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CHRONIQUE PAR ...

10
Beren
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 17.5/20

LINE UP

-Anneke van Giersbergen
(chant)

-Hugo Frank Boeijen
(claviers)

-Hans Rutten
(batterie)

-René Rutten
(guitare)

-Hugo Prinsen Geerligs
(basse)

TRACKLIST

1)Locked Away
2)Saturnine
3)Amity
4)The Mirror Waters
5)Red Is A Slow Color
6)Sleepy Buildings
7)Travel
8)Shrink
9)In Motion Part Ii
10)Stonegarden
11)My Electricity
12)Eleanor
13)Marooned
14)Like Fountains

DISCOGRAPHIE


The Gathering - Sleepy Buildings
(2004) - rock ambient - Label : Psychonaut Records



Après leur live électrique Superheat, essentiel pour comprendre la discographie, certes assez hétérogène, du groupe, The Gathering se livre à un exercice assez périlleux: le live semi-acoustique. Choix très judicieux, car il permet à la formation hollandaise de proposer un réarrangement d'anciens morceaux, mais dans la continuité de ce qu'ils font aujourd'hui, à savoir un rock subtil, léger, mâtiné de trip-hop. Bien loin du metal atmosphérique et mélancolique de leurs débuts... cette reconversion est ma foi très bien négociée.

Le groupe nous propose donc un live semi-acoustique. Le groupe a ainsi conservé les instruments traditionnels (guitare électrique, basse...), ce qui est très intéressant, puisqu'il ose tenir un tracklisting digne du best-of. Reprenant des morceaux de tous leurs albums (sauf Souvenirs pour une sombre histoire de droits, beaucoup de groupes connaissent cela), certains plus clairement metal (Always, Mandylion et Nighttime Birds) et d'autres issus du virage amorcé par le groupe en 1999 (dont le sublime How To Measure A Planet?, majoritairement), il était dans l'obligation impérieuse de conserver un aspect plus "lourd", même si cela reste relatif. D'où l'apparition bienvenue de la guitare électrique sur pas mal de morceaux ("The Mirror Waters", qui subit une transformation magnifique, et devient meilleure que l'originale; "Travel" et son final prenant, témoin de l'envolée majestueuse de la chanteuse).

Anneke von Giesbergen laissera une trace dans l'histoire du rock, c'est un fait. Elle possède un timbre de voix unique, langoureux, fragile et porteur de sublimes émotions. D'ailleurs, cette voix qui donnait son originalité aux premiers albums (avec elle) est vraiment faite pour l'exercice acoustique et une musique plus douce et mélancolique. Sleepy Buildings est avant tout la démonstration du talent inespéré de la chanteuse, talent conjugué au savoir-faire d'un groupe toujours plus à même de réussir ce qu'il entreprend. Le résultat proposé est classieux, l'interprétation sans faille et les arrangements sont magnifiquement écrits ("In Motion Part II","Stonegarden"). On citera LE gros point fort de cet album: conserver l'aspect fondamental des morceaux tout en en proposant une relecture géniale. Bref, c'est du travail de haute volée, homogène, aux sonorités enchanteresses, que nous propose ici un groupe surprenant, dans le bon sens du terme.

Bien sûr, ce disque ne ravira pas vraiment les purs métalleux, qui trouveront cet album plutôt languissant. Les moments de bravoure sont certes peu présents, mais l'ensemble est suffisamment enlevé pour attirer l'attention des plus mélomanes...et des fans du groupe, qui ne seront décidément pas déçus. Pour ma part, je reste convaincu que le groupe a fait le bon choix en effectuant ce changement de cap: passer d'un metal plutôt réussi mais pas foncièrement fédérateur, à une musique plus sobre, plus intime, mais qui, assurément, supportera les affres du temps sans aucun mal.


Sleepy Buildings est un hymne expressionniste à la mélodie, à la beauté inhérente de la mélancolie. Encore une offrande aux dieux de la musique.


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