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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 16/20

LINE UP

-Nick Holmes
(chant)

-Gregor Mackintosh
(guitare+claviers)

-Aaron Aedy
(guitare)

-Steve Edmonson
(basse)

-Jeff Singer
(batterie)

TRACKLIST

1)Never for the Damned
2)Ash & Debris
3)The Enemy
4)Praise lamented Shade
5)In Requiem
6)Unreachable
7)Prelude to Descent
8)Fallen Children
9)Beneath black Skies
10)Sedative God
11)Your own Reality

DISCOGRAPHIE


Paradise Lost - In Requiem
(2007) - metal gothique - Label : Century Media



Ayé. Ils y sont revenus. Des hordes de métalleux frustrés depuis près d’une décennie vont pouvoir se remettre des chocs successifs de One Second et Host, et saluer le retour au giron du métal d'un groupe qu’ils avaient cru à un moment définitivement perdu pour la cause (et qu’ils ont vilipendé au passage parce que bon). Paradise Lost en avait eu marre du gros métal à guitares et était parti dans diverses directions pour ne pas s’ennuyer, et à force de faire autre chose ils ont fini par en avoir marre aussi. D’où ce retour à l’agressivité qui va réjouir les masses ne serait-ce que grâce à sa démarche... mais à part qu’il s’agit d’un album véritablement heavy et que c’est cool, In Requiem est-il un album réussi?

In Requiem est une oeuvre qui laisse planer le mystère sur sa qualité lors des premières écoutes, et qu’on se doit d’apprivoiser. Bien entendu, le retour des guitares saturées est le premier élément qui saute aux oreilles, le parallèle avec Draconian Times et Gothic venant immédiatement à l’esprit. La différence évidente avec l’époque suscitée est le chant : Nick Holmes reste dans les inclinaisons de l’album Paradise Lost, mettant sufisamment de grain dans sa voix pour être agressif mais dans une bien moindre mesure que lors de la première période métal du groupe. Il maîtrise également très bien les modulations entre ce registre et son chant clair, et c’est un des points forts de l’album... qui au premier abord sonne comme Paradise Lost refaisant du Paradise Lost, ce qui réfrène l’enthousiasme.

Il faut dire que le groupe semble reprendre à la lettre sa formule, les petits leads de guitare simples de Mackintosh venant invariablement se greffer sur des progressions d’accords qu’on connaît tous par coeur, car tel est le goth métal tel que Paradise Lost l’a défini. Sauf que la multiplication des écoutes permet de discerner une finesse dans la composition qui finit par donner confiance en la démarche du groupe : oui, ces mecs veulent jouer ce qu’ils aiment sans se répéter. Ce qu’ils aiment a évidemment des caractéristiques que tout fan du groupe peut reconnaître instantanément, mais Paradise Lost ne fait pas le simple coup du retour aux racines pour aller pêcher du fan. In Requiem est un disque qui renferme bien sûr moult gimmicks, mais dans lequel le groupe aligne également certaines de ses plus belles compos.

Le title-track "In Requiem" est du genre qui fera parler de lui : Paradise Lost y balance un riff purement rythmique et y ajoute par touches son légendaire sens de la mélodie. Tout au long de la compo et par tous les moyens possibles : chœurs goths, harmonies de guitares, plans heavy-thrash, passages plus doux à la One Second, tout s’enchaîne comme par magie. "Unreachable" lie les approches pop-électro du passé (ça pourrait être un single) avec une lourdeur heavy bienvenue, et on se dit qu’on tient quelque chose. Car le groupe n’a pas que retrouvé la niaque, il a assume également son passé et nous ressort une sauce heavy/goth/rock de grande qualité mélodique. Dès que la formation balance un gros riff il est énorme, et on entend même les soli et les tempos s’accélérer d’une manière surprenante ("Prelude To Decent", ouch). Du Paradise Lost, mais en nouveau.

"Fallen Children" confie à Holmes une ligne vocale superbe tout en envoyant mine de rien pas mal la sauce dans les couplets, les claviers symphoniques appuient ça et là, les riffs sont du meilleur effet et le passage en twin lead tabasse. On retrouve par moment l’intensité d’un "Divided" en métal, et c’est du miel. Et que dire de "Beneath Black Skies" qui voit Holmes briller autant dans un chant goth grave que dans les aigus et dans l’agressif, et qui sonne comme une version hybride et merveilleuse entre les ambiances glacées de Host et la puissance de Draconian Times? Bien évidemment, les gimmicks mentionnés plus haut sont toujours là, et les petites mélodies de guitare et de clavier feront crier certains à l’immobilisme. Mais comme on le sait déja, quand la formule de Paradise Lost fonctionne ça donne du magnifique. Et là, elle fonctionne.

Oui, sauf que si tous les titres étaient de ce calibre on serait dans la célébration et l’apothéose, et qu'en fait non. On trouve tout de même trop de ces petites recettes déjà évoquées par moments, comme dans "Sedative God" qui n’apporte rien de nouveau sauf un solo avec du shred. Ca s’étend au paroles : le titre final et symphonique "Your Own Reality" pourrait être un joyau si Holmes ne rebalançait pas un «it’s in your (my) heart, it’s in my (your) soul» qu’on a déjà entendu plusieurs fois ("Fader", "Mouth"...). Et cætera : ces petits détails gênants empêchent donc de s’extasier... mais elles n’empêchent pas de se rappeler que le groupe a assuré plus qu’honorablement le changement dans la continuité, et surtout qu’il est toujours capable de composer des chansons qui emportent littéralement l’auditeur à l’écoute... ce qui a toujours été leur atout majeur.


Donc voilà : In Requiem renferme des pépites qui font réellement avancer la musique de Paradise Lost. Le quintette british a pondu un album de métal de haute volée, malgré certaines petites baisses de régime et d’inspiration. Le futur de Paradise Lost va peut-être changer avec cet album (qui sait?), mais gageons que les fans de la période heavy comme de la période plus douce sauront y trouver leur compte... en attendant la prochaine évolution du groupe.


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