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CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 15 octobre 2019
Sa note : 17/20

LINE UP

-Sanne Mieloo
(chant)

-Hendrik Jan (HJ) De Jong
(chant+guitare+claviers+programmation)

-Mathijs Van Til
(claviers)

-Sonny Onderwater
(basse)

-Steven Bouma
(batterie)

TRACKLIST

1) The Storm
2) Kids With Gun
3) White Flag
4) Sarah
5) Don't Tell Me Your Name
6) Fools Gold
7) Ratata
8) Nothing Like Me

9) Lions
10) Heavyweight Champion
11) Rise
12) Let This Be All
13) Sayonara (bonus track)
14) Dance in the Fire (bonus track)

DISCOGRAPHIE

Mana (2004)
In Control (2007)
Pure: Live @ P3 (2009)
The Quiet Resistance (2011)
The Quiet Resistance (2011)
Uprise (2016)
White Flag (2019)

Nemesea - White Flag
(2019) - rock electro - Label : Napalm Records



Après l’accueil plus que positif d’Uprise, quatrième opus de Nemesea, que ce soit par les fans et la presse spécialisée, on se disait que la carrière des néerlandais allait enfin décoller puis... patatras, le couperet tombe. Dans un message simple et direct, Manda annonce son départ. Co-fondatrice du combo, elle explique néanmoins qu’elle ne quitte pas Nemesea, mais qu’elle doit mettre fin à ses rêves de devenir chanteuse. Un an plus tard Sanne est annoncée comme nouvelle vocaliste.

De ce fait, la promo en live d’Uprise a été quasiment inexistante. Cependant, Nemesea n’a pas chômé. Les musiciens ont offert un inédit aux fans, "Dance in the Fire", qui sans être exceptionnel, met bien en avant le timbre rock de Sanne, puis deux nouvelles versions d’"Hear Me" et "Twilight" avec la nouvelle vocaliste. Il aura fallu deux ans au quintet pour travailler sur son cinquième effort, White Flag qui débarque en cette fin d’été 2019. Quelle symbolique nous offre ce titre évocateur ? Si symbolique il y a ? La carrière des bataves n’étant pas de tout repos, vont-ils enfin décoller afin d’offrir le LP qui lancera leur carrière? Autant être franc tout de suite, White Flag est le digne successeur d’Uprise et un petit bijou. Quand on regarde comment Nemesea a tâtonné par le passé, cela fait beaucoup de bien.
Le style est enfin acquis et maîtrisé, finit les aléas symphoniques, l’électro pop, place au rock alternatif dont on a entendu les prémices sur l’effort précédent. Un détail va faire la différence: Sanne. Sans faire offense à la sublime Manda (qui, je vous le rappelle est une vocaliste très talentueuse), la nouvelle venue offre sur White Flag une performance exceptionnelle. Le coup de maestro de HJ est d’avoir su recruter une voix qui collait à la direction musicale qu’il entendait donner. Cette petite touche en plus offre ainsi plus de consistance. Pourtant, et sans en écrire des lignes, j’ai eu un léger doute. Si "The Storm" et la magique "Kids With Gun" (bluffante, touchante, poignante) sont une excellente entrée en matière, l’éponyme et "Sarah" font retomber Nemesea dans ses travers via un léger rock pop sympho timide, mignon mais sans réelle conviction. Heureusement, ce n’est que le seul moment de faiblesse du LP et qui s’en suit par le show de Sanne.
A partir de "Don’t Tell Me Your Name", Nemesea va exceller et offrir un rock alternatif léché, puissant, rythmé et parfaitement conduit. Vocalement, Sanne maîtrise et alterne puissance et douceur. La puissance se retrouve sur le titre cité ci-dessus mais également l’excellente "Ratata", ou encore "Nothing Like Me". Le combo n’oublie pas d’incorporer certaines touches d’électro, mais cette fois ci tout est parfaitement dosé. Nemesea a pensé à tout au moment de composer. La rythmique sur les couplets ("Fools Gold", "Ratata", "The Storm") se fait bien ressentir, le retour de Steven à la batterie se fait entendre ("Fools Gold") et même la lead n’est pas en reste ("Fools Gold", "Rise"). Quant aux refrains, ceux-ci ont été pensés et conçus pour être de véritables tueries sur scène, comme celui de "Nothing Like Me", qui vous restera longtemps en tête grâce à la puissance vocale de la dernière venue.
Mais Sanne va être capable d’être exemplaire sur des temps plus doux, plus intimes. Si "Sarah" est clairement l’élément faible de White Flag, pour le reste c’est un sans-faute. "Let This Be All", prise individuellement n’est pas la plus belle des compositions, mais a le mérite de clôturer une œuvre énergique. "Lions", quant à elle, sous ses airs de ballade basique, dévoile le timbre grave et torturée de la chanteuse. Enfin, comment ne pas mentionner "Heavyweight Champion" (le titre préféré de HJ à priori) ? Son intro à la Massive Attack, la performance digne d’un caméléon de Sanne (voix grave sur les couplets, un peu plus lyrique sur le refrain et notamment lors du final où elle démontre qu’elle sait tout faire). Ce final justement, digne d’un "Believe" (sur In Control, mon titre préféré des néerlandais) où Sanne et la lead d’HJ ont tout simplement fusionné pour livrer un grand moment, si ce n’est le plus grand en cinq œuvres offertes par les bataves.


Nemesea nous a clairement gâté avec White Flag (en plus d’offrir deux titres bonus). Des compositions énergiques, qui sentent bons le rock alternatif, où le jeu des musiciens est clairement mis en avant afin de sublimer la performance exceptionnelle de Sanne qui aura repris le flambeau de la plus belle des manière. A titre d’exemple, il n’y a que sur "Rise" où on émet l’idée que Manda aurait été plus à son aise, ce qui montre la prouesse réalisée par la jeune chanteuse. Il reste désormais à prier pour que Nemesea trouve enfin son public et que des moyens seront mis à sa disposition pour entamer une tournée, chose que, le combo n’a jamais pu vraiment faire en quinze ans d’existence.


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