CHRONIQUE PAR ...

77
Sven
le 21 juillet 2015




SETLIST

At The Gates Of Midian
Cthulhu Dawn
A Dream Of Wolves In The Snow
Summer Dying Fast
Honey And Sulphur
Right Wing Of The Garden Triptych
Nymphetamine (Fix)
Born In A Burial Gown
Cruelty Brought Thee Orchids
Her Ghost In The Fog
From The Cradle To Enslave


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Il est des formations dont la réputation scénique est désastreuse. Cradle Of Filth en fait très certainement partie. Son indigent, apathie sur scène, leader insupportable, chant exécrable... tous ces qualificatifs ont fleuri à un moment ou un autre pour désigner la prestation du groupe en concert. Et malgré tout cela, la foule est plus que consistante et impatiente à l’approche de l’entrée de jeu des Anglais sous le chapiteau du Temple en cette soirée de samedi. Et les réputations n’existent que pour être défaites…

Cradle Of Filth est en pleine renaissance. Line-up profondément remanié avec pas moins que quatre nouveaux membres officiels, nouvel album attendu incessamment après plusieurs offrandes en demi-teinte (c’est le moins que l’on puisse dire) et des morceaux inédits alléchants, ses fans se pressent en cette chaude soirée de samedi du Hellfest pour écouter ce que le lutin Dani peut proposer en live en 2015. Comme à son habitude, le décor est travaillé mais toujours un peu kitsch, et les musiciens entrent en scène sous les acclamations au son de "At The Gates Of Midian", le tout dans une lumière bleutée du meilleur effet. Première impression : le nouveau guitariste Ashok ressemble comme deux gouttes d’eau à Galder, des « ennemis » de Dimmu Borgir. Deuxième impression : Lindsay Schoolcraft est peut-être sympa et sans doute douée, mais son clavier arrondi est minimaliste et semble minuscule. Un peu paradoxal pour un groupe dit « symphonique ». En espérant que cela ne préfigure pas un concert noyé sous les bandes.
Le premier morceau joué sera "Cthulhu Dawn", tiré de Midian. Une fois de plus, l’ingé son est à la ramasse et les premiers hurlements de Dani sont inaudibles, alors que la batterie est bien trop forte. Heureusement, cela est très vite réglé et le chanteur peut balancer ses cris suraigus si décriés à l’envi, et il ne s’en prive pas. Il est en voix et assure plutôt bien le spectacle en se déplaçant sur toute la scène. On sent une certaine cohésion dans le groupe entre les différents musiciens, et l’autre guitariste, Rich Shaw, fera le spectacle en se mettant de grandes beignes dans la tronche et en haranguant la foule dès qu’il en aura l’occasion entre deux riffs.

Par contre, alors qu’on attendait la claviériste au tournant concernant ses lignes instrumentales, c’est du côté de son chant que se situera vraiment le problème. En effet, pendant plus de la moitié du show, pourtant réussi par ses congénères, elle chantera tantôt faux, tantôt de manière mal assurée. Un gros gros souci quand on sait l’importance du chant féminin sur "Cthulhu Dawn", "Honey And Sulphur" ou encore plus grave, "Nymphetamine". On en viendra à être rassuré que les bandes fassent une bonne partie des chœurs et du chant lyrique. On s’énervera même de la voir remuer la tête comme une fangirl sans toucher à son instrument pendant les orchestrations. Mais laissons lui le bénéfice du doute, du fait de son intégration récente et de sa marge de progression. D’autant plus qu’elle sera bien meilleure sur le nouveau morceau, inédit en live, "Right Wing Of The Garden Triptych", ainsi que sur la fin du concert.

Il convient également de parler de la prestation du groupe en général. Car contre toute attente et malgré ces quelques défauts, elle sera plus que convaincante. Dani, lui, assurera vraiment bien son chant. Rassurant, il n’est pas là que pour sauter partout en arborant son joli maquillage et son déguisement à clous. Growl profond, chant hurlé, cris stridents bien maîtrisés, le frontman rassérène son public quant à ses qualités vocales. Du côté instrumental, le son sera bon une fois réglé, et les lignes de guitares et même la basse seront agréablement audibles. Quelques soli bien sentis, du riff brise-nuque, un Martin Skaroupka bien en jambes et en bras, des lumières et des interludes bien travaillés. Du côté de la setlist, toutes les époques sont de la partie, on note quelques surprises ("Burn In A Burial Gown" ou "From The Cradle To Enslave" en guise de rappel) et surtout des indispensables attendus par tout un chapiteau ("Her Ghost In The Fog", "Cruelty Brought Thee Orchids"). Et globalement une qualité musicale allant en s’améliorant au fil des morceaux. Au final, une heure très bien remplie et de fort belle manière pour ce que l’on annonçait comme un échec probable du Hellfest.

Le changement radical a-t-il fait du bien à Cradle Of Filth ? Très certainement, au vu du show proposé ce soir. En dépit de ces problèmes de claviers et de chant féminin, et grâce à une nouvelle équipe dynamique, à une setlist piochant dans toute sa riche discographie, mais également à son leader, pour une fois très bon en live, le groupe anglais a fait taire ses détracteurs. Pourra-t-il tenir son niveau ? Réponse cet automne pour la prochaine tournée européenne…


Crédits photo : Raphaël Meert

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