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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 18 septembre 2026
Sa note : 14/20

LINE UP

-Eric Andrew "A.K." Knutson
(chant)

-Michael Gilbert
(guitare)

-Steve Conley
(guitare)

-William "Bill" Bodily
(basse)

-Ken K. Mary
(batterie+programmation)

TRACKLIST

1) Harvester of Hate
2) Damnation
3) Absolution
4) Blame the Knife
5) Rats in the Temple
6) The Ghost Behind My Door
7) First on the Spike
8) The Edge of Nowhere
9) Last Rites
10) A Taste for War
11) Her Blood Your Pain
12) Anthem for the Broken
13) Not Goin' Down That Way

DISCOGRAPHIE


Flotsam And Jetsam - Rats in the Temple
(2026) - thrash metal - Label : Napalm Records



On sonne. Détestant être tiré de la sieste avant cinq heures de l’après-midi, j’émets un grognement que le livreur interprète comme une autorisation pour entrer. J’ai à peine le temps d’ôter les pieds du bureau qu’il passe sa vilaine tronche dans l’embrasure de la porte.
- Bonjour, j’ai un colis de Napalm Records pour monsieur Foule-Fête, Merci.
- Il est en vacances, c’est moi qui le remplace. Le dernier Flotsam and Jetsam, non ?
- Flot.. quoi ?
- Laissez tomber...


Je soupire et introduis le CD dans le lecteur. Je n’en veux pas à MFF. Le suivi des dinosaures est une tâche éprouvante. Se fader consciencieusement les derniers Maiden, Judas Priest, Deep Purple… et même l’horrible 72 Seasons relève véritablement du sacerdoce. Il a largement gagné le droit à se la couler douce aux Maldives ou aux Seychelles à écouter le doux bruit des vagues. Ça change des riffs usés jusqu’à la moelle recyclés par nos vieilles gloires. Bon, allez, Rats in the Temple, c'est parti… Si je tiens plus de trois titres, je veux bien me faire moine, tiens.
Un mois plus tard.
« Cher MFF, j’espère que tes vacances aux Maldives - ou aux Seychelles ? [ndMFF : mieux, à Nice] - se sont bien passées. Tu auras sans doute appris que j’ai rejoint l’ordre des Ligonnèssiens depuis quelque temps déjà. La vie y est un peu monotone mais on s’y fait, et au moins je n’ai pas à y supporter Sleep Token ou le black metal de TheDecline01. Vie monastique ou pas, je tiens toujours parole. Voici donc mes impressions sur Rats in the Temple - j’ai réussi à dissimuler un discman et quelques CDs derrière le portait de Saint-Xavier dans ma chambre, malin, non ? Tu avais raison, A.K. et ses collègues ont tendance à radoter. Cela fait maintenant quatre fois qu’ils nous servent le même album… mais bon Dieu -pardon - il faut tout de même reconnaître que cette nouvelle livrée pète le feu ! Ken va nous faire de la rétention d’eau aux niveau des chevilles à force de double-pédaler de la sorte ! Et puis ces passages melodeath sur "Harvesting the Hate", "The Ghost Behind My Door" ou "Her Blood My Pain" ou encore cette intro en mode power-synthé sur "Rats in the Temple", si c’est pas moderne, sacrebleu ! Les gars rajeunissent ou quoi ?
Riffs mordants, refrains soignés, quitte à nous offrir quelques remplissages bateaux pour mieux se recentrer sur le chorus, Flotsam démarre l’album pied au plancher, aidé en cela par une production laissant à des années-lumière le son étouffé des premiers albums… Et même si Doomsday for the Deceiver reste inatteignable, je dois reconnaître que le coup de karcher que les natifs de l’Arizona ont donné à leur metal a porté ses fruits. La quasi-intégralité de l’album est jouée à fond les ballons, le temps des ballades semble bel et bien révolu - Escape from what? - et le temps d’une grosse moitié d’album, l’intensité déployée est couplée à une qualité de composition de haut niveau. Des titres aussi furieux que "Damnation" - rien à voir avec le lavement d’Opeth -, "Blame the Knife" et son refrain entêtant, le très remuant "The Ghost Behind My Door" ou encore l’envoûtant "First on the Spike", constituent du matériel de tout premier plan. Néanmoins, cher MFF, comme tu commences à me connaître depuis le temps, tu as compris ce que j’insinue… mais c’était couru d’avance !
Même gavée de viagra et d’amphétamines, une formation annonçant plus de quarante piges au compteur ne peut garder l’inspiration durant une heure. Le coup de mou en termes de créativité se fait sentir à partir du très dispensable "The Edge of Nowhere", suivi d’un "Last Rites", certes percutant, mais franchement anodin niveau mélodie. Afin de faire redémarrer la machine, les artistes ont recours à l’invocation maidenienne. Eric A.K. se mue en Bruce Dickinson, tandis que les mélodies à la gloire de la Vierge de Fer - déjà célébrée par le groupe sur l’album Flotsam and Jetsam - prennent le pas sur le thrash mélodique ricain le temps des quatre derniers titres. La tentative, aussi respectable soit-elle, ne permet pas une récupération totale de la dynamique initiale, mais elle a le mérite de déboucher sur un titre final au refrain puissant et mémorable permettant de conclure l’album sur une bonne note.
»


Innovation zéro. Prise de risque très réduite donc, mais rendement maximum le temps d’une grosse demi-heure extrêmement percutante, Rats in the Temple s’inscrit dans la droite ligne de ses prédécesseurs et, avant de logiquement s’essouffler, nous propose un thrash mélodique modernisé mais pas botoxé qui doit valoir son pesant de cacahuètes en live. La seconde moitié de l’œuvre verse, elle, dans un « tribute to Iron Maiden » plus amusant que véritablement captivant mais qu’à cela ne tienne, Flotsam and Jetsam garde la forme, qu’on se le dise !






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