme, passages fédérateurs crées pour faire chanter le public, rythmique et solo au rapport, bref un futur classique.
Mais attention si Delain fait partie du haut du panier du metal sympho ce n'est pas pour rien. Tout comme le titre de ce sixième album n'est pas un hasard. Ainsi les Bataves réussissent là où Within vient d'échouer, à savoir marier à la perfection metal symphonique et pop. « Apocalypse » pour le côté metal, « Chill » pour le côté pop. Sans être la meilleur proposition, citons "Chemical Redemption" : riff bien heavy et puissant, lignes vocales à la limite de la variété le tout saupoudré par quelques notes électro - idem pour "Let's Dance". Quand je vous disais que Delain comptait vous déstabiliser ! Et là dessus c'est clairement Timo le guitariste qui prend son envol. Plus impliqué dans le processus de création, son jeu n'a jamais été autant musclé. À ce petit jeu, c'est cependant "One Second" qui tire le plus son épingle du jeu, véritable bombe pop sympho, elle vous met dans le bain directement.
Mais Martijn n'a pas oublié les envolées orchestrales qui font le bonheur de ses fans. "Burning Bridges" (avec les grunts de Charlotte, si si), "Vengeance" (en duo avec le talentueux Yannis de Beast In Black, futur "Speed" Strid des chanteurs invités) "Masters of Desnity" (replongez vous dans cette chronique pour vous remémorez à quel point ce titre est fabuleux) ou encore "Legions of the Lost" sont là pour satisfaire les fans de la première heure. À part Tuomas de Nightwish, il n'y actuellement pas de meilleur compositeur dans la sphère sympho. Tout est là, tempo, chœurs, orchestres, et riffs - Timo n'est jamais loin. Le groupe n'oublie pas pour autant de s'offrir quelques douceurs. La simple mais touchante "Ghost House Heart" démontre ce que doit être une ballade : touchante, juste et qui ne part pas dans tous les sens, un piano-voix et un retour aux fondamentaux. "The Greatest Escape" quant à elle rejoint les compositions de Martijn plus mid-tempo mais poignantes (comme la sublime "Not Enough") avec de belles envolées instrumentales (violons) et vocales, Charlotte se montrant particulièrement touchante.
Enfin un petit mot sur le coup de cœur, "Creatures", meilleur prestation de Charlotte sur cet Apocalypse & Chill où elle confirme l'ensemble des facettes aperçues sur ce nouveau recueil. Une voix douce et suave sur le refrain, pop sur le couplet avec une montée finale dont elle nous gratifie rarement mais ici diablement efficace. Ajoutez à cela le fameux riffing de Timo et une base orchestrale minimaliste et vous avez le meilleur titre de la réalisation. Et puis, comment ne pas mentionner la désormais traditionnelle piste instrumentale de clôture ? Si "The Monarch" jouait sur l'émotion, "Combustion" envoie la sauce, c'est puissant, percutant, particulièrement heavy, Timo est en roue libre totale (dans le bon sens du terme) et la batterie de Joey ressort bien, alors qu'elle est relativement timide sur le reste de l'enregistrement. Un résultat étonnant qui conclut cet Apocalypse & Chill de manière puissante, prenant presque à contre pied la direction musicale entreprise par Delain. Les Néerlandais ont décidément envie de brouiller les cartes pour notre plus grand plaisir.


Apocalypse & Chill, bien qu’accueilli relativement froidement par le petit monde du metal sympho, constitue l'une des meilleures livraisons de Delain. Résolument pop, puissamment symphonique, ce huitième LP a tout pour devenir un classique au fil des années tant il se révèle un peu plus à chaque nouvelle écoute. La belle surprise de ce début d'année (et finalement une belle tartine de ma part !).


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 4 polaroid milieu 4 polaroid gauche 4