Alcatraz Festival 2018


Alcatraz Festival

UN REPORTAGE DE...




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Jour 1 : 11 août 2018

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Jour 1 :11 août 2018



Cette première expérience en terre belge se joue le samedi 11 août (puisque malheureusement je ne pouvais pas assister aux deux autres journées). Le temps est clément (soleil et chaleur convenable) là où la veille, les festivaliers ont eu le droit à de sérieux orages, la boue présente en ce samedi matin en étant les stigmates.


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Le site est à taille humaine, d’ailleurs, le festival annonce 24 000 spectateurs sur le week-end.
Deux scènes sont présentes. La principale, la Prison Stage, en extérieur et sous le chapiteau, la Swamp Stage. Hormis l'absence d’éco-cup  - et donc un terrain ressemblant à un cimetière de gobelets dès la mi-journée - l’organisation (jetons, stands de nourriture et de boissons, WC en nombre et propres) est au top.

La journée commence dès 10h45 avec le groupe américain d’heavy metal Fozzy. Nous écoutons, mes acolytes et moi-même, le set de loin, mais pour une ouverture de festival, l’ambiance est déjà là. Le combo est énergique et motive facilement l’audience. La journée s’annonce bien. D’un point de vue musical, les titres sont relativement cours et directs, agrémentés de petits soli bien exécutés. De toute évidence, une discographie à creuser de retour chez soi.

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S’en suit sur la Swamp stage, les thrasheux de Crisix, puis sur la Prison le groupe d’heavy metal californien Armored Saint. Pour les premiers, j’ai tenu deux titres, n’étant pas spécialement amateur de thrash metal. Pour les seconds, si le set est relativement bien en place, la prestation est un cran en dessous de celle de Fozzy, que ce soit en terme de mélodie et d’ambiance.
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Je zappe volontairement le thrash metal d’Act of Defiance afin de me sustenter avant d’entendre l’appel des finlandais de Battle Beast. Pourtant, le groupe n’était pas dans ma liste des shows à voir. Effectivement, je les avais vu en première partie de Nightwish pour l’Imaginaerum Tour, et leur prestation m’avait laissé plus que perplexe. Pourtant, en ce jour d’été, le groupe n’est pas venu en touriste. Noora, la vocaliste est en très grande forme et enchaîne les notes et montées à la perfection soutenue par des musiciens inspirés et techniquement irréprochables. Le heavy metal mélodique de la troupe fait mouche, notamment sur le tube "Black Ninja" ou encore sur l’excellente "Beyond the Burning Skies", issue de leur dernière offrande Bringer of Pain. Le public semble apprécier ce moment, puisqu’une fois encore l’ambiance est au rendez vous.

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Et l’euphorie ne va pas s'arrêter là puisque Orange Goblin prend place au sein de la Swamp Stage. Les Anglais, qui commencent à avoir une petite notoriété, proposent un stoner metal teinté de doom. Les festivaliers se déplacent en nombre pour voir le combo. Celui-ci va pouvoir se targuer d’avoir mis le feu aux poudres, car nous assistons bel et bien à un véritable show. Le groupe enchaîne les dix titres proposés avec force et énergie. C’est lourd, puissant et parfaitement maîtrisé. Ben Ward, le frontman, est en forme et son charisme participe fortement à faire de ce show un des meilleurs moments de la journée. Pour un non initié au stoner, je suis conquis.  

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Phil Campbell and the Bastard Sons plus tard, retour dans la Swamp Stage pour apercevoir la formation qui monte encore et encore - elle est islandaise et se nomme Sólstafir. Après un début de journée essentiellement heavy et thrash metal, place désormais au rock folk atmosphérique du combo du nord. La foule se fait assez nombreuse et les premières notes de "Silfur-Refur" (issu de Berdreyminn, dernière livraison du groupe) résonnent. Le show est particulièrement captivant et le groupe enchaîne ses œuvres mêlant délicatesse, émotions et passages plus rock voir metal. On retiendra dans la setlist la sublime "Otta" et la classique "Godess of the Ages". Si les membres ne sont pas spécialement communicatifs, tout est carré, voir froid (sans que cela ne soit un défaut, c’est même plutôt en accord avec les sons proposés), on a l’impression que chaque auditeur fait une introspection sur soit même tant l’audience semble hypnotisée par ce que propose les Islandais. Un véritable moment de magie.

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Cependant, le soufflet va immédiatement retomber devant la grosse déception de la journée. Groupe de hard rock américain, qui a connu le succès dans les années 1990, Mr Big va proposer une prestation assez indigeste tant l’ambiance ne prend tout simplement pas. Pourtant le combo a plusieurs atouts, notamment son vocaliste, Eric Martin, à l’aise avec son organe vocal de même que pour communiquer avec le public. Mais cela ne suffira malheureusement pas, Mr Big n’arrivant pas, et ce tout au long du set, à motiver la foule. Il faudra attendre l’avant-dernier titre, à savoir la ballade "To Be With You", pour apercevoir les festivaliers s’enthousiasmer enfin. 


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Je passe mon tour pour Municipal Waste (thrash again) et me faufile sur la Prison Stage pour avoir une place de choix afin de profiter du set d’Epica. Les Néerlandais, qu’on ne présente plus, enchaînent régulièrement les festivals et autant vous dire que leur metal symphonique est rodé. Pourtant, on n’est pas loin de frôler la catastrophe dès le début du concert. Effectivement, les trois premiers titres sont quasi inécoutables tant le son est immonde. Il faudra l’intervention de Coen (le claviériste) puis de Mark (le guitariste et fondateur d’Epica) pour que cela revienne à la normale. C’est dommage, puisque dans cette bouillie musicale se trouvait l’excellente "Victims of Contigency". Après cet incident, tout repart à la normale pour notre plus grand plaisir. Le combo propose une set list équilibrée et taillée pour plaire en festival. Les morceaux les plus percutant du dernier LP (The Holographic Principle) sont là ("Ascension", "Dancing in a Hurricaine", "Beyond the Matrix") tout comme les titres cultes des bataves ("Cry for the Moon", "Consign to Oblivion", "Sancta Terra"). Vocalement, Simone continue de prouver qu’elle a fait des progrès considérables et il n’y a rien à redire sur sa prestation vocale. Mark et ses grunts répondent également à l’appel (six titres sur dix), ce qui axe la setlist sur la sente death, un calcul qui se révèle payant. L’ambiance est au rendez-vous, en témoigne un grand nombre de slams et de pogos. Une prestation réussite, malgré l’accro du début.

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Je regarde ensuite de loin DevilDriver (honnêtement juste le temps de profiter de "Not All Who Wander are Lost", titre issu de l’album The Last Kind Words et dont je trouve le solo juste formidable. Le reste est moins marquant, mais agréable de loin.

C’est ensuite le tour des Norvégiens de Dimmu Borgir qui, après huit ans d’absence, sont de retour cette année avec le clivant et très symphonique Eonian. La troupe de Shagrath débarque au sein d’un décor assez beau, ses membres vêtus de t-shirts déchirés à capuches et maquillage blanc. Le set débute avec deux titres du dernier LP qui, malgré un accueil en demi-teinte à sa sortie, prend une toute autre dimension en live. Si les parties chœurs et symphoniques sont évidemment non jouées sur scène, la partie instrumentale et chantée prend une ampleur différente que sur piste audio. C’est plus brut, plus « black ». Mention spéciale pour "Council of Wolves and Snakes", décevante sur album mais percutante en live avec la prestation scénique qui l'accompagne. Shagrath marque fortement sa présence sur scène et confirme qu’il est un vocaliste des plus talentueux. Le groupe proposera également quelques classiques comme "Gateways", "The Serpent Offering",  "Dimmu Borgir" ou encore "Mourning Palace". L’audience est conquise, le set passe malheureusement beaucoup trop vite. J’espère revoir les Scandinaves rapidement tant le moment passé en leur compagnie peut être qualifié de magique. 


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Pas le temps de se reposer : comme 95% des personnes présentes devant Dimmu Borgir, je me précipite devant la Swamp Stage afin d’assister à la performance d’un autre groupe culte de black metal, à savoir Satyricon. Si les derniers albums des Norvégiens ont laissé beaucoup de fans sur leur faim (mais en ont gagné de nouveaux au passage) la foule est au rendez-vous. Je m’étonne même d’entendre de ci de là des « Satyrrr » jaillir de gorges manifestement féminines, il faut croire que Monsieur plait à ces dames.  Le show comporte onze titres, dont quatre issus de la dernière livraison du combo (Deep Calleth upon Deep). Nous avons droit également à quelques classiques ("K.I.N.G.", "Mother North" ou encore "Fuel for Hatred"). La bande de Satyr va alors proposer une prestation carrée. C’est technique, maîtrisé et parfaitement exécuté.  Le son est lourd, mais les éléments plus « rock » dont s'est doté Satyricon depuis quelques temps apportent indéniablement un plus, notamment pour les non-initiés qui peuvent se délecter sans s'effaroucher devant un black metal de qualité et qui reste malgré tout relativement sombre. Encore un show de belle facture.

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S’en suit le moment complètement  « what the fuck » de la journée, à savoir le show des Nord-Américains de Limp Bizkit. Figure de proue du neo metal durant l’âge d’or du style, le groupe n’a plus proposé d’album depuis 2011. Cela ne les empêche pas d’écumer les festivals à travers le monde. Concernant cette prestation, les personnes dénuées de tout second degré vont sûrement vomir le groupe encore pendant de longues années. Pour ma part, passé le temps d’adaptation à leur show particulier je trouve de quoi profiter. Pourquoi « particulier »? Car les Californiens enchaînent les reprises, mais jamais dans leur intégralité. Nous avons donc droit à du Nirvana, du Pantera, du RATM. Même "Behind Blue Eyes" (reprise de The Who, et énorme succès commercial de Limp Bizkit) est massacré. Autre fait marquant, une tirade anti-Donald Trump, un canard gonflable géant qui occupe pas mal Fred, le vocaliste. On assiste également à une embrouille entre Borland (guitariste) et les agents de sécurité (Borland ayant décidé de passer un petit moment dans la fosse, mais il s’en est fait extirper fissa). En dehors de ça, l’album censé voir le jour depuis 2014 n’étant toujours pas arrivé dans les bacs, le groupe joue six titres issus de Chocolate Starfish and the Hot Dog flavored Water, leur disque comprenant leurs plus grands tubes ("My Way", "Take a Look Around"). L’ambiance est, à mon plus grand étonnement, au rendez-vous malgré le grand n’importe quoi de la prestation, Limp Bizkit proposant simplement de la bonne humeur, des tubes connus de tous, le tout porté par un Fred Durst radieux et très bon frontman. Pour conclure une journée de festival marquée par de très très bons sets, autant vous dire que c’est plutôt pas mal.

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La journée se termine ici pour ma part, et quoi qu’il arrive, je serai présent l’an prochain (pour les trois jours je l’espère). L'Acatraz Festival est un festival qui se démarque par sa taille humaine, un site simple mais magnifique, et une organisation au top (hormis cette histoire de gobelets). Rendez-vous est donc pris pour l'année prochaine !


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