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CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 02 octobre 2019
Sa note : 12/20

LINE UP

-Manda Ophius
(chant)

-Hendrick Jan "HJ" De Jong
(chant+guitare)

-Lasse Dellbrügge
(claviers)

-Sonny Onderwater
(basse)

-Frank Van Der Star
(batterie)

Ont participé à l'enregistrement:

-Johanna Charlotte Wessels
(chant sur "High Enough")

-Gerben Verhaar
(chant sur "The Quiet Resistance")

-Marcus Klavan
(chant sur "It's Over")

-Heli Reissenweber
(chant sur "Allein")

-Joost van den Broek
(claviers sur "If You Could" et "I Live")

-Matt Litwin
(programmation sur "It's Over")

TRACKLIST

1) The Quiet Resistance
2) Caught In the Middle
3) AfterLife
4) Whenever
5) If You Could
6) High Enough
7) Say
8) It's Over
9) I Live
10) Stay With Me
11) Rush
12) Release Me

13) 2012
14) Allein (bonus track)

DISCOGRAPHIE

Mana (2004)
In Control (2007)
Pure: Live @ P3 (2009)
The Quiet Resistance (2011)
The Quiet Resistance (2011)
Uprise (2016)
White Flag (2019)

Nemesea - The Quiet Resistance



Il m’a fallu plusieurs jours pour me décider à écrire une seconde chronique de The Quiet Resistance. Si la note de Malice ne me choque pas, il manque la présence de plusieurs constats qui fait que je me devais d’apporter quelques précisions et surtout continuer de retracer le chemin des Bataves, trop mésestimés à mon goût. Car si, à l’image de ce The Quiet Resistance, les enregistrements ne sont pour le moment jamais exceptionnels, le talent des membres de Nemesea existe réellement, tout comme une certaine cohérence à travers leur évolution, leur style, leur histoire.

Et en parlant de cohérence, autant être honnête d’entrée, The Quiet Resistance est l’œuvre de Nemesea qui l’est le moins. Y a-t-il un coupable ? Napalm Records ? C’est certain. Effectivement, fin des années 2000 et début des années 2010 le label autrichien a signé un bon nombre de groupes à chanteuse (Lunatica, Edenbridge entre autres) pour un résultat proche de la catastrophe et sans réel moyens mis à disposition des musiciens. The Quiet Resistance a quant à lui bénéficié d’une certaine promo, l’œuvre bénéficie par ailleurs de guests, dont Charlotte de Delain. On comprend tout de suite quelle est la cible. Les amateurs de metal sympho. Mais alors, qu’en est-il du rock électro d’In Control ? Je cherche toujours la réponse. Quelques touches de ci de là mais c’est tout. Vous pensez alors retrouver le style sombre de Mana. Que nenni. The Quiet Resistance est une proposition de metal/pop symphonique tout ce qu’il y a de plus classique et c’est bien là le problème. Après le couple "The Quiet Resistance" (excellente intro au demeurant) / "Caught In The Middle" (reprenant les bases d’In Control avec l’apport d’une touche metal sympho bien agréable) Nemesea sombre dans le basique, la facilité, l’absence d’idées, de génie etc.
Et on ne peut ainsi pas uniquement incriminer Napalm. Comment défendre l’indéfendable ? "AfterLife" ne mériterait pas d’être cité tant le single n’a aucun intérêt. "Whenever" et "Stay With Me" boxent dans cette même catégorie, single-like entendu et ré-entendu dans quatre-vingts pour cent des réalisations du genre. Guitares inexistantes, absence de panache, électro oublié. Non vraiment aucun argument pour sauver la donne. Dans le même style, "High Enough" (en duo avec Charlotte) a un peu plus de punch, grâce à un trio vocal (HJ intervenant sur le pont) convaincant et des lignes de chant très intéressantes sur les couplets. Enfin "It’s Over" avait tout du tube parfait mais la proposition ne décolle jamais. On continue dans le listing des catastrophes avec la mièvre ballade qu’est "If You Could", dans la longue lignée des échecs du style dans le monde du metal sympho. Heureusement, "I Live" va rehausser le niveau grâce à un final digne d’une réelle ballade convaincante. Les Néerlandais ont en outre la bonne idée de proposer un dernier tiers de très bonne qualité avec notamment "Rush" et "Release Me" (on peut y inclure "Say", dans le même style que ces deux dernières).
Ces trois occurrences apportent enfin de la consistance à The Quiet Resistance. Les compositions sont plus inspirées (que ce soit en terme de performance vocale ou d’apport orchestral). Surtout une ambiance particulière y règne. On plonge davantage dans le rock alternatif qui sied tant au quintet (et qui deviendra par la suite le réel leitmotiv du combo). "Say" et "Rush" sont particulièrement aériennes (la première grâce à son pont, la première via ses couplets) Sur "Release Me", Manda est phénoménale et comme pour les deux pistes mentionnées ci-dessus, les guitares font enfin partie prenante du scénario. Que ce soit la rythmique affutée ou les solos (notamment sur "Realase me"). "2012" va conclure en beauté ce magnifique final. Instrumental déjà joué sur la tournée In Control, il apporte une ambiance électrique/rock faisant le lien entre l’énergie mal maîtrisée d’In Control et le metal symphonique timide de The Quiet Resistance. Il est vraiment dommage d’avoir fallu attendre cette fin d’album pour prendre son pied. De plus "Allein", titre bonus en dup avec Heli, frontman d'un coverband de Rammstein apporte une touche finale très sympathique et réunissant tous les ingrédients maîtrisées par HJ et ses compères (bien que totalement pompé sur la formation allemande).


The Quiet Resistance peut se résumer ainsi: deux premiers tiers catastrophiques sauvés par quelques fulgurances ("Caught In the Middle", "Say") et un final digne d’un très bon groupe composant avec envie et détermination et mettant en avant un rock alternatif bien plus maîtrisé que cette sombre copie metal symphonique initialement rendue. Et au vu des futures sorties du collectif, il est fort à parier que Napalm s’est rendu compte de sa petite erreur d'orientation. Il faudra cependant quelques années encore avant de voir Nemesea arriver à maturité (oui je continue de teaser).


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