CHRONIQUE PAR ...

140
Thierry
le 12 juin 2026




SETLIST

Iron Maiden :

Doctor Doctor (UFO)
The Ides of March
Murders in the Rue Morgue
Wrathchild
Killers
Phantom of the Opera
The Number of the Beast
The Clairvoyant
Powerslave
2 Minutes to Midnight
Rime of the Ancient Mariner
Run to the Hills
Seventh Son of a Seventh Son
The Trooper
Hallowed Be Thy Name
Iron Maiden

Rappel :
Churchill’s Speech

Aces High
Fear of the Dark
Wasted Years
Always Look on the Bright Side of Life (Monty Python)

Avatar :

Dance Devil Dance
Let It Burn
In The Airwaves
Bloody Angel
The Dirt I’m Buried In
Captain Goat
Smells Like a Freakshow
Hail the Apocalypse

AFFILIÉ

Iron Maiden
Toulouse - Zénith
(26 mai 2003)
Paris - Parc des Princes
(25 juin 2005)
Hellfest (Clisson)
(20 juin 2014)
Wacken (wacken)
(31 juillet 2008)
cinéma
(21 avril 2009)
Paris - Bercy
(01 juillet 2008)
Paris - Bercy
(27 juin 2011)

Avatar (Suè)
Paris - La Locomotive
(22 janvier 2008)

20 juillet 2025 - Paris - La Défense Arena


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"Voir Maiden, et mourir." Voilà ce que m’avait dit mon pote Olivier à l’époque, avant même notre premier concert commun en juin 2003 à Paris. C’est lui qui m’a initié aux délices de la Vierge de Fer en 98 alors que j’étais encore lycéen et pu… pur, oui, pur et plus habitué aux rappeurs qu’aux duels de guitares. Et puis un jour de fin 2002, je l’ai appelé pour lui dire "Voir Maiden et mourir ? Ils passent à Bercy en juin prochain !". Bis repetita en novembre de la même année. Alors quand en décembre 2024 il m’envoie un SMS pour me dire "Iron Maiden le 20 juillet à Paris, t’es partant ?", je me suis dit qu’il était temps de ressortir les souvenirs, plus de vingt ans après, avec entre temps un Wacken 2008 pour moi et un Main Square 2014 pour lui.

Après le combo bus/place au départ de Lille en 2003, l'heure est au covoiturage, version monospace avec que du fan de Maiden dedans. Sympa, au moins on n'aura pas à se prendre la tête pour la playlist. Par contre, Christophe, notre chauffeur qui avait pris le soin de réserver le parking et qui se voit contraint d'aller voir ailleurs pour cause de surbooking ? Carton rouge messieurs les profiteurs de gérants de parking. Gros big up à notre chauffeur, d'un calme olympien dans ces circonstances et embouteillages. Allez, rendez-vous ce soir après le concert ! (On cherchera la voiture pendant une éternité tous ensemble...). Premier constat en arrivant aux abords de la Défense Arena: "ah oui, c'est grand". Deuxième constat en voyant la file d'attente: "bon, on a peut-être bien fait de choisir les gradins". C'est qu'on n'a plus les vingt ans de notre premier concert parisien... Un en-cas dans un bar aux abords de la salle et au final, nous voyons la file d'attente se déplacer. C'est l'heure de rentrer dans ce monstre de salle. L'intérieur est tout simplement immense. Digne d'un stade de foot. (Et les sièges ne sont pas super super confortables.) Les gérants de la salle ont la bonne idée de faire chanter les spectateurs au son de Queen ou de Johnny, le tout sponsorisé par une plateforme d'écoute en streaming bien sûr (la com', c'est un métier). Nous sommes assez bien placés, quoiqu'un peu loin. Le concert se fera donc entre prise directe et retransmission sur les deux écrans de part et d'autre de la scène. Une Trooper dans le verre collector (aux couleurs d'"Aces High" pour notre part) en regardant la fosse se remplir, on a le temps de ressasser nos exploits d'antan, façon vieilles gloires.
Jouer en première partie d'un groupe aussi énorme que la tête d'affiche de ce soir, c'est un peu un cadeau empoisonné. J'ai le souvenir de Murderdolls lors de mon premier concert à Paris, qui avait peiné à rassembler les suffrages (ceci est un euphémisme, cher lecteur). Avoir Helloween en guest surprise la deuxième fois était une belle surprise (ceci est un autre euphémisme, chère lectrice). Où va donc se positionner AVATAR ? Plutôt dans la deuxième catégorie, pour notre plus grand plaisir. J'avais déjà vu les Suédois en première partie d'Evergrey au Nouveau Casino en 2006, et au vu du report que j'avais écrit à l'époque, le groupe ne m'avait absolument pas marqué (ceci est... bon, vous avez compris). Entre temps (presque vingt ans sont passés par là), soit le groupe a sacrément progressé, soit j'ai mûri, mais dans les deux cas, j'ai beaucoup apprécié la prestation de ce soir.
Un chanteur très en voix, très versatile pour un show très convaincant. Je dirais que le "cadeau empoisonné" ne l'aura pas été tant que cela, et j'imagine bien les Suédois s'être ajouté un bon paquet de metalheads au sein de leur fanbase...
Après pas mal d'attente, les héros du soir prennent possession de la scène. Nous savons que nous sommes là pour la tournée des cinquante ans (fichtre! "Mais Papa, t'étais pas né!") et que les vieilleries seront de sortie. Nous ne sommes pas déçus: les premiers titres sont tous issus de la période du regretté Paul Di'Anno. Ambiance glauque, vieille rue sale au milieu de la nuit sur l'écran derrière la scène. "Murders in the Rue Morgue", quoi. Gros roulement de batterie, explosions, les frissons, c'est parti. Chaque morceau va avoir droit à sa mise en scène parce que oui, ce soir, nous sommes autant au concert qu'à l'opéra, ou au théâtre. Un spectacle son et lumière, oreilles et yeux, cœur et âme. Quasiment un an après avoir assisté à ce show (qu'il est lent, ce chroniqueur...), j'ai encore les poils qui se hérissent en me remémorant certains tableaux. Car, je le redis, ce soir, Iron Maiden n'a pas joué des chansons. Iron Maiden a interprété, au sens le plus noble du terme, une partition, la Vierge de Fer nous a (r)amené dans son monde. Et le groupe n'a évidemment pas oublié Eddie, notamment sur échasses façon "Killers". Toi, lecteur, tu me jugeras probablement dans l'exagération, le lyrisme ridicule et personne ne saurait te donner tort. Néanmoins, il faut avoir vu ce "Hallowed Be Thy Name" avec Bruce Dickinson enfermé dans une cellule virtuelle et avoir vu la représentation de son esprit libre, lui, vagabondant à travers les cieux. Tout bonnement magique. Je n'en dirai pas plus car peut-être que tu seras à Paris ou à Lyon dans les jours qui viennent. Chanceux. Ou peut-être que tu voudras attendre le DVD qui va - forcément - sortir à la fin de cette tournée.
D'un point de vue plus terre à terre, parlons maintenant de la performance du groupe. Difficile d'imaginer que ces types ont entre soixante-six et soixante-neuf ans. Bruce Dickinson sonne plus juste et mature que jamais, justifiant une fois encore son surnom de Air Raid Siren, et le fondateur et unique survivant des débuts en 1975 Steve Harris galope sur scène à l'image des doigts sur sa basse. Tout comme les trois guitaristes, même si, avouons-le, on les a connus un chouïa plus fringants. Et le petit nouveau, dans tout ça ? Parce que oui, l'évènement majeur dans la carrière récente du groupe, c'est quand même le départ de Nicko McBrain de derrière les fûts. Et bien Simon Dawson ne se contente pas de « faire le taf », il insuffle une nouvelle énergie aux morceaux, avec quelques breaks différents qui montrent que le groupe a fait le bon choix au vu des circonstances. Ah, j'entends frapper à ma porte, probablement une horde de puristes avec torches et velléités d'en découdre. Venez, j'ai de la bière au frais et une opinion bien assumée. Si on en revient à la prestation de Bruce, n'oublions pas qu'il est quand même assez à l'aise dans notre langue, et il ne s'en prive pas. C'est toujours plus sympa d'avoir cet échange avec le public. ("C'est de l'eau? Water, water, everywhere!...")
Dans la mesure où, en comptant ce soir, j’ai vu le groupe trois fois sur quatre sur des tournées best-of (Give Me Ed…, Somewhere Back in Time et donc Run For Your Lives), je me suis amusé à chercher les setlists de ces anciens concerts, histoire de voir quels étaient les titres jamais vus pour moi : il y en a trois ("Murders in the Rue Morgue", "Killers" et "Phantom of the Opera") tandis que six titres auront été joués à chaque fois… les incontournables. Lassitude? Bien sûr que non. Chaque expérience aura été, pour moi, unique. Quand les dernières notes s'estompent, une foule heureuse sort de l'Arena. On se fait évidemment avoir à acheter un T-shirt hors de prix, parce que notre petit cœur de fanboy le mérite bien, et puis ça donnera l'occasion de repenser à ce concert en s'habillant le matin...


Voir Maiden, et mourir… pour la quatrième fois. À chaque fois, une expérience différente, à chaque fois, des souvenirs plein la tête, à chaque fois, ce sentiment d’avoir fait partie d’une grand messe et à chaque fois cette envie d’y revenir. Quatre petites morts comme autant de jouissances.  Rares sont les groupes capables de fédérer autant, au-delà de la sphère des initiés. C’est la marque des plus grands. Maiden est grand. Maiden est unique.


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