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CHRONIQUE PAR ...

2
Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 14/20

LINE UP

-Poun
(chant)

-Jag
(chant)

-Scalp
(guitare)

-Snake
(guitare)

-Mario
(basse)

-Franck
(batterie)

TRACKLIST

1)Communication With God
2)Make Your Choice
3)Human Circus
4)Get Out Da Bastards
5)You Can't Save Me
6)Police Stopped Da Way
7)Your Enemy
8)Everlast
9)Project
10)My Mind Is A Pussy
11)Down

DISCOGRAPHIE


Black Bomb A - Human Bomb (2)
(2001) - hardcore néo metal - Label : Sriracha Records



A l’heure de la sortie du monstrueux Illicite Stuff Live (dont on ne s’est pas encore remis), il est temps de revenir sur l’album qui a fait connaître les leaders du métal-hardcore français au grand public. C’est au Black Bomb A des débuts auquel on à affaire, celui avec Jag -ou Djag, les deux orthographes sont présentes dans le livret- au chant aux côtés de l’indéboulonnable Poun. La grande question est évidente: cet album méritait-il de se faire descendre comme il l’a été par mon apprécié collègue Bigtonio? Si vous avez déjà lu mes autres chroniques de Black Bomb A vous devriez avoir une vague idée…

J’ai découvert Black Bomb A avec Speech Of Freedom, donc le chant d’Arno est pour moi une caractéristique essentielle de leur son. Le chant de Jag n’est pas réellement ma tasse de thé, et son style rebutera sûrement pas mal de monde. Car si le growl de Poun est déjà pas mal typé, que dire de l’ex-frontman aujourd’hui parti! C’est aigu, hardcore en diable mais totalement bizarre… Alors que les hurlements de Poun sonnent naturel on dirait réellement que Djag force son organe et il sonne comme aucun autre chanteur connu. En tout cas il dégage une haine de bon aloi à défaut d’être réellement violent.

Autre caractéristique qui refroidira les aficionados de l’ère Speech Of Freedom: le son. C’est déjà Stéphane Buriez aux manettes mais l’homme n’a visiblement pas encore atteint le degré de maîtrise qui sera le sien quelques années plus tard. La prod sonne beaucoup plus garage que celle de l’album suivant qui est un véritable mur: les guitares sont plus sales, moins métal, et les cymbales sont vraiment mixées beaucoup trop en avant. Les chants sont assez bizarrement noyés dans le mix, ils ne ressortent pas autant qu’ils le devraient. Par contre la basse est la grande gagnante et vous n’aurez pas besoin d’un bass boost pour en profiter. Cette production est donc en demi-teinte: au moment de sa sortie le son de cette galette était sûrement digne d’éloges, mais comparé aujourd’hui avec les autres sorties du groupe elle ne fait pas le poids.

Une fois ces petites critiques énoncées, il est temps de s’intéresser au fond: la musique! Que fait Black Bomb A à cette époque de leur carrière? Et bien du métal-hardcore mon bon monsieur, ou plutôt disons du hardcore à tendance métal. Car à ce moment la zique de Black Bomb A sonne bien moins métal que ce qu’ils feront ensuite. Le double chant hardcore est évidemment un facteur énorme dans cette orientation: Jag comme Poun posent un phrasé hyper rythmique qui tire beaucoup plus vers le néo et le rap hurlé que vers le métal. C’est Arno qui tirera plus tard le groupe vers le métal du simple fait de son growl clairement étiqueté thrash/death; mais pour l’instant c’est du jumpy groovy. Chaque morceau possède son atmosphère propre, le point commun étant la pêche et l’énergie dégagées. Le groupe n’avait de leçon à recevoir de personne sur ce plan là dès le départ et chaque titre de Human Bomb donne envie de sauter partout. Le groupe inclut à ce moment de sa carrière quelques éléments ragga récurrents au chant et cela cadre extrêmement bien à leur style de l’époque. On notera également que la mélodie est déjà une base de leur musique, les refrains mélodiques en accords plus chant clair de Poun étant présents. Aucun gros ratage, que de bons titres aux riffs bien pensés qui arrivent à être efficaces et puissants à la fois.

En gros, la seule chose qui dessert franchement Human Bomb à l’écoute est qu’il tient mal la comparaison face à ce qui est sorti après. La quasi-totalité de cet album est présente sur Illicite Stuff Live (neuf titres sur dix tout de même!) et je ne peux m’empêcher de trouver les versions live supérieures aux versions studio. Le son est bien plus puissant, les tempos en général plus rapides et les compos sont littéralement magnifiées par les grognements d’outre-tombe d’Arno. Il reste que ce CD justifie tout à fait son statut d’album-révélation lors de sa sortie. Djag a été une composante essentielle de Black Bomb A pendant des années et je connais certaines personnes qui adorent son chant, donc Human Bomb leur permettra de ressortir leurs mouchoirs.


Mais cet album reste un recueil de titres metalcore sacrément bien fichus, avec une énergie et une puissance dont aucun groupe français du genre n’était capable à l’époque. Les fans ont eu le nez creux en misant sur ce cheval-là, car cet album est aussi une bonne manière de réaliser à quel point les progrès du groupe ont été monstrueux en seulement quatre ans… S’ils continuent à ce rythme où s’arrêteront-ils?


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