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CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 04 février 2020
Sa note : 16/20

LINE UP

-Alessia Scolletti
(chant)

-Michele Guaitoli
(chant)

-Marco Pastorino
(chant+guitare)

-Luca "Liuk Abbott" Negro
(basse)

-Alfonso Mocerino
(batterie)

A participé à l'enregistrement:

-Sarah Teets
(flûte)

TRACKLIST

1) Mission Impossible
2) I Am the Fire
3) Start Another Round
4) My Demons Can't Sleep
5) Viridian
6) Let it Be
7) Scent of Dye
8) The Cult of Mystery
9) Nanook 
10) Gaia

11) Catch the Dream

DISCOGRAPHIE


Temperance - Viridian
(2020) - metal symphonique power metal Modern Metal - Label : Napalm Records



C’est amusant, dans ma chronique de Of Jupiter and Moons, le précédent Temperance, je notais une ressemblance entre la formation italienne et Visions of Atlantis. Quelques mois plus tard, les Autrichiens annonçaient que Michele (alors chanteur chez Temperance) rejoignait ses rangs. Pas de panique les amis, il reste tout de même au sein de sa formation initiale, et il aurait eu tort de faire l’inverse, tant Viridian passe le niveau supérieur et se révèle être la petite bombe hivernale de 2020.

Pourtant le premier single "Mission Impossible", révélé fin 2019 a failli me mettre le doute. Le power grandiose et efficace de 2018 s’est transformé en metal moderne très electro avec pas mal de passages saccadés (les « mission impossible » d’après refrain). Bien qu’efficace j’en ai eu des sueurs froides. Napalm a-t-il encore détruit un groupe ? Veut-il un concurrent à Amaranthe (qui fait les beaux jours de Nuclear Blast) ? Puis après un second refrain, Temperance prouve qu’il n’est pas un simple combo basique. Le jeu de guitare se fait plus heavy, Michele se sublime et l’œuvre prend tout son sens. "Mission Impossible" n’était qu’une mise en bouche, un aperçu des nouveaux apports du quintet. Pas d’electro à toute les sauces. Temperance reste un groupe de power et le prouve avec l’enchaînement "I Am the Fire", "Start Another Round" et le second extrait, "My Demons Can’t Sleep", futur classique en live. Si la première citée est on ne peut plus que classique, elle bénéficie d’effet de style qui la sublime et le riff fait clairement le taf. Mais c’est surtout "Start Another Around" qui se montre diablement efficace.
Lors de ma précédente critique du combo, je notais quelques ressemblances avec Sonata Arctica. Si la dominante speed est bien moins présente sur Viridian, l’esprit des Finlandais me reste en tête, notamment grâce aux couplets de ce nouveau round. Imprégnés de musicalité, ils sont au moins aussi efficace qu’une bonne partie des refrains d’un groupe de power lambda. C’est également l’occasion d’entendre Marco, souvent éclipsé (et logiquement, au vu du talent du bougre) par Michele. Quant à Alessia, je lui ai déjà dressé mes louanges par le passé, mais Temperance tient avec elle, un véritable joyau (petit aparté: j’ai assisté à la tournée d’ERA, en décembre et il s‘avère qu’elle et Michele, faisaient partis des quatre solistes; sur scène, leurs voix respectives sont impressionnantes). Alessia sait doser sa voix. Sur "Start Another Round", sa palette part d’une voix rock pour monter à la fin des refrains sur des notes plus aiguës. Après ce trio axé power, Temperance va ré-introduire cette nouveauté electro sur le morceau titre. Si en terme de refrain, la piste manque peut-être un peu de conviction, la partie electro est puissante et n’est pas là juste pour remplir le cahier des charges. "The Cult Of Mystery" bénéficie également d’une intro résolument moderne mais qui va se confronter au passé. Effectivement, la chanson s'apparente à un hommage à Rhapsody que ce soit dans les parties vocales de Michele, le tempo du refrain et surtout lors du pont. Cette double casquette futur/passé est déstabilisante lors des premières écoutes mais au fil du temps, l’œuvre se révèle délicieuse.
Il est dommage qu’entre les deux dernières occurrences citées, il y ait un léger temps mort. Effectivement, "Let it Beat" n’a pas la force et l’énergie de ses semblables et "Scent of Dye" est une ballade qui ne présente que peu d’intérêt (malgré un apport acoustique). Ce qui fait que Viridian est un véritable bonheur est donc sa variété, et la démonstration n’est pas close puisque que la troupe va revenir à ses premières amours avec une dominante bien symphonique pour conclure leur cinquième LP. Comment vous décrire "Nanook" ? Si l'on ne peut raisonnablement comparer l’œuvre à mes Finnois préférés, l’ambiance lorgne néanmoins du côté d’Imaginaerum. Instruments celtiques, cœurs d’enfants, orchestrations grandioses, refrain efficace et facilement mémorisable, et duo vocal en symbiose. La composition est par ailleurs celle qui révèle le plus le jeu d’Alfonso. Vous l’aurez compris, "Nanook" est d’une beauté indescriptible. Quant à "Gaia", elle répond au standard de la ballade metal sympho, un peu mielleuse, très variété mais avec une très belle intensité allant crescendo. Un véritable plaisir coupable. Je passerai sous silence "Catch the Dream" sorte d’outro où Michele est en mode gospel, c’est rigolo mais pose question. Au final, Viridian surpasse Of Jupiter and Moons et laisse encore entrevoir une marge de progression pour Temperance. Nul doute que si les Italiens continuent comme cela, la voie du succès est toute tracée.


Viridian, résolument power, moderne et symphonique, réussit l’exploit de ne jamais tomber dans les clichés (si l’on excepte les ballades, bien que "Gaia" soit sublime) ce qui est un tour de force pour le style. Hymnes puissants, riffs ravageurs, vocalistes de première division, les Italiens continuent doucement mais sûrement à se faire un nom. Curieux ? Ils seront en première partie de la tournée de Tarja, avec trois dates en France (dont le 16 mars à la Cigale-Paris). J’en serai !


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