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CHRONIQUE PAR ...

71
Arroway's
Cette chronique a été mise en ligne le 09 octobre 2010
Sa note : 15.5/20

LINE UP

-Silje Wergeland
(chant)

-René Rutten
(guitare)

-Hugo Frank Boeijen
(claviers)

-Hugo Prinsen Geerligs
(basse)

-Hans Rutten
(batterie)

TRACKLIST

1)When Trust Becomes Sound
2)Treasure
3)All You Are
4)The West Pole
5)No Bird Call
6)Capital of Nowhere
7)You Promised Me a Symphony
8)Pale Traces
9)No One Spoke
10)A Constant Run

DISCOGRAPHIE


The Gathering - The West Pole
(2009) - rock atmosphérique - Label : Psychonaut Records




Oui, ils l'ont fait. Oui, ils ont surmonté tous les obstacles qui se dressaient sur leur chemin, bravé (presque) tous les dangers qui les menaçaient. Ils sont revenus encore plus forts, encore plus beaux, remontés à bloc pour nous démontrer une fois de plus qu'ils étaient les meilleurs. Anneke était perdue, et bien ils l'ont remplacée ! Avec Silje Wergeland (qui officiait jusqu'ici dans le groupe Octavia Sperati), ils sont revenus avec l'album le plus heavy rock de leur discographie…


Oui, enfin c'est ce que le groupe, encore amputé de leur chanteuse emblématique pour ses auditeurs en désarroi, annonçait à l'époque dans son communiqué : «It will be a very extravert, rock orientated, alive album. Typically the Gathering, but with many new elements. This time it's absolutely guitar driven. For sure.» Okay, pour ce qui est du premier titre "When Trust Becomes Sound", soit approximativement quatre minutes dans tout leur album. Mais ce n'est pas ce sujet qui avait principalement alimenté les conversations autour de The West Pole : est-ce que The Gathering sans son ex-chanteuse serait encore The Gathering ? L'inspiration allait-elle être au rendez-vous et surtout, la nouvelle venue au chant parviendrait-elle à porter dignement le flambeau ? Allons, trêve de bavardage et attaquons le monstre de front : car The West Pole est tout simplement un bon album. Ni moins, ni plus. Silje Wergeland n'est pas une novice et cela s'entend. Sa voix n'a à pâlir d'aucune comparaison, même si l'on reste un peu nostalgique de la personnalité vocale d'Anneke van Giersbergen à l'écoute de ce nouvel opus. Car oui, on ne peut s'empêcher de remarquer un certain mimétisme dans quelques inflexions du chant, forcé pourrait-on dire étant donné que le groupe continue d'explorer les mêmes horizons rock atmosphérique aux voix planantes. Le titre "No Bird Call" en particulier a de quoi rendre particulièrement mélancolique : difficile de ne pas repenser aux ambiances et au chant sur Souvenirs, à la personnalité si marquée.

The West Pole s'ouvre sur un titre instrumental assez rock saturé pour le coup qui semble bien présager de la suite de l'album : on sent du punch, un certain renouveau musical qui, à la fois, marque la transition et reste dans la continuité des précédentes productions du groupe. Avec "Treasure" on attaque véritablement le corps de l'album : le titre est catchy, bien inspiré et l'un des plus dynamiques de l'album avec "No One Spoke" et "A Constant Run". On retrouve les rythmiques épurées mais efficaces à la batterie. Le groupe a beau faire du rock à guitare comme il aime à dire, les riffs restent néanmoins suffisamment discrets pour mettre en avant la voix de Silje. Et surtout, il n'en perd aucunement la composante essentielle des compositions, à savoir ces nappes atmosphériques qui s'étendent plus ou moins rêveusement selon les morceaux. La mélodie de "The West Pole" se pose sur un tempo particulièrement lent et tourne essentiellement autour des claviers et des lignes de chant aériennes et très présentes. Le sensible "Pale Traces" plus racé mais surtout moins apathique joue selon les mêmes règles pour mener vers un final mieux senti. Si The West Pole est plus « rock orientated », il montre aussi une face un peu plus heavy avec "All You Are" et sa rythmique lourde et répétitive qui manque un peu de subtilité. Mais un contrepoids certain à la suite de l'album qui tombe en guimauve.

Car voilà, The West Pole est un album inégal qui démarre plutôt bien avec les trois premiers morceaux et qui s'effondre progressivement en milieu de course. Les morceaux s'étalent en longueur, surtout en ce qui concerne le final de "No Bird Call" pourtant très aérien. Mais voilà, le chant manque d'un semblant de consistance dans ces longues et lentes lignes mélodiques qui se répètent à l'infini et endort progressivement la dynamique de l'album. Les deux morceaux suivants qui poursuivent dans les mêmes ambiances calmes ne relèvent pas la tendance. Heureusement, le final de The West Pole retrouve l'inspiration du début d'album et enchaîne trois morceaux au ressenti et aux émotions marqués. "Pale Traces" en mid-tempo est une montée au feeling subtil et épuré magnifiquement interprétée. "One Spoke" réactive les pulsions rock du groupe avec un final très efficace – bien que l'on puisse reprocher à ce morceau un chant qui manque de mordant comme en milieu d'album. The West Pole conclut sur le titre "A Constant Run", particulièrement emblématique de l'album : à la fois énergique et émotionnel, atmosphérique et bien enlevé, aux lignes mélodiques bien inspirées servies par une rythmique directe, s'achevant sur un instrumental répétant le même schème imperceptiblement transformé.


Avec The West Pole, The Gathering a assuré une transition pas forcément évidente avec une simplicité et une aisance qui rassure quant à l'avenir du groupe. Sans compter que Silje Wergeland remplit parfaitement son rôle, même si on attend pour la suite qu'elle s'affirme d'avantage par rapport au canon vocal du groupe. L'album n'est pas parfait, il souffre notamment d'un déséquilibre et d'une baisse de régime dommageable à mi-parcours. Ce qui ne devrait surtout pas constituer un quelconque argument pour vous priver de la demi-douzaine de très bons morceaux que contient The West Pole.


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