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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 15 juin 2024
Sa note : 13/20

LINE UP

-Michael Allan "Mike" Patton
(chant)

-Preston Lea "Trey" Spruance III
(guitare)

-Roswell Christopher "Roddy" Bottum
(claviers)

-William David "Billy" Gould
(basse)

-Michael Andrew "Mike" Bordin
(batterie)

TRACKLIST

1) Get Out
2) Ricochet
3) Evidence
4) The Gentle Art of Making Enemies
5) Star A.D.
6) Cuckoo for Caca
7) Caralho Volador
8) Ugly in the Morning
9) Digging the Grave
10) Take This Bottle
11) King for a Day
12) What a Day
13) The Last to Know
14) Just a Man

DISCOGRAPHIE


Faith No More - King for a Day... Fool for a Lifetime
(1995) - barré - Label : Slash Records



Lorsqu’en avril 1995, je vois Mike Patton hurler les paroles de "Digging the Grave" à la face du public profane français sur le plateau de Nulle Part Ailleurs, je me sens heureux. Mon groupe préféré de l’époque interprétant l’un de mes titres préférés, découvert en single quelques jours auparavant… Un sentiment de plénitude et de condescendance m’envahit. Celui de l’initié regardant les manants profiter d’une musique qu’ils ne peuvent pas apprécier. Et une jubilation intérieure : « Mazette, si tout l’album est comme ça… » Et puis, pschitt.

Car non. Tout l’album n’est pas comme ça. Je déchante d’autant plus rapidement qu’Angel Dust a été, avec Thresholds de Nocturnus et The Scriptures de Christian Death l’un de mes piliers vitaux lors des éreintantes préparations aux concours d’écoles. Je puisais alors le courage nécessaire à ma survie mentale dans la musique surnaturelle de la Poussière d’Ange, continuation jouissive et sombre du lui-même extraordinairement jouissif The Real Thing. Alors quand s'égrènent les premières notes de "The Last to Know", parangon ultime du filler moisi, j'explose… Trop, c’est trop ! Après la country et la bossa nova, pourquoi pas la polka austro-prussienne ? J’appuie sur stop. Il faudra attendre ce printemps 2024 et la campagne de chroniques d’albums classiques lancée par MFF pour que je me replonge dans l’étonnant univers du cinquième album des Californiens, le premier sans Jim à la guitare. Le temps a fait son effet et c’est avec apaisement que je me penche sur la cause de mon désamour envers Faith No More, qu’un Album of the Year plutôt sympa n’avait qu’à moitié atténué. Verdict : cet album n’est pas la bouse que je me plaisais à décrire à l’époque. Certains des titres figurent même parmi les meilleurs que la formation aie jamais composés. Outre l’exocet "Digging the Grave", "Ricochet", sublime réminiscence d’Angel Dust me donne même la chair de poule. Roddy, honteusement mis en retrait sur une grande partie de King For A Day… est ici bien présent et accompagne somptueusement la hargne mélancolique de Trey.
"Evidence", superbe ballade moitié groove moitié croonée, s’avère également très séduisante, tout comme l’épique morceau éponyme. Positionné assez tôt sur l'album, le surprenant funk de "Star A.D. " est plutôt une agréable surprise. Seulement voilà, et le constat n’a pas changé trois décennies plus tard : l’excès nuit. L’excès d’éclectisme, d’une part. Faith No More s’est toujours caractérisé par son ouverture d’esprit et son intégration d’horizons musicaux différents. Mais jusque-là, ils arrivaient à garder une cohésion dans leur propos, alors que là, la juxtaposition de titres metal à la "Surprise You’re Dead!", pas toujours très inspirés, et de chansons issues de familles musicales hétéroclites, pas toujours folichonnes non plus, donne la sensation que les artistes ont privilégié l’esbroufe à la qualité – franchement, "Caralho Volador", tout bossa nova qu’il soit, est-il un bon titre ? L’autre problème, c’est la facilité avec laquelle Mike gâche des chansons. Deux, pour être exact, vu que "The Gentle Art of Making Enemies" n'offre pas grand chose à gâcher. « La confianza da asco », dit-on par ici. La confiance, c’est dégoûtant. Après deux sublimes albums où il se montre parfait, le sieur Patton, qui s’était bien tenu jusque-là, nous gratifie de ses hurlements stridents et désagréables dont il parsème ses autres projets musicaux. Résultat : "Ugly in the Morning" et surtout "Cuckoo for Caca" sont bons à balancer aux chiottes. Dans le cas du second titre, ça cadre, me direz-vous, mais c’est tout de même rageant, car musicalement cette chanson, hommage aux Britanniques de Defecation, s’avère puissante… Bref, les années ont passé, le constat est désormais plus nuancé, mais le fond de ma pensée reste inchangé. Avec pleins de gros bisous à la tribu des Patton maniacs. Puissent-ils ne jamais lire ces lignes...


L’éclectisme ostentatoire ne m’a jamais paru une bonne chose, ni en musique, ni ailleurs. La démonstration de puissance versatile opérée par Faith No More sur King For A Day… s’est faite au détriment de l’unité d’une œuvre fragmentée, où Mike se lâche un peu trop au goût de mes tympans sensibles. Paradoxalement, il recèle tout de même certains des meilleurs titres composés par le groupe. Ah ces excentriques, je vous jure… ils ne font rien comme tout le monde !



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