20216

CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 31 mai 2026
Sa note : 18/20

LINE UP

-Lisa Johansson
(chant)

-Anders Jacobsson
(chant)

-Johan Ericson
(guitare)

-Nicklas Nord
(guitare)

-Daniel Arvidsson
(basse)

-Daniel Erik Johansson
(batterie)

A participé à l'enregistrement :

-Nils Daniel Änghede
(chant sur 3)

-Simon Thomas Bibby (narration)

TRACKLIST

1) I Welcome Thy Arrow
2) The Monochrome Blade
3) Anima
4) The Face of God
5) I Gave You Wings
6) Asteria Beneath the Tranquil Sea
7) Cold Heavens
8) Misanthrope River
9) Lethe

DISCOGRAPHIE


Draconian - In Somnolent Ruin



Dans son duel l’opposant à Draconian, Ialdabaoth va-t-il avoir le dernier mot ? Après six premières tentatives globalement remarquables mais insuffisantes, Draconian est arrivé à s’affranchir du joug qu’impose le démiurge sadico-pervers, maître de ce monde cruel et peu fiable, par le biais d’un Under the Godless Veil frôlant la perfection. Une chose est, toutefois, de tutoyer les vrais cieux, cachés, justement, derrière le voile sans dieu. Une autre est d'y rester…

… et lors des premières écoutes - fiévreuses - d'In Somnolent Ruin, huitième rejeton du groupe suédois, je dois reconnaître que j’ai commencé par répondre « oui » à la question formulée plus haut. Oui, Ialdabaoth a pris le dessus et Draconian est rentré dans le rang. C’est qu’In Somnolent Ruin ne possède pas de titres comme "Stellar Tombs" ou "The Sethian". Le nouvel opus de Draconian privilégie les atmosphères vaporeuses, à la castagne et si "The Monochrome Blade" ou "Cold Heavens" possèdent des passages agressifs, l’ensemble de l’œuvre se révèle largement moins direct et accessible que son prédécesseur et n'offre pas de titre immédiatement mémorable. Néanmoins, au fil des écoutes imposées par la rigueur du chroniqueur qui doit avoir essayé un album plusieurs fois avant de décréter que ce dernier est décevant, un sentiment relativement familier m’a progressivement envahi. Exactement le même feeling que celui expérimenté lors des mes écoutes de No Star Upon the Bridge, unique album d’Hallatar, après la tornade émotionnelle Hour of the Nightingale, unique album de Trees of Eternity. La même injonction susurrée par les Muses. « Persévère… » On peut reprocher plein de choses à ces dernières, notamment leur caractère extraordinairement capricieux, mais elles ne se trompent jamais, tout comme le groupe ne s’est pas trompé en rappelant Lisa.
Celle-ci ne fait pas que remplacer Heike, cette dernière devient Heike le temps de neuf prestations vocales de très haut vol. Les montées dans les aigus soudaines et inattendues qui lui sont imposées sur "Cold Heavens" et surtout sur "The Monochrome Blade" ne sont pas à la portée de la première princesse gothique venue, mais Lisa s’y montre absolument magistrale. Et si, au final, In Somnolent Ruin est un album merveilleux, il le doit en grande partie à sa souriante et talentueuse frontwoman. Il serait toutefois injuste de ne pas souligner la qualité de compositions soignées, faisant, donc, la part belle aux ambiances éthérées, mélancoliques et douloureuses. Une qualité d’écriture qui permet, par exemple, de transformer le piège absolu que constitue la ballade "Anima" et son chant clair en un sublime moment de délicatesse, là où quatre-vingt-quinze pour cent des groupes du genre nous auraient servi un bol de mélasse tue-diabétique. Outre les titres évoqués précédemment, "The Face of God", probable générateur de reprises en chœur du chant de Lisa lors de la future tournée européenne, tout comme le majestueux "Misanthrope River" figurent également parmi les meilleurs moments d’un album qui en regorge. Vaincu, Iadalbaoth reçoit le coup de grâce sur "Lethe", le poignant final. S’il veut à nouveau asservir Draconian, le démiurge des Gnostiques devra encore patienter.


Bien plus secret qu’Under A Godless Veil, In Somnolent Ruin mérite que l’on s’y attarde et que l’on insiste jusqu’à ce que l’illumination se produise. Évidemment, si vous avez besoin de vous défouler après une journée de travail, un album de Revenge est peut-être plus adéquat. Si, en revanche, vous vous sentez d’humeur mélancolique, le huitième album de Draconian saura vous convaincre petit à petit. Laissez-vous donc séduire, vous ne le regretterez pas.





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