CHRONIQUE PAR ...

98
Tabris
le 03 juillet 2016




SETLIST

Steve'n'Seagulls :
Wishmaster (Nightwish cover)
Paradise City(Guns N’ Roses cover)
The Trooper (Iron Maiden cover)
Aces High (Iron Maiden cover)
Black Dog (Led Zeppelin cover)
Seek & Destroy (Metallica cover)
Nothing Else Matters (Metallica cover)
Thunderstruck (AC/DC cover)
Born to Be Wild (Steppenwolf cover)

Apocalyptica :
Reign of Fear
Grace
Master of Puppets (Metallica cover)
I Don't Care
Seek & Destroy (Metallica cover)
In the Hall of the Mountain King (Edvard Grieg cover)

Skunk Anansie :
Tear the Place Up
That Sinking Feeling
Twisted (Everyday Hurts)
Hedonism (Just Because You Feel Good)

The Hives :
Come On!
Try It Again
Hate to Say I Told You So
Midnight Shifter
Abra Cadaver
Die, All Right!
Go Right Ahead
The Hives Declare Guerre Nucleaire
Bigger Hole to Fill
B Is for Brutus
I'm Alive
Walk Idiot Walk
A Get Together to Tear It Apart
Won't Be Long
Main Offender
Tick Tick Boom

Volbeat :
The Devil's Bleeding Crown
Heaven nor Hell / A Warrior's Call / I Only Want to Be with You
Sad Man's Tongue (Preceded by "Ring of Fire" snippet)
Lola Montez
Hallelujah Goat
Let It Burn
The Lonesome Rider
For Evigt
Dead but Rising
16 Dollars
Goodbye Forever
Fallen
Doc Holliday
Still Counting
Seal the Deal
Maybellene I Hofteholder
The Mirror and the Ripper

AFFILIÉ

Apocalyptica
Wacken
(05 août 2005)
Hellfest (Clisson)
(21 juin 2008)
Hellfest (Clisson)
(18 juin 2011)

Volbeat
Strasbourg - Zenith
(12 octobre 2013)
Wacken Open Air (wacken)
(01 août 2009)
Summer Breeze 2009 (Dinkelsbühl)
(15 août 2008)
Sonisphere France (Snowpark, Amnéville)
(09 juillet 2011)
Hellfest (Clisson)
(23 juin 2013)

The Hives
Rock en Seine
(02 septembre 2014)

Steve'n'Seagulls
Angers - Le Chabada
(24 novembre 2016)

25 juin 2016 - Festival des Artefacts - Strasbourg Zenith


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Pour la petite histoire à destination des Outre-Vosgiens, le festival des Artefacts de Strasbourg marque le tempo de départ de la saison estivale en ces terres de l'Est. Véritable melting-pot musical, il offre un large panel de sonorités, allant du hip-hop au rock, en passant par l’electro, pour encore flirter avec le metal. Ce festival qui enterre le printemps, se révèle chaque année un moment de découverte et de plaisir, très apprécié du public. N'y recherchez pas de franches révélations ni de révolutions, mais des prestations attendues pour dynamiques et enjouées, dans un vent de légèreté toujours bienvenu. Nous nous retrouvons donc pour la journée de clôture, avec le set de Volbeat comme point d'orgue. Les esprits restent cependant hantés par celui qui aurait dû marquer les dernières heures de ce festival, et nombreux sont ceux cet après midi qui arborent avec fierté les T-Shirt Motörhead en hommage au regretté Lemmy. Moins de cinq mille personnes selon la sécurité, plus de six mille selon les manifestants musiciens, on se contentera de dire que la salle du Zénith se garnit progressivement au fil des concerts, que la bonne humeur y règne dès les premières minutes et que chacun peut apprécier à loisir l'indoor, compte tenu de l'alerte orange qui versait ses seaux d'eau sur nos têtes juste au moment de passer le cordon de sécurité. Votre chroniqueuse oubliera d'ailleurs bien vite ses converses spongieuses au moment de se faufiler dans la fosse.

Le tour de chauffe nous est servi à l'heure du goûter par la formation finlandaise Steve'n'Seagulls (ndlr : mais lol, quoi !). Vous comprendrez aisément qu'avec un nom pareil, ça pourrait casser du poignet, mais ça fleure surtout la belle et bonne parodie sucrée. Et en effet, le groupe s'est fait pour cheval de bataille la reprise de titres bien connus, version bluegrass, dans un style disons, bariolé! L'arrivée du collectif sur scène ne dément en rien l'appréhension née du billet : salopettes bien ploucs, pantalon bigarré à grenouilles (!), toque de trappeur vissée sur le crâne, j'en passe : visuellement, on est dans le bon gros délire. Sauf que dans la gaudriole, il y a du sérieux, et s'il s'agit ici bien de faire dans le cover plaisant, ce sera introduit avec un certain savoir faire. On retrouvera ainsi un "Paradise City", un "Black Dog", un "Thunderstruck" ou encore un "Born To Be Wild", avec accordéon sous le bras, flûte traversière, banjo, ou encore ce petit instrument à cordes très cristallin dont j'ai oublié le nom, sans oublier le clavier sur... les genoux. La section mène parfaitement son train pour emporter un public à la fois amusé et ému de retrouver des titres qu'il maîtrise, accommodés à cette une sauce très personnelle, tantôt so british, tantôt goût country américaine, ou même parfumée d'une pointe de miel oriental. Les musiciens ne mâchent par leur peine pour nous convaincre. La prestation est on ne peut plus vivante et les déambulations comiques des gars sur scène ont pour effet de souligner par contraste leur aisance musicale. Et ce n'est pas un accordéon qui soudain tombera en morceau et sera vite rafistolé à coup de chatterton, qui faussera cette impression. La recette fonctionne très bien, le public reprenant en chœur les chansons et répondant sans se faire prier aux harangues chaleureuses. Le groupe se complaît et les sourires barrent les visages de nos énergiques gugusses. Un set qui aurait pu faire peur – nous aurions effectivement pu tomber dans le simple burlesque sans intérêt, lourdingue et ennuyeux à mourir - mais au final, l'ensemble se révèle être une sympathique surprise. Rafraîchissant, il nous offre tout bonnement cette réjouissante petite note tombée juste à point pour nous mettre dans un bon mood et laisser définitivement à la porte les petites tracasseries. L'esprit est à présent bien gaillard pour le second service, quand même un peu plus sérieux.
Ce second couvert, c'est Apocalyptica qui nous l'offre. Je n'ai évidement pas besoin de vous présenter les violoncellistes d'Helsinki dont il a déjà été question en nos pages. En ce qui me concerne, c'est cependant ma première expérience avec le groupe. Et si je reconnais que le style me lasserait probablement sur album au bout de plusieurs écoutes, je dois dire que leur prestation scénique retient tout de même quelque peu l'attention. Sans aucun doute, se laisse-t-on charmer de prime abord par le caractère assez original de ce quatuor. Le collectif sait clairement user du contraste entre le classieux de leurs instruments et le registre résolument heavy dans lequel ils versent. Un premier titre de chauffe, "Reign of Fear", permet aux nouveaux venus comme moi de se familiariser avec l'emploi des trois violoncelles qui au final, saturés comme ils le sont, ne nous font nullement regretter l'absence d'une guitare ou d'une basse. Mais étant donné que par ici, les covers sont manifestement très appréciés, c'est avec un "Master of Puppets" savamment mené, mais sans surprise (puisque la formation avait signé son Plays Metallica By Four Cello en 1996, déjà), que la foule se réchauffera d'un certain nombre de degrés. Le vrai boulot commencera ensuite. Visuellement, nous ne sommes pas en reste. Les musiciens font leur show, trimbalant leurs instruments comme autant de fétus de paille, grimpant volontiers auprès du batteur et plaisantant largement avec le public. Il y a du headbang sur scène et dans la fosse. Niveau sonore, la prestation se révèle agréable, dextérité étant de mise, rythmique imparable du batteur en soutien de chaque coup d'archet. Suivront les quelques apparitions au chant de Franky Perez, casquette douteuse visée sur la tête et gestuelle archi-convenue me rappelant certains artistes trop TV-friendly à mon goût. Volontaire contraste une fois encore ? Son chant clair est de bon ton mais sans grande valeur ajoutée, en revanche le gars démontre une capacité à descendre dans les graves de manière absolument délicieuse et tient la note à faire friser l'échine, je l'engage vivement à ne plus quitter cette tessiture. Ces petite salves graves se comptant sur les doigts de la main, j'en reste un peu déçue. Sur l'ensemble de la prestation, je serai objective malgré un certain entrain ressentit tout au long de la prestation : la qualité est là, il n'y a rien à redire, mais on sent que la machine est bien rodée. Trop. L'on ne peut se retenir de trouver l'ensemble trop convenu, trop bien cerclé, trop propre et sans surprises. À comparer avec d'autres prestations (oui, je suis allée me documenter quand même), il n'y a pas d'innovations. Et l'originalité de la section in situ ne passe en vérité pas le cap des trois premiers titres. Rapidement, on se retrouve face à un groupe de heavy classique au sens convenu du terme, sans plus se poser la question de l'instrument qui sert cette musique. On ne s'ennuie clairement pas, mais on ne ressort pas non plus de cette performance avec un goût d'exception collé aux papilles auditives. Les autres Finlandais de la soirée ont peut-être déjà trop de bagages pour se laisser aller à de nouvelles audaces ?
Pause. Il en faut aussi. (Apprécions ensemble les coulisses ... non, en fait, je suis restée dans la place, observant à loisir et me fendant la pomme des commentaires assez caustiques de mes comparses de salle)
Changement radical de décors et de registre pour l'entrée en scène du groupe de britrock, Skunk Anansie. Panneaux lumineux dévorant une grosse partie de la scène et jetant sur nous une profusion de couleurs acidulées, défilé de photographies fort symboliques en back drop, stroboscopes et autres jeux luminescents à profusion : le show est axé visuel, sans conteste. Mais ce n'est que l'écrin dans lequel évolue la très charismatique Deborah Dyer (Skin). Crane rasé, tenue ample couleur acier, lorsque la chanteuse arrive sur scène, on sent très clairement qu'elle était attendue de pied ferme. Et pour faire simple, la lead accapare absolument tout les regards et toutes les esgourdes, sa voix fulgurante et son immense présence sur scène faisant du set un one woman show. Il faut dire que là encore, nous avons face à nous une artiste qui ne ménage pas ses effets : très rapidement, nous la retrouvons dans la fosse se laissant porter par le public, ou navigant sur chaque arpent de la scène avec une énergie de tigresse, ou encore caressant les crânes chauves de nos « gentlemen sécurité » avec un sourire mi-moqueur mi-charmeur. Et le public, friand de ce « contact » avec lui, ne cache pas sa joie. Skin est manifestement de ces bêtes de scène, qui se donnent à fond. Mais, car il y a un mais, passé la première et époustouflante vision de cette déchaînée de la scène, on cherche maintenant la musique. Et là vient le point noir que je résumerai par les paroles mêmes de Skin : « do you like fucking bass ? » Pour ceux qui seraient tentés de lorgner du côté de la gratte, si quelques nappes lancinantes peuvent se faire sentir, les basses ont tôt fait d'étouffer le reste, transformant les baffles en véritables soufflets (pratique ce ventilo devant ma pomme !), ruinant tout tentative de flirter avec la mélodie. Résultat : seul le chant reste en avant, sur fond de basse par trop étouffante. Alors certes, cette voix est fantastique, mais sans repère mélodique réel, les titres m'apparaissent malheureusement comme très semblables et l'ennuie me pince au point que je délaisse la salle, restaurer mes tympans. Je suivrai malgré tout la prestation de l'extérieur, mais ne pourrais m'empêcher d'être déçue par l'absence d'un point d'orgue réellement éclatant en fin de set, surtout compte tenu de la note puissante d'entrée de jeu, le dernier titre ne se révélant ni plus ni moins remarquable que les autres. Dommage, je n'ai pas été charmée par cette volonté pourtant réelle d'être pleinement rock ! A revoir dans d'autres conditions, peut-être ?
Passée une coupure plutôt longuette, c'est au tour de The Hives de faire leur entrée. Et cette fois-ci encore, nous en serons pour nos frais question changement d'ambiance. Déjà, si le set de Skunk Anansie se caractérisait par ses puissants jets de couleurs, à cette heure, terminés les flashs et les jeux de rouge, de bleu ou de rose, nous sommes tout bonnement jetés dans un univers monochrome (régal des photographes dont la batterie n'aura pas lâché comme la mienne). Le contraste, ce sont ces gentlemen qui évoluent sur scène, vêtus de costards noir et blanc façon joker, tenues chics pour attitudes insolentes, et qui nous envoient leur garage punk en pleine poire avec une énergie débordante. Les déambulations sont frénétiques, une fois encore. Le lead tout particulièrement, déchaîné, courant d'un bout à l'autre de la scène, sautant de tous côtés, slamant dans la foule, et toujours suivi d'un ninja (oui, vous avez bien lu), en charge de dénouer sans cesse les câbles qu'il entortille derrière lui. Mais les autres membres du collectif ne sont pas en reste, débordant d'énergie également, on les retrouvera parfois couchés au sols ou fendant l'air de leurs grattes, trempés de sueur. Le public, toujours plus heureux, est amplement sollicité, la fosse finissant même par s'accroupir totalement sur l'une des pistes pour repartir de plus belle. On apprécie donc pleinement la bonne claque que le groupe nous envoie avec ces riffs tellement britishs, cette batterie entraînante, cette basse bien en avant et cette voix qui nous emmène avec elle sans peine.
Et maintenant, place à la tête d'affiche. Un petit tour d'horizon ? Oui, la salle est comble. Volbeat et son « metalabilly » prend place sur scène sous une clameur enjouée. Avec son dernier né sous le coude, il était évident que le premier titre lancé serait "The Devil's Bleeding Crown". Et d'emblée, on peut observer tout à loisir que Volbeat ne se trahit pas. On replonge bel et bien là dans ce son archi-entraînant que l'on connait si bien et qui barre d'emblée les tronches d'un joyeux sourire. On retrouve nos trois guitares bien sentie et un Poulsen qui... ma foi, a-t-il pris une ride ? Ce n'est pas à la voix que cela se remarquerait en tout cas ! La présence sur scène sera cependant beaucoup moins chahutée que celle des groupes ayant passé le Zénith au tamis cet après midi. Mais peu importe, l'essentiel n'est pas là. Passée la salve de démarrage, il convenait de saluer les retrouvailles avec un petit détour par "Heaven Nor Hell", repris rapidement en chœur par la foule. Chose appréciable d'ailleurs, si le groupe a effectivement sa promo à faire avec Seal the Deal and Let's Boogie, il était dit que le récital ne se placerait pas sous ce sceau unique. En effet, nous naviguons amplement sur les différent albums du combo, retrouvant avec bonheur l'empressé et brise nuque "16 Dollars", l'incontournable salut de "Fallen", ou encore (merci pour moi, c'est mon préféré), "The Mirror and the Ripper" et ses changements de rythme, si rondement menés une fois encore. Sur l'ensemble de la prestation, on est obligé de constater que Volbeat gagne en homogénéité. Sa personnalité se révèle définitivement identifiable. Cependant les titres retenus ne sont plus ceux qui surprenaient naguère par de radicaux changements de tons. Est-ce une bonne chose ? Personnellement, je ronge quelque peu mon frein. Mais malgré cela, le plaisir d'être là est manifeste et le set remplit clairement son office, celui de me prévoir de jolies courbatures pour le lendemain matin et de rentrer à la casa l'esprit guilleret, quelques notes bien senties enfoncées dans le crâne.

Merci bien Messieurs ! Et merci la Laiterie Artefact pour cette plaisante occasion, une fois encore.


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