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CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 09 avril 2018
Sa note : 15/20

LINE UP

-Alessia Scolletti
(chant)

-Michele Guaitoli
(chant)

-Marco Pastorino
(chant+guitare)

-Luca "Liuk Abbott" Negro
(basse)

-Alfonso Mocerino
(batterie)

TRACKLIST

1) The Last Hope In A World Of Hopes
2) Broken Promises
3) Of Jupiter And Moons
4) Everything That I Am
5) We Are Free
6) Alive Again
7) The Art Of Believing
8) Way Back Home
9) Empires And Men
10) Daruma's Eyes (Part 1)

DISCOGRAPHIE


Temperance - Of Jupiter and Moons
(2018) - heavy metal metal symphonique power metal - "metal moderne" - Label : Scarlet Records



Il y a des jours où on lance dans son lecteur l’album d’un groupe dont on n’a jamais entendu parler, mais qui suscite la curiosité. C’est le cas de Of Jupiter and Moons de Temperance, présenté par leur label (Scarlet records) comme une œuvre de heavy symphonique et bénéficiant d'un visuel assez agréable (signé Yann Souetre qui a travaillé avec Ayreon, notamment). Quand en plus le premier titre déboîte, on se dit qu’on va forcément passer un bon moment. Cependant, dans un genre surchargé, peut-on encore être surpris ou tout du moins avoir du plaisir tout au long de l’écoute ? J’aurais presque tendance à en douter.

Temperance n’est pas un nouveau venu dans la sphère metal. Effectivement, la bande venue tout droit d’Italie affiche déjà quatre LP au compteur et a effectué plus de cent-cinquante concerts à travers le monde en tant que support de Luca Turilli’s Rhapsody, Nightwish, Within Temptation ou encore Slipknot. Les compatriotes de Lacuna Coil vendent leur musique comme du metal « moderne » et unique, à l’harmonie vocale (entre trois vocalistes) inégalée. La section lombardo-piémontaise sait bien se vendre. Dans les faits, si le guitariste Marco assure bien les « backing vocals » il faut surtout compter sur un duo de chanteurs, Michele et Alessia, un peu dans le même genre que Visions of Atlantis. Autre point commun entre les deux formations : le power metal mélodique. Effectivement, Temperance s’oriente beaucoup plus vers ce style que vers le heavy traditionnel, certes bien présent mais par petites touches. Les points communs ne s’arrêtent pas là puisque la troupe de Novara y inclut des orchestrations qui apporteront une touche symphonique qui par moment rappelleront Nightwish, voir Delain. Autre influence, et pas des moindres : Sonata Arctica notamment au niveau des rythmes sur cette nouvelle sortie mais aussi de la voix de Michele qui fait penser par moment à Tony Kakko.

Toujours au niveau vocal, le timbre de la douce Alessia se rapproche plutôt de celui de Sharon Den Adel (Within Temptation), en raison notamment de sa douceur. Et ce style fait mouche, à contre-courant des vocalises lyriques qui dominent dans la large sphère du metal symphonique. Le duo fait preuve d'une remarquable complémentarité et jamais une partition ne l’emporte sur l’autre. Ils n’en font pas des tonnes et restent toujours simples et justes, tels des instruments à part entière. Car la force de ce Of Jupiter and Moons réside dans l’alchimie au sein de son couple de vocalistes, mais également entre les riffs, les solos de guitares et l'orchestration, celle-ci étant bien présente mais également justifiée (coucou Whyzdom) et apporte un plus non négligeable, notamment sur l’épique "Daruma’s Eyes (part 1)" dont on attend la « part 2 » avec impatience. Le collectif se permet même d’utiliser des sonorités dignes de Europe et Van Halen, comme sur "We Are Free", assez cheap mais tellement efficace. Concernant la mission « petite douceur » pas de ballade à proprement parler, mais deux titres mid-tempo, le très réussi et émouvant "Empires And Men" et le plus décevant "Everything That I am". Situé en plage quatre celui-ci marque le commencement de la petite déception au deuxième tiers de l’enregistrement.

Si aucune occurrence n'est vraiment faible (on a notamment vu que "We are Free" est plutôt sympa dans son approche), les pistes évoquées sont un cran en dessous d’un début triomphal et d’une fin de toute beauté ("Empires and Men" / "Daruma’s Eyes part.1"). Restent donc ces compositions plus faibles telle "Everything That I Am" mais également la très dispensable "Alive Again" qui n’apporte pas grand-chose ici tout comme "The Art of Believing", qui pourrait se retrouver sur n’importe quel avatar de power lambda. "Way Back Home" redonnera quant à lui un peu de rythme à ce nouvel opus avant le final évoqué plus haut. Pour en revenir au début triomphal, les trois premiers morceaux font mouche à tout niveau. "The Last Hope In A World Of Hopes" ne ferait pas tâche sur une réalisation de Nightwish ou de Delain, tant le rythme fait penser à "Go Away" sur le April Rain des Néerlandais alors que l’orchestration et la puissance qu'elle engendre évoquent le Once des Finnois. Et que dire de "Broken Promises" ? Ce titre est tout simplement le synonyme du power metal mélodique, un tube à l’état brut qui a de grandes chances de devenir un classique sur scène. Enfin, le single éponyme se rapproche de Sonata Arctica comme nous l’avons vu plus haut, de par sa structure et par son rythme. Le quintet nous propose ainsi un album frais et agréable qui mérite d’être écouté.

Peut-on définir le metal « moderne » comme un « smoothie » de diverses influences, que ce soit power, heavy, metal mélodique et metal symphonique dans notre cas ? Si oui, soit, je prends et j'adresse mes félicitations pour cet essai, qui contient de bien belles choses. Temperance ne tombe pas dans le piège de la facilité (remember le dernier Visions of Atlantis). Si le recueil souffre d’un creux dans son second tiers, le reste est d’une qualité franchement honorable. Des tubes, des orchestrations puissantes, des musiciens et vocalistes au niveau, on en demande pas plus pour passer un bon moment sur Jupiter.



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