1441

CHRONIQUE PAR ...

10
Beren
Cette chronique a été mise en ligne le 10 décembre 2007
Sa note : 17/20

LINE UP

-Mikaël Äkerfeldt
(chant+guitare)

-Peter Lindgren
(guitare)

-Per Wiberg
(claviers)

-Martin Mendez
(basse)

-Martin Axenrot
(batterie)

TRACKLIST

CD1
1)When
2)Ghost Of Perdition
3)Under The Weeping Moon
4)Bleak
5)Face Of Melinda
6)The Night And The Silent Water

CD2
1)Windowpane
2)Blackwater Park
3)Demon Of The Fall

DISCOGRAPHIE


Opeth - The Roundhouse Tapes



Enfin ! Il aura fallu attendre près de douze ans avant que Mikaël Äkerfeldt ne se décide à publier sur disque un témoignage live de son groupe - je ne prends pas en compte le DVD Lamentations - et accessoirement, un des meilleurs best-of de la carrière d’Opeth qu’il eût été possible un jour d’entendre. Leur discographie (huit albums au compteur) est en effet si riche et enlevée qu’il semblait difficile de s’atteler à l’exercice du résumé cohérent et fédérateur; un exercice que le chanteur s’est pourtant escrimé à relever avec panache, pendant la superbe et haletante tournée pour promouvoir la sortie de Ghost Reveries.

Sur ce dernier album, le groupe présente quelques signes de moins bien – les premiers à mettre à leur actif. Mais on ne saurait leur en vouloir, tant la qualité de leurs dernières prestations live a pu effacer les inévitables déceptions qu’un disque à moitié réussi a pu engendrer. Une autre inquiétude, massive celle-là, réside en la capacité de Martin Axenrot à reprendre le lourd flambeau laissé par le départ de Martin Lopez au poste de batteur: en effet, remplacer au pied levé un personnage réputé pour son feeling inestimable – technicité et finesse au service d'un jeu parfois pour le moins brutal - n’est pas donné à tout le monde. Le départ de Peter Lindgren achevait, quant à lui, de compléter la longue liste des interrogations il y a quelques semaines...

Tous ces questionnements risquent bien, en attendant le prochain album studio qui les confirmera (ou non), d’être vains. Pour l’heure, The Roundhouse Tapes (subtil et respectueux hommage rendu au premier témoignage musical d’Iron Maiden) viendra, en effet, les balayer d’un revers de main : au-delà d’un rendu général (mixage, captation live) qui confine souvent au merveilleux – le son est chaleureux, granuleux et laisse transparaître toute l’émotion du jeu des musiciens et de la voix d’Äkerfeldt, une nouvelle fois magistral dans son rôle de béatificateur – ce disque brillera très certainement pour la qualité des compositions qui y figurent, ainsi que pour la prise de risque majeure dans le choix, difficile car contraignant et forcément limité, de la setlist.

Si Lamentations faisait logiquement la part belle au diptyque Deliverance/Damnation, The Roundhouse Tapes va beaucoup plus loin dans l’évocation de l’histoire du groupe: Opeth n’hésite pas à couvrir (presque) toute sa discographie et déterre quelques vieux trésors de guerre (le très réussi "Under The Weeping Moon", le fantastique – et je pèse mes mots - "The Night And The Silent Water" et son final absolument dan-tes-que) tandis qu’il dépoussière quelques classiques ("Bleak", "Demon Of The Fall" et les dix-huit minutes inespérées car peu entendues de "Blackwater Park", assurément le point d’orgue de ce live) pendant lesquels on ne peut que s’incliner face au talent désormais indispensable de Per Wiberg, qui offre aux morceaux une nouvelle consistance. Même Axenrot semble enfin avoir varié son jeu et s’être adapté au style si particulier du groupe. Le tour de force est d’autant plus incroyable que chaque morceau de cet album, qu’il soit récent ou plus ancien, sait s’articuler en fonction des autres et l’on ne peut que constater l’évidence: aucun morceau n’a vraiment vieilli, puisque sublimé sur ce live appelé à faire date.


Au delà de la transcendance proposée sur ce disque presque parfait, on passera, au chapitre des infimes regrets, sur l’impossibilité pour Äkerfeldt, à cause d’un couvre-feu inopiné le soir du concert, de faire figurer sur ce témoignage live l’immense "Deliverance", qui aurait ainsi parachevé ce live indispensable de la plus belle des façons. The Roundhouse Tapes est assurément l’album live de l’année 2007 en plus d’être un cadeau inestimable pour les fans de la première heure. La joie se fait d’autant plus grande que ce live a été filmé pour être décliné, au premier trimestre 2008, en DVD. Hell yeah!


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 1 polaroid milieu 1 polaroid gauche 1