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CHRONIQUE PAR ...

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Crafty
Cette chronique a été mise en ligne le 04 septembre 2007
Sa note : 15.5/20

LINE UP

-Mikaël Åkerfeldt
(chant+guitare)

-Peter Lindgren
(guitare)

-Martin Lopez
(batterie)

-Martin Mendez
(basse)

TRACKLIST

1)The Moor
2)Godhead's Lament
3)Benighted
4)Moonlapse Vertigo
5)Face of Melinda
6)Serenity Painted Death
7)White Cluster

DISCOGRAPHIE


Opeth - Still Life



Et de quatre. Opeth continue son bonhomme de chemin. Un chemin qui passe par un pont : un pont entre la première période d’Opeth, plus brute, démarrée avec Orchid, et la seconde période, plus douce, avec l’arrivée de Steven Wilson à la production. Still Life fait office de charnière dans la discographie des Suédois, par sa position chronologique comme par son compromis entre puissance et docilité, qui a fait leur réputation année après année et aussi par l’arrivée de Martin Mendez à la basse (même si il n’a pas eu l’occasion de jouer sur l’album) et du fait qu’il s’agit du dernier album sortit chez Peaceville. Still Life ne trahit pas pour autant la facette sombre du groupe, toujours omniprésente, jusque dans une pochette tout ce qu’il y a de plus inquiétante et dans l’histoire qu’il raconte, qui n’est pas des plus enjouée.

Still Life est d’abord un tournant pour Mikaël Åkerfeldt, que l’on sait peu confiant sur son chant clair, et qui va pourtant nous gratifier de plusieurs passages abandonnant son style guttural si particulier. Et le fait est que ça marche, ça colle, à tel point qu’on en redemande, il n’y a qu’à écouter le final de "Godhead’s Lament" pour s’en persuader. La confiance acquise est appréciable, les apparitions de plus en plus nombreuses du chant clair de ce cher Mikaël auront une incidence sur la suite de la discographie du groupe, indéniablement. Pire encore pour les fans purs et durs de la première période, Opeth s’aventure sur une voie encore plus marquée : la chanson entièrement acoustique, Still Life se retrouvant ainsi pratiquement coupé en deux par un titre entièrement acoustique avec un chant clair mélodique, "Benighted". Malheureusement, et malgré quelques lignes de guitare tout à fait appréciables, l’exercice paraît encore un peu brouillon en dépit du fait que le titre ne dépasse pas les cinq minutes (contre les huit minutes minimum des autres morceaux), un coup de fatigue touche l’album, au point de rendre plus difficile le seconde partie de l’album.

Ce qui est bien dommage il faut l’avouer, car Opeth tient avec "Moonlapse Vertigo" une de ses meilleures pièces, une parfaite synthèse de ce que le groupe sait faire de mieux, de la brillante et puissante intro aux growls magnifiques en passant par les breaks calmes et apaisants. Vient ensuite ce que le groupe appelle une ballade, et non des moindres, "Face of Melinda". Là encore, pas de chant death, une hérésie pour certains, un coup de maître pour d’autres. Cette fois-ci, la guitare électrique apparaît dans la seconde partie en mid-tempo du morceau, et pour notre plus grand plaisir tant il est vrai qu’un "Benighted"-bis aurait été préjudiciable. Vous comprendrez vite que pour moi, ce morceau touche plus au coup de maître. La fin de l’album, bien que moins marquante, contient néanmoins d’excellents passages, comme le final de "White Cluster" où on saluera la performance de Martin Lopez.


Opeth se lance à corps perdu dans le fignolage, l’orfèvrerie, qui sera encore plus grande avec l’arrivée d’un perfectionniste comme Steven Wilson à la production par la suite. La facette progressive d’Opeth est très marquée, certainement plus que dans My Arms, Your Hearse, et la maturité qu’a atteint le groupe pour aboutir à des titres comme "Godhead’s Lament", "Face of Melinda" ou "White Cluster" sont des preuves de l’indispensabilité de Still Life. Les prémices à ce qu’Opeth fera de meilleur avec un album à très longue durée de vie, qui, sans être indestructible, est d’une solidité rare.


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