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CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 23 septembre 2019
Sa note : 15/20

LINE UP

-Manda Ophius
(chant)

-Hendrik Jan De Jong
(chant+guitare)

-Martijn Pronk
(guitare)

-Berto Booijink
(claviers)

-Sonny Onderwater
(basse)

-Chris Postma
(batterie)

TRACKLIST

1) Nemesis-Intro
2) Threefold Law
3) Empress
4) Angel In The Dark
5) Mortalitas part 1: The Taker
6) Mortalitas part 2: Dies Irae
7) Mortalitas part 3 : Moriendum Tibi Est
8) Mortalitas part 4 : Frm Beneath You It Devours

9) Lucifer
10) Disclosure
11) Beyond Evil
12) Cry
13) Krad Eht Ni Legna-Outro

DISCOGRAPHIE

Mana (2004)
In Control (2007)
The Quiet Resistance (2011)

Nemesea - Mana
(2004) - metal symphonique - Label : Ebony Tears



Si je vous dis« milieu des années 2000 » ? Si je vous dis Pays-Bas ? Si je vous dis chanteuse ? Bingo, vous me répondez metal symphonique ! Surfant sur le succès de Nightwish et Within Temptation, des petits nouveaux issus du pays des tulipes font leur apparition sous le nom de Nemesea et propose leur premier bébé Mana et espèrent, pourquoi pas, se faire un petit nom sur la scène.

Et dès les premières notes du couple "Nemesis-Intro"/"Threefold Law" on devine clairement sur quoi ça lorgne. Nemesea tend du côté de leur compatriotes Epica et After Forever version 1.0 (oui promis, viendra un jour où je rétablirai la vérité sur ce Prison of Desire), à savoir un metal symphonique assez lourd, qui se veut un peu goth et sans verser dans le côté ultra mélodique, pop-metal. L’orchestration n’est pas très présente (après tout, pour un premier album, les moyens sont généralement limités). La production est froide, la batterie un peu sous mixée. Les chœurs de style grégorien pullulent et là vous vous dites, « bon ok next - on connaît la chanson ». Sauf que les Bataves vont réussir là où un nombre incalculable de combos se sont cassés les dents, à savoir proposer une œuvre consistante sans réel temps faible. Pour votre serviteur, seul "Lucifer" (pourtant le morceau le plus connu du LP) est en-dessous, composition ultra basique que n’importe quel « Epica-like » aurait pu proposer. Le reste est plutôt équilibré. Le premier tiers ne respire pas la prise de risque et reste sur un côté un peu froid, déjà entendu mais sublimé par un sens déjà affirmé de la mélodie et du rythme. "Angel In the Dark" monte en tension le long de ses six minutes, les guitaristes ne sont pas là pour enfiler des perles, la rythmique se révélant au fur et à mesure. "Empress", elle, est plus lourde, plus metal et plus sombre.
Le second tiers est une piste à elle seule: "Mortalitas", divisée en quatre partie distinctes. Et on tient là le cœur de Mana. "The Taker" et son intro mystérieuse et puissante (« The Taken will take your fear »), révèle la voix parfaite de Manda, soutenue par la lead notamment sur le final où la vocaliste montre toutes ses qualités. Les autres composantes de ce morceau épique sont un interlude ("Dies Irae"), une instrumentale ("Moriendum Tibi Est", et sa touche d’électro qui sera partie prenante sur le prochain album des Néerlandais) puis une mid-tempo ("From Beneath You it Devours"). Cette œuvre en quatre temps est un petit bijou d’ambiance, de construction et démontre l'implication des musiciens. On notera donc la performance vocale de Manda, bien que les aigus soient compliqués par moment. Mais sa palette « caméléon » se compose de montées lyriques, d’intensité et de dramaturgie ("Disclosure"). Le dernier tiers de Mana lui sied d’ailleurs bien plus que le premier. Moins « Epica-style », plus mélodique, plus symphonique et moins dark, Manda arrive davantage à s’exprimer, que ce soit sur "Beyond Evil" ou la sublime ballade "Cry, où sa voix est en symbiose avec la tristesse des paroles.

Sans prise de risque dans son premier tiers, Nemesea, avec Mana, prend ses aises au fur et à mesure des pistes pour au final délivrer une œuvre cohérente, parfaitement exécutée avec une pièce centrale magnifique et une dernière partie bien plus personnelle. Cependant, ce coup d’essai sera unique, puisque le quintet effectue avec son recueil suivant (In Control) un virage à quatre-vingt degré en supprimant sa composante dark/symphonique pour proposer un rock alternatif teinté d'électro. Rendez-vous bientôt pour la suite de l'histoire.


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