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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 01 juillet 2015
Sa note : 15/20

LINE UP

-Nick Holmes
(chant)

-Gregor Mackintosh
(guitare+claviers)

-Aaron Aedy
(guitare)

-Stephen Edmonson
(basse)

-Adrian Erlandsson
(batterie)

TRACKLIST

1) No Hope In Sight
2) Terminal
3) An Eternity of Lies
4) Punishment Through Time
5) Beneath Broken Earth
6) Sacrifice the Flame
7) Victim of the Past
8) Flesh from Bone
9) Cry Out
10) Return to the Sun

DISCOGRAPHIE


Paradise Lost - The Plague Within



« Ah la tuile… surtout éviter de le croiser… ah zut, le voilà ! Bon, je baisse les yeux, peut-être qu’il ne s’en rappelle pas… »
-  Papa !
-  Euh… oui ?
-  Quand je t’ai demandé si je pouvais m’acheter la Play Station 666, tu m’as répondu  « Quand Paradise Lost ressortira un bon album ! » , non ?
-  Euh… je ne me…
-  Et là, il est pas mal le petit dernier non, à ce que j’ai pu écouter…
-  Ah… tu t’intéresses à Paradise Lost maintenant ??...
-  Oui !
-  Mais… euh… tu m’as mal compris… je t’avais répondu « Quand Metallica sortira un nouvel album » ! Alors commence pas, fiston !
« Avec ça, je suis tranquille… quoiqu’avec mon bol, si ça se trouve ils en sortent un dans un mois… »
 
Si en début d’année on m’avait demandé quelles bonnes surprises j’attendais pour 2015, j'aurais répondu « Maître Gims » avant « Paradise Lost ». C’est vrai quoi, cela faisait dix ans, et un album éponyme déjà fort inconstant, que Greg, Nick et leurs amis ne nous avait pas sorti quelque chose de vraiment correct. L’ancienne Idole devenait vraiment Tragique (oui, je sais, c’est moyen et pas original…).   Je n’aurais d’ailleurs pas écouté la moindre chanson de l’album si une éminente membre du forum (Madame Sans Douleur) n’avait pas clamé haut et fort que son amour inconditionnel pour le Paradis Perdu n’était, pour une fois, pas dû à son statut de fangirl indécrottable du groupe, mais bien à la qualité des nouvelles compositions présentes sur The Plague Within. Il se trouve qu’elle avait raison ! Est-ce le Bain de Sang dans lequel s’est plongé Nick Holmes qui a redonné une certaine hargne au vieillard cacochyme, perdu dans une logique connu de lui seul, qu’était devenu le groupe ? C’est possible, mais en tout cas, force est de constater que le grand-père a remis son dentier et mord comme il ne le faisait plus depuis fort longtemps.
Sur les dix titres de l’album, un seul fait figure de filler ("Sacrifice the Flame") et autre excellente nouvelle : il n’y a à déplorer aucun break foireux (bon, si, un peu sur "Return to the Sun", mais pas trop…), le grand défaut de composition des Anglais qui leur a flingué tant de chansons par le passé. C’est pas une bonne nouvelle, ça ? La voix de Nick ? Elle va bien merci. On oubliera les considérations sur à la capacité du chanteur à reproduire les growls en live, parce que là on est en studio, et on se contentera de constater que son organe vocal est parfaitement adapté au chant caverneux parsemé de moments de clarté que l’on peut entendre sur ce nouvel album. Un album globalement gris, âpre, mais qui, paradoxalement, s’avère être bien plus varié que ce que le son, relativement raw, et une écoute initiale nous laissent à penser. Cette variété est d’ailleurs à la fois le plus gros atout de la Peste Incorporée et son talon d’Achille.
Le plus gros atout, parce qu’on ne s’ennuie quasiment pas tout au long de l’album. Paradise Lost se la joue « classic PL »  avec un  titre comme "No Hope In Sight", très Draconian Times dans l’âme, ou encore l’excellent "Victim of the Past",  romantique comme pouvait l’être Celestial Season ("An Eternity of Of Lies") ou doom-death façon vieil Anathema ("Beneath Broken Earth"), mais sait aussi se montrer plus abrasif, comme sur "Terminal", qui n’aurait pas déparé sur Shades of God, voire carrément agressif sur  "Punishment Through Time", dont le riff central en béton armé n’est pas sans rappeler "Pity the Sadness", ou "Flesh From Bone" aux forts relents pagan. Oui, vous avez bien lu : pagan. Et attendez ce n’est pas fini : nos amis de la perfide Albion donnent (un peu) dans le stoner sur deux titres ("Punishment…" et "Cry Out") et vont même chercher leur inspiration du côté de… Septicflesh sur "Return to the Sun"  (pour l’ambiance, n’attendez pas non plus des déferlantes de guitares…). Quand je vous disais que l’album était varié ! Cette diversité s’accompagnant d’une qualité d’écriture certaine et d’une envie indéniable, ce qui fait vraiment plaisir. A tel point qu’on passerait presque sous silence le fait que The Plague Within possède aussi un côté « patchwork »,  « échantillon de nos produits » qui nuit à la cohérence globale de l’album et l’empêche de se convertir en une œuvre magistrale. Mais ne soyons pas pisse-vinaigre, une résurrection comme ça, ça se savoure !

 
« Ah ça, pour une surprise, c’est une surprise, saperlipopette ! Et une bonne, sacrebleu ! »  se serait écrié le Capitaine Haddock s’il avait eu la chance d’écouter The Plague Within, dans Tintin au Pays du Gothic Doom Death (éditions Casterman). Des compositions qui tiennent vraiment la route et qui sont exécutées avec envie, ça fait chaud au cœur. Un peu comme si on se réconciliait avec un ami après de longues années de brouilles. C’est le message essentiel de ce nouvel album porteur d’espoir.
 



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