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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 01 juin 2022
Sa note : 15/20

LINE UP

-Brendan Sloan
(chant+guitare sur 7+basse)

-Lexis Fischer
(guitare+autres instruments)

-Alan Cadman
(batterie)

A participé à l'enregistrement :

-Cale Schmidt
(chant sur 1)

TRACKLIST

1) Slouching Towards Gomorrah
2) Perverse Entity
3) Luminous Jar
4) Black Light Upon us
5) Ascetic Reflection
6) Anhedonia
7) Opening the Passage
8) Inauspicious Prayer

DISCOGRAPHIE


Altars - Ascetic Reflection



Le bush australien serait-il en train de brûler ? C’est la question qu’on peut légitimement se poser à la lueur des sorties récentes. Altars dans un style totalement différent des pachydermes Mournful Congregation vient faire opération table rase afin de ne laisser que l’Uluru au milieu d’un désert carbonisé.

S’épanchant initialement sur les terres mystiques et quasi bruitistes du Ordo Ad Chao de MayheM, Ascetic Reflection bifurque bien vite sur un death metal acerbe, dissonant, qui ne sera pas sans rappeler le récent travail des Italiens de Ad Nauseam, en moins abscons fort heureusement, mais aussi des terreurs du genre, les géants Gorguts. Difficile dès lors d’affirmer une ode à l’originalité vitale. Pourtant les Australiens fabriquent leur son et façonnent des compositions bien à eux sachant s’égarer sur les chemins lumineux de la personnalité. Comme leurs inspirations, les chansons sont bien évidemment torturées, mais point à tiroir. On en fait le tour en généralement guère plus de cinq minutes, souvent moins, parfois plus. Le son des grattes est abrasif, incandescent à vous cisailler la pulpe des doigts. S’ajoute une batterie à la tonalité organique faisant la part belle aux rondeurs, ce qui n’est pas pour déplaire et apporter un supplément d’âme à un album qui aurait pu sans cela sonner extrêmement sec. Batterie qui d'ailleurs vit évidemment des variations dans les rythmes, le toucher et les différents toms et cymbales. Elle ne s'interdit fort heureusement pas la brutalité, sans en faire un dogme. Intelligent.
L’enchaînement des titres se fait de manière étonnamment fluide. L’on aurait pu craindre une saignée des tympans, alors que finalement que nenni. La faute (??) à des mélodies subtilement empaquetées au sein des écorchements auditifs que représente l’orientation générale des riffs. Évidemment vous n’aurez absolument pas droit à du Dark Tranquillity, ni même à un Death ou du Morbid Angel, le propos demeure plus saillant que cela. Mais. Oui. Il y a de menues bonbonneries en guise de troisième voire quatrième couche, bien enfouies. C’est là un talent agréable de la part des gens à la tête sens dessus-dessous puisqu’il nous permet à nous auditeurs de ne pas finir en position fœtale. De ne pas faire face à un groupe dont la ligne de conduite serait la pure recherche des limites de l’audible. Une pelletée d’autres s’en chargent (avec plus ou moins de talent...), point besoin de venir s’ajouter à la masse, d’autant que les locomotives sont quasi intouchables. En abandonnant cette exclusivité presque élitiste, Altars redescend au niveau du commun des mortels, tout en flottant imperceptiblement au-dessus pour ajouter de la profondeur à son propos. Le bon goût se poursuit avec la pertinence de limiter les efforts à la quarantaine de minutes, durée parfaite pour immerger l’auditeur sans provoquer la lassitude ou l’agacement à cause d’une musique somme toute exigeante.


Ascetic Reflections porte en lui une certaine idée de l’esthétisme qui n’est pas pour déplaire à un beau volume de personnes dans le monde du metal. En ferez-vous partie ? Si vous disposez des accointances pour le death metal dissonant ou la musique un peu relevée, il y a des chances pour que votre curiosité vous pousse à aller au bout de la découverte.





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