20221

CHRONIQUE PAR ...

100
Merci foule fête
Cette chronique a été mise en ligne le 05 juin 2026
Sa note : 14/20

LINE UP

-John Elliot
(chant)

-Martin "Sweet" Hosselton
(chœurs+guitare)

-Chris Young
(chœurs+basse)

-Michael "Sweet" Hosselton
(chœurs+batterie)

TRACKLIST

1) Satizfaction
2) Sick Enough For Me
3) Chaos Magnetic
4) Can Of Worms
5) Loveblind
6) Get Out
7) Quitter
8) Killing It Now
9) Silent Place
10) Edge Of A Knife

DISCOGRAPHIE


Crashdïet - Art of Chaos
(2026) - hard rock glam - Label : Ninetone Records



Spécialisée dans le placement de chanteurs depuis vingt ans, l’agence d’intérim Crashdïet a élargi son périmètre en proposant désormais ses services aux instrumentistes. Depuis l’album Automaton paru au printemps 2022, bassiste et batteur, pourtant engagés de longue date, ont quitté le collectif, laissant le soin au guitariste Martin Sweet de mener le recrutement. Ce dernier s’est facilité la vie en embauchant son jeune frère derrière les fûts et en se faisant prêter le chanteur de Confess, groupe de sleaze suédois en copie conforme de Crashdïet. L’équipage bouleversé sera-t-il à la hauteur pour mener le navire du fun à bon port ?

Riff nerveux, chant énergique, refrain racoleur : c’est ce qui est attendu, et c’est ce que délivre le quatuor sur "Satizfaction" en ouverture. Les chœurs sont généreux, un peu trop sur le ralentissement post solo. Le morceau est concis, efficace. Crashdïet. La production dégage la puissance suffisante pour valoriser les compositions et plus particulièrement les inflexions légèrement éraillées de John Elliott, qui évoquent par moment Nicke Borg, notamment sur "Sick Enough For Me" et "Quitter", très Backyard Babies époque Sliver and Gold. Le successeur de Gabriel Keyes accomplit un boulot irréprochable à défaut d’être distinctif, insufflant la vivacité nécessaire pour doper les ritournelles sucrées qui garnissent le recueil telles que "Can Of Worms". Des modulations discrètes relancent astucieusement l’attention, la guitare, bien qu’insicive, reste avenante mais de nombreux ralentissements brident la fougue des Scandinaves, empêchant "Get Out" sous influence Cinderella d’être le brûlot que promettait son amorce musclée.
Une impression tenace d’uniformité s’installe dans ce cocon rassurant à mesure que défilent les pistes, pourtant dotées de refrains se voulant accrocheurs, celui de "Chaos Magnetic" par exemple. Certains titres glissent sans laisser de marque durable, dont l’unique ballade "Loveblind", le gentillet "Silent Place" façon "Back for More" de Ratt doté d’un solo plus long que la moyenne ou encore "Edge Of A Knife", final parti sur les chapeaux de roue mais qui finit par tourner à vide. Quand la troupe parvient à maintenir la tension de bout en bout tout en sortant le refrain qui colle au cortex, cela donne le vivifiant "Killing It Now", occurrence trop isolée pour faire totalement illusion.


Le personnel a changé mais la musique pas du tout. Les remplaçants des membres historiques de Crashdïet préservent l’héritage glam qu’ont fait fructifier leurs prédécesseurs. À l’image du nouveau chanteur, Art of Chaos est une œuvre à la fois robuste et frustrante, son absence d’audace interdisant toute surprise. Agréable, enlevé, trop sage, le septième long format du gang de Stockholm manque de repères forts. Cependant, il rassurera celles et ceux qui se demandaient si ce dernier avait encore un avenir.



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