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CHRONIQUE PAR ...

57
Painlesslady
Cette chronique a été mise en ligne le 04 juin 2008
Sa note : 15/20

LINE UP

-Nick Holmes
(chant)

-Gregor Mackintosh
(guitare+claviers)

-Aaron Aedy
(guitare)

-Steve Edmonson
(basse)

-Jeff Singer
(batterie)

TRACKLIST

Live at the Koko, London
1)Intro
2)The Enemy
3)Grey
4)Erased
5)Red Shift
6)So Much Is Lost
7)Sweetness
8)Praise Lamented Shade
9)Pity The Sadness
10)Forever Failure
11)Once Solemn
12)As I Die
13)Embers Fire
14)Mouth
15)No Celebration
16)Eternal
17)True Belief
18)One Second
19)The Last Time
20)Gothic
21)Say Just Words

Bonus
1)Interview with PARADISE LOST
2)Fans at the Koko
3)Lost in Europe (2007 tour report)

Promo videos
1)The Enemy
2)Praise Lamented Shade
3)Over The Madness - documentary trailer

DISCOGRAPHIE


Paradise Lost - The Anatomy of Melancholy (DVD)
(2008) - gothique métal gothique - Label : Century Media




20 ans de carrière, 11 albums studios mais 1 seul DVD live (Evolve) après tout ce temps. Le docu-DVD Over The Madness, sorti en automne 2007, offrait déjà une belle rétrospective de carrière à travers les yeux des membres de Paradise Lost et ceux de leurs compères de la scène métal. Mais on attendait toujours le live promis depuis un moment. Il était temps que Paradise Lost gâte un peu ses fans et se plie à l’exercice.


Comme à leur habitude, Paradise Lost a soigné l’artwork (signé par Seth une fois de plus) : le digipak (version 2 DVD et 2 CD) est un bien bel objet. A l’intérieur, un livret reprend un à un les titres du live au Koko de Londres commentés par les 2 piliers fondateurs du groupe, Nick Holmes et Greg McIntosh, qui partagent des anecdotes sur les circonstances d’écriture des morceaux choisis et les souvenirs qui y sont liés. Il faut dire que la tracklist de ce DVD balaie tous les albums (exception faite du tout premier Lost Paradise) et le parcours du groupe de leurs premiers pas en 1990 à l’assurance d’un In Requiem actuel. On pourrait pourtant leur reprocher une set list assez classique et pas vraiment audacieuse : toujours les indétrônables "Say Just Words", "No Celebration", "The Last Time", "True Belief" et surtout "So Much Is Lost", l’unique morceau de Host que le groupe reprenne en live (on va finir par croire qu’ils n’assument pas cet album autant que Greg veut bien le dire). Mais quand on regarde bien, on note des petites surprises et clins d’œil à l’attention des fans : le rare mais sublime b-side "Sweetness" extrait du cd single Seals The Sense, "Gothic" et "Eternal" que le groupe n’avait pas joués en live depuis des années et les titres du nouvel album In Requiem joués en avant-première pour le public de Londres puisqu’il n’était pas encore sorti au moment de l’enregistrement.

Une fois le DVD mis dans le lecteur, on note tout de suite l’excellente qualité de l’image, filmée par Paul M Green et l’équipe Dash Productions qui a travaillé précédemment avec Opeth, entre autres. Le son n’est pas en reste non plus, rien à redire. Là encore, c’était l’affaire d’un pro, Jens Bogren, qui aligne sur son CV des petits noms comme Opeth, Katatonia, Amon Amarth, Symphony X, etc. Dès le début, Holmes annonce au public qu’ils sont filmés pour un DVD, avec son enthousiasme légendaire : « So please have the courtesy to pretend you are enjoying yourselves ». On se rend compte tout de suite que les titres de In Requiem, notamment "The Enemy" sont taillés pour le live. Les morceaux de la vieille époque comme l'excellent "Pity the Sadness", "Gothic", un peu liftée pour l’occasion et "Eternal" passent très bien, même avec le son du Paradise Lost actuel. Étonnamment, le chant clair de Holmes ne leur fait pas perdre en intensité. Je n’en dirais pas autant de "As I Die", clairement moins impactant sans le timbre rageur d’autrefois. Même critique à l'égard de "Embers Fire" jouée bien plus lentement que sur Icon et avec un chant qui ressemble à s’y méprendre à celui de James Hetfield, très déroutant. Voilà qui confirme que Holmes n’est plus du tout à l’aise avec son chant rugueux et agressif de jadis. Ce live prouve en tous cas que si le groupe n’est pas très expansif sur scène, voire un peu statique, il se donne à fond pour offrir un show de qualité pendant 1h30. Et le public visiblement a grandement apprécié, vu les commentaires élogieux des fans à la sortie dans le DVD bonus.

En parlant du DVD bonus, il y a de quoi se mettre sous la dent. D’abord, une interview des 5 membres du groupe dans laquelle les gaillards montrent une fois de plus qu’ils sont loin d’être aussi mélancoliques que leur musique. Enfin… pour peu qu’on pige l’anglais avec l’accent du Yorkshire ! Après plusieurs visionnages, j’arriverai peut-être à tout capter. Lost In Europe est une sorte de reportage-road movie de la tournée européenne de 2007. On suit le groupe en coulisses, en quelque sorte. C’est l’occasion de découvrir un peu le staff du chauffeur de bus à l’ingé son en passant par le stage manager. Ce petit film sympa dévoile un peu la vie du groupe en tournée et ce n’est pas triste. Ça vanne, ça surfe sur son pc portable comme des gros geeks et ça picole sévère tous les soirs (voir la séquence dans un pub avec le "Livin' on a Prayer" de Bon Jovi diffusé à fond). On a bien compris que les Anglais n’étaient pas des tristes sires. Pour ce qui est des clips vidéos, celui de "The Enemy", lui, n’est pas très gai. On y voit les membres du groupe déguisés en forçats et emmenés par des soldats pour être fusillés plus loin. Le clip de "Praise Lamented Shade" se contente d’une prestation live filmée, bof, sans grand intérêt. Puis le groupe clôture ce DVD bonus avec la bande annonce du DVD Over The Madness qui n’était pas encore sorti au moment du tournage. Un petit coup de pub en passant pour les fans qui ne l’auraient pas encore acheté.


Avec The Anatomy Of Melancholy, Paradise Lost offre à ses fans un produit soigné et un contenu de bonne qualité. Ce DVD rend hommage aux 20 années de carrière du groupe et communique bien via les bonus la bonne humeur et la sympathie qui se dégage du quintet. Et pourtant, le fan ultime pourra trouver que tout ça manque un peu de croustillant. Paradise Lost reste sage et classique alors qu’il aurait pu marquer le coup de son anniversaire de façon plus inattendue. Espérons que le prochain sera plus surprenant.


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