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CHRONIQUE PAR ...

124
Shamash
Cette chronique a été mise en ligne le 21 août 2026
Sa note : 18/20

LINE UP

-Ross Dolan
(chant+basse)

-Robert James Vigna
(guitare)

-Alexander "Alex" Bouks
(guitare)

-Steve Salaty
(batterie)

A participé à l'enregistrement :

-Daniel Adam "Dan" Lilker
(chœurs sur "Host" et "Descent")

TRACKLIST

1) These Vengeful Winds
2) The Ephemeral Curse
3) God's Last Breath
4) Adversary 
5) Attrition 
6) Bend Towards the Dark
7) Host
8) False Ascent
9) Banished
10) Descent

DISCOGRAPHIE


Immolation - Descent
(2026) - death metal - Label : Nuclear Blast



Immolation est un groupe que j’affectionne depuis plusieurs décennies. Pour qui est familier des New-Yorkais, il n’est pas difficile de noter la grande régularité dans la qualité offerte par ces derniers. Chaque sortie est donc attendue de pied ferme par les fans, qui espèrent retrouver cette classe. Avec parfois la crainte d’être quelque peu déçus.

Dès les premières minutes de Descent, on retrouve immédiatement l’identité musicale d’Immolation, forgée au fil des décennies par les piliers que sont Ross Dolan et Robert Vigna. La mélodie simple de la guitare laisse exploser une violence bienvenue, rapidement agrémentée d’un riff tortueux pour notre plus grand plaisir. "These Vengeful Winds" est donc une excellente entrée en matière, laissant présager du meilleur. La basse et le chant de Ross Dolan restent un élément central du dispositif, avec ce growl profond, presque étouffé, qui donne à l’ensemble une dimension oppressante constante. Le jeu de guitare de Rob Vigna continue de développer ce langage si reconnaissable, fait de dissonances, de riffs anguleux et de structures rarement linéaires. Sur des titres comme "Adversary" ou "Descent", cette approche atteint un niveau de maîtrise assez impressionnant : les morceaux avancent sans jamais suivre une logique évidente, mais conservent pourtant une cohérence évidente. La batterie de Steve Shalaty, accompagne ces changements permanents avec brio, liant parfaitement le tout. Comme d’habitude, l’ensemble laisse une impression de chaos contrôlé, ce qui s’avère une fois de plus impressionnant.
Ce douzième album présente également d’excellents passages plus lourds, laissant échapper une atmosphère étouffante, véritable marque de fabrique d’Immolation. Le groupe ne cherche pas à accélérer inutilement ni à multiplier les effets, préférant installer une tension continue. L’on se laisse alors gentiment emporter dans les tréfonds tissés par le quartet. "Bend Towards The Dark" est un parfait exemple de cette approche, qui, si elle ne surprendra pas les aficionados d’Immolation, demeure toujours aussi impressionnante. Le travail rythmique, notamment de Steve Shalaty, qui ne cherche pas à épater la galerie par une course de vitesse vaine, est encore ici remarquable. Il renforce l’aspect rampant qui colle aux compositions du groupe depuis ses débuts. La production, claire mais jamais aseptisée, met en valeur ce travail d’écriture en laissant respirer les dissonances et les variations de dynamique, sans chercher à lisser les aspérités.
Vous l’aurez saisi, ce qui frappe ici, c’est la constance du groupe. D’aucuns regretteront le manque d’originalité, alors qu’Immolation continue de creuser le même sillon, en affinant progressivement son écriture. Chaque écoute permet de saisir de nouvelles subtilités dans les guitares ou dans les placements rythmiques, voire dans les aspects vocaux, avec l’apparition discrète mais bien amenée de Dan Liker sur "Host" et "Descent". L’on a beau être habitué, mais c’est toujours un plaisir de découvrir un nouvel album du groupe, qui maintient un niveau de forme réellement saisissant.


Sans révolutionner quoi que ce soit, Descent s’impose comme un nouvel exemple de ce que le death metal peut produire de plus sombre et de plus maîtrisé. Immolation livre un album dense, cohérent et particulièrement bien composé, qui pour ma part sera à ranger aux côtés des meilleures sorties du groupe. Un des albums de l’année, à n’en point douter.





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