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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 7/20

LINE UP

-Fred Durst
(chant)

-Wes Borland
(guitare)

-Sam Rivers
(basse)

-John Otto
(batterie)

-DJ Lethal
(DJ)

TRACKLIST

1)Intro
2)Hot Dog
3)My Generation
4)Full Nelson
5)My Way
6)Rollin' (Air Raid Vehicle)
7)Livin' It Up
8)The One
9)Getcha Groove On
10)Take Look Around
11)It'll Be OK
12)Boiler
13)Hold On
14)Rollin' (Urban Assault Vehicle)
15)Outro

DISCOGRAPHIE


Limp Bizkit - Chocolate Starfish And The Hot Dog Flavoured Water
(2001) - néo metal pop rock - Label : Interscope



Conversation MSN… Moi (évoquant le fait que je me réécoute l'intégrale Limp Bizkit en vue de la chroniquer) : «Pour l'anecdote, Chocolate Starfish est le seul album que j'ai acheté et revendu dans la même journée». Mon interlocuteur: «Wow ! En même temps il le mérite. Cet album est un scandale». Bien, commençons. L'intro electro de Significant Other était amusante («you wanted the worst, you got the worst») ; celle de cet album est totalement inutile et le «Limp Bizkit is in the house», ils auraient pu se le garder. Le riff qui arrive est bien boeuf, chouette, mais on retombe très vite... Le couplet qui suit n'a plus rien de vraiment groovy, c'est de la pop, et de la pop très synthétique de surcroît.

Fini ce côté profondément organique dû à la prod de Robinson qui donnait cette saveur particulière aux instrus des parties rap : le son Terry Date est froid, numérique, sans relief. Les riffs les plus heavy de ce CD sont au mieux étouffés, au pire totalement annihilés par ce son inadapté. Three Dollar Bill est très, très loin... Les parties mélodiques commencent à toutes se ressembler d'ailleurs : on est toujours dans cette mélodie inspirée Red Hot (vous savez, le titre samplé par Crazy Town sur "Butterfly" ? Ben c'est ça.), alors que le groupe avait sur son premier album parfaitement maîtrisé l'alternance de diverses formes de groove chaud. Ici les effets sans fins sur la guitare empêchent les parties calmes de sonner comme autre chose que de la bête pop pas très inventive, à part "Livin it Up" qui présente un couplet bien hypnotique mais un riff raté pour le refrain, dommage.

Ça y est, le flow de Durst a commencé à être presque insupportable pour moi. L'homme a poussé sa voix dans les aigus et le résultat devient trop souvent geignard, couinant, bref pénible. Il a des fans, je le sais bien, mais que voulez-vous ? Je trouve ça laid. Il continue à refuser obstinément de hurler... Donc pour les parties rap le côté froid et le chant n'assurent pas un résultat tip top. Et sur la longueur de l'album une sensation de froid se met à vous titiller la colonne vertébrale: le pire ennemi du mélomane commence à se montrer, j'ai nommé la soupe. Et pas qu'un peu, de la soupe par hectolitres. Le milieu de l'album est effarant de niaiserie sucrée, truffé qu'il est de tentatives malheureuses d'appâter le chaland en proposant des compos dégoulinantes et sans l'ombre d'une étincelle de recherche. La tentative de ballade électro "The One" est tout simplement horrible, et le titre de rap pur "Getcha Groove On" est ennuyeux au possible.

Un petit moment de repos sur cette galette qui sombre de plus en plus dans le médiocre : "Take A Look Around", le single de Mission Impossible 2 qui reprend le thème ultraconnu et le tord légèrement pour faire une compo énergique et bien foutue. Si l'autre accro au succès avait daigné hurler pour de vrai à un moment donné ça aurait même donné un bon titre de métal ! Pour les titres "méchants" qui restent sur cet album, il faut bien avouer qu'ils ne sont pas totalement ratés mais aucun n'apporte quoi que ce soit par rapport aux titres du premier album en matière de riff qui tape. Le single –trois minutes trente!- "Rollin' (Air Raid Vehicle)" présente un riff assez solide mais qui est ensuite usé jusqu'à la corde. Et même les paroles de l'album sont pauvres : Durst passe un temps insensé à parler de lui et parsème parfois de «Limp Bizkit ! Chocolate Starfish !» ses textes qui acclament son groupe ou insultent ses "ennemis". Tout est centré sur lui, ce qui laisse entendre au passage que ce type ne fait pas semblant d'être un blaireau. L'egotrip est propre au rap, c'est un exercice de style, mais là il y a de l'abus.


Il reste "Boiler", un titre de sept minutes assez ambitieux et réussi. "Hold On", une ballade qui ressemble à celles que Slipknot nous a pondues sur Vol. 3, donc assez jolie et contemplative. Et... C'est tout. Avec "Take A Look Around" ça fait les trois tueries, car le reste est vraiment poussif. Le groupe est à la traîne au niveau artistique: les parties mélodiques n'ont en général pour elles que les lignes de basse de Sam Rivers, que je mettrai toujours en avant car il sauve souvent le groupe du désastre. Ajoutez à un manque flagrant d'inspiration la décision assumée de faire un maximum de singles pour passer dans les "spécial rock" de MTV et vous obtenez un truc à la limite du nauséabond.


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