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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 17/20

LINE UP

-Mikael Åkerfeldt
(chant+guitare)

-Peter Lindgren
(guitare)

-Martin Mendez
(basse)

-Martin Lopez
(batterie)

+Steven Wilson
(guitare+mellotron+chant)

TRACKLIST

1)Wreath
2)Deliverance
3)A Fair Judgement
4)For Absent Friends
5)Master's Apprentices
6)By the Pain I See In Others

DISCOGRAPHIE


Opeth - Deliverance




Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit ! Non, je n’ai pas dit qu’Opeth avait réalisé un mauvais album, très loin de là. Non, juste j’ai dit qu’Opeth en voulant faire deux albums séparés avec un méchant et un gentil a perdu un peu de ce qui faisait son incroyable force. En effet, le méchant, cet album donc, est trop méchant justement. Opeth perd un peu de sa schizophrénie musicale en voulant trop démarquer chaque album.


Bien sûr on retrouve ces parties si délicates à la guitare sèche et au chant clair associées aux turbulents roulements de double pédale avec les guitares électriques qui décochent de bon gros riffs dans les dents nappés de chant death. Mais problème il y a car d’une les parties plus « rugueuses » sont nettement plus présentes que sur les précédents albums, en fait elles occultent un peu les passages atmosphériques je trouve, et de deux, la production est trop sèche. Le son des guitares électriques est trop cru au même titre que la batterie. Il manque cette touche de douceur qui était présente sur Blackwater Park. Le tout fait moins organique. Par contre la guitare sèche ne pose pas de problème, sachant qu’en plus elle a été assurée par Steven Wilson de Porcupine Tree. Voilà qui est dit, ouf.

Plongeons directement sur ce qui fait que cet album est une véritable tuerie sans concurrent direct. Opeth reste Opeth, même s’il a perdu un peu de son identité, et Mickael Akerfeldt demeure un compositeur de génie. Il suffit d’entendre tous les riffs qu’il a pondu pour cette galette pour se dire immédiatement que c’est de la putain de bonne musique. Car même si l’effet de surprise est passé depuis Blackwater Park, Opeth continue dans sa voie d’un heavy/death progressif avec talent et sans jamais se répéter. Le riff d’introduction de l’album, et de "Wreath" donc, est un modèle du genre. Il écorche bien et donne le ton : on ne rigolera pas sur ce CD. Accompagné qu’il est par une bonne double grosse caisse le doute n’est pas permis. En fait chaque riff est un massacre et il n’en est pas de bancal au juste correct. Tout est bon, rien est à jeter c’est comme la soupe de maman. D’ailleurs, pour revenir au fait qu’il s’agit du CD méchant, cette entrée en matière ne nous laisse pas entrevoir le beauté du chant clair du sieur Akerfeldt, soit 11min de chant death, ce qui constitue une sorte de record. Mais néanmoins un petit passage atmosphérique avec le déboulement de percussions au bon milieu de la chanson vers les 7 minute 30, ça rompt sec l’ambiance et c’est ultra bien trouvé.

Et pour vous prouver que cette galette mérite d’être achetée, voici un petit florilège des passages dantesques du disque. Tout d’abord, LE point culminant de l’album, -the lord a bien raison sur ce sujet. Il s’agit de la fin du morceau-titre "Delivrance", entre la dixième et trézième minute on a droit à une des plus belles mélodies qu’il m’ait été donné d’entendre. Et comme si Opeth savait qu’il tenait là son meilleur bout, il nous en fait profiter bien longtemps histoire que nous dégustions celui-ci à sa juste valeur. Ensuite on va à la troisième minute de "A Fair Judgement" pour se délecter d’un passage à la guitare sèche tout bonnement sublime. Ça saute de corde en corde avec une extrême délicatesse et encore une fois Opeth arrive à nous faire chavirer de bonheur. Tant de beauté en si peu de chose... on a envie de pleurer. Puis direction la cinquième minute de "Masters’ Apprentices" avec son passage à la guitare sèche tout simple mais diaboliquement bien fait et enrobé d’une voix claire comme seul Mickael Akerfeldt peut le proposer. Et enfin nous nous arrêterons sur les cinquième et sixième minutes de "By the Pain I See In Others" qui proposent une aurore boréale au milieu de la tempête. C’est de nouveau un truc tout simple mais c’est beau. Une sorte de claviers tout bizarre que j’arriverai pas à décrire (merci le gars...) mais beau, voilà. Cette chanson nous offre d’ailleurs plusieurs autres petits passages qui cassent bien avec le rythme général et qui sont magnifiques.

Deux trois lignes histoire de parler de la qualité de l’interprétation qui est évidemment irréprochable tout comme le niveau technique de l’ensemble, ça maîtrise à tout va et c’est d’ailleurs grâce à cela qu’Opeth arrive à présenter une musique si complexe et pourtant si fluide. Note pour la basse, on l’entend tellement peu que je serais bien incapable d’en parler, na. Petit mot pour le plus qui faite la différence, le chant. C’est simple, c’est la combinaison d’un des meilleurs chant death que je connaisse avec ce qui se fait de mieux en chant clair. Alors oui à la lecture de ceci vous vous direz « mais il est con, il montre qu’il y a plein de passage doux finalement ». Certes oui, mais si justement ce sont ces passages là que je remarque le plus, c’est qu’ils sont bien isolés comparés à l’habitude. Car je resterai campé sur mes positions, Opeth a manqué un coche pour cet album. Il aurait pu devenir légendaire, il ne sera que génial. Pourquoi diable avoir voulu défaire ce qui fait Opeth ? Pourquoi aussi être revenu chez leur ancien producteur, ce son leur va mal (note de -the lord: le bon vieux Steven Wilson sera de retour pour Damnation ; problème de timing pour produire Deliverance).


C’est à cause de ces deux points que je continue de classer Blackwater Park comme la référence absolue. Ce Delivrance donne une sale impression de raté... et quand on voit le niveau de ce raté on se dit qu’il y avait là lieu de quelque chose de grand. Maudit soit celui qui a donné l’idée de faire deux albums !


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