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CHRONIQUE PAR ...

100
Merci foule fête
Cette chronique a été mise en ligne le 15 août 2026
Sa note : 17/20

LINE UP

-Ian Fraser "Lemmy" Kilmister
(chant+basse)

-Edward Allan "Fast Eddie" Clarke
(chœurs+guitare)

-Philip John "Philthy Animal" Taylor
(batterie)

TRACKLIST

1) Ace of Spades
2) Stay Clean
3) Metropolis
4) The Hammer
5) Iron Horse / Born to Lose
6) No Class
7) Overkill
8) (We Are) The Road Crew
9) Capricorn
10) Bomber
11) Motörhead (Hawkwind cover)

DISCOGRAPHIE


Motörhead - No Sleep 'til Hammersmith (live)
(1981) - hard rock - Label : Bronze Records



Motörhead a beau avoir mis un coup de santiag dans la fourmilière du rock 'n’ roll, le trio ne déroge pas à la règle de l’album live sanctionnant quatre premiers LP (cinq, en incluant On Parole ou si l’on parle de Scorpions). Nettement plus offensive que Lynyrd Skynyrd et Rush, l’escouade britannique s’est fait une telle réputation sur scène qu’il est presque étonnant qu’un témoignage de ce qu'elle est capable de commettre devant un public n’ait pas été publié plus tôt. La sortie de No Sleep ‘til Hammersmith met les pendules à l'heure.

D’entrée de jeu, les mecs envoient leur tube. Soit. "Ace of Spades", donc. Aussi virulent que sur le recueil du même nom paru avant la tournée. Quelques dates supplémentaires, regroupées sous l'intitulé « Short Sharp Pain in the Neck », ont été programmées du 27 mars au 1er avril 1981 - le nom fait référence à une blessure à la tête reçue par Philthy Animal Taylor suite à un chahut d’après-concert. La routine. En première partie : Tank ainsi que les stars montantes franciliennes de Trust pour une soirée à Leeds. Bernie, Nono et leurs employés du moment ont dû prendre quelques notes sur la bonne façon de faire sonner des titres en live.
Évidemment, le résultat est tributaire du son, ici retravaillé par Vic Maile, le précieux ingénieur du son ayant boosté Ace of Spades. Sur les onze morceaux présents – dix-sept ou dix-huit étaient joués chaque soir mais ça ne faisait pas assez long pour un double – seuls trois de l’œuvre support ont été retenus, ce qui peut surprendre. Ou pas, si l’on considère que Maile avait surtout su retranscrire sur Ace of Spades une partie de la fougue déployée par la troupe sur les planches. "(We Are) The Road Crew", après un hurlement dément, et plus encore "The Hammer" profitent à plein du traitement de choc que les trois escogriffes leur font subir lorsqu'ils ont un auditoire. Basse-massue, guitare à cran et batterie qui ne laisse rien passer : les gars jouent serré, directement sur les amplis. Pas de fantaisie, les partitions sont déroulées quasiment sans ajout ni retrait, si ce n’est un solo allongé et une fin maelstrom sur "Capricorn" qui, à l’instar de la version x2 de "Metropolis", récupère une intensité nouvelle, à la limite du flippant avec un écho étrange sur le refrain.
Toutes les chansons profitent de l’élixir euphorisant administré par les Anglais - "No Class" dont l’impact rivalise désormais avec celui de "Stay Clean" à l’intitulé devenu ironique, "Iron Horse / Born to Lose" en rescapé du premier long format opportunément dégraissé. "Bomber" est joué deux fois plus vite et dix fois plus dur. Quant à la version thermonucléaire d’"Overkill", exécutée dans l'urgence, rudoyée par Animal qui ne se retient plus, il met l’assistance en extase, dans la fosse comme dans les piaules. La composition qui a donné son nom au groupe clôture la performance, c’est peu dire qu’elle n’a plus rien à voir avec la version originale qui traîne nonchalamment, le saxophone en goguette, quelque part sur un disque de Hawkwind. Motörhead a pris les commandes et achève sa prestation sous les vrombissements des avions de chasse de la WWII et les sirènes d’alarme, pendant que la foule en redemande. Basique, basé, ultime.


Est-il surprenant que le sommet discographique des débuts de Motörhead soit un live ? À l’écoute de No Sleep ‘til Hammersmith, la réponse tombe sous le sens. Plus lourde, plus dense, plus méchante que tout ce que l’entité a enregistré jusqu’alors, la démonstration intimide et fascine. Avec classe, n’en déplaise à ce que hurle Lemmy sur l’un des extraits de cette furie. Et qu’importe si cette dernière est fondée sur un mensonge et n’a pas été captée à l'Hammersmith Odeon de Londres.



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