CHRONIQUE PAR ...

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S1phonique
le 02 juillet 2015




SETLIST

Scourge of Iron
Demented Aggression
Evisceration Plague
Stripped, Raped and Strangled
Kill or Become
Sadistic Embodiment
Icepick Lobotomy
I Cum Blood
Make Them Suffer
A Skull Full of Maggots
Hammer Smashed Face
Devoured by Vermin

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Cannibal Corpse
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Cannibal Corpse de retour au Hellfest. Quoi de plus normal pour une édition se voulant Best-of. Comment ne pas imaginer la présence des bouchers musicaux, maîtres dorénavant hors catégorie et incontestés dans leur musique ? Même si les albums ne sont à présent que quasi prétexte pour tourner et tourner encore, la bande de Georges de la Grunt sait faire vivre ses setlists et prouver quel groupe de musiciens elle reste.

Pour tenir, faire venir et surtout faire revenir ses fans et le public en tournant autant, il faut savoir faire vivre les setlists, et le groupe a toujours réussi avec la manière. Il ne suffit pas de faire la liste des hit-kills pour durer dans le temps et à la grande surprise du jour, le set, en presque deux temps, va le prouver. Le groupe a rempli d'un coup Altar jusqu'à son entrée et le public se masse également devant l'écran géant installé là, histoire de (mieux) voir et entendre les héros du moment. Un backdrop noir avec le logo du groupe fera office de décor sur la scène. Les musiciens arrivent ensemble sous les acclamations grandissantes du public. Le public du devant est bien remonté et commence à légèrement pogotter, alors que le concert n'a même pas commencé. Débarque lentement et nonchalamment George qui, chose étonnante pour le personnage, ne parvient pas à dissimuler un léger sourire. A se demander si celui ci est trop hydraté pour monter sur scène puisqu'on aura pu le voir profiter des pubs du Hell Coty Street en début d’après midi (peu importe, la prestation va être forte).
Le concert commence lourdement et puissamment, mais en tempo moyen puis rapide, en ne plaçant pas les sprints de riffing et de blast. : "Scourge of Irone", suivi de "Demented Agression" font mouche et le niveau technique du groupe et son habituelle impression de simplicité de jeu étonne déjà celui qui l'a vu  ou qui le découvre. Ce début de set est d'ailleurs surprenant puisque ne permet pas l'explosion du mosh pit, malgré son entassement de guerriers plus ou moins chargés de divers breuvages, prêts à éliminer dans la joie et la boucherie. Alors, ça démarre à coup de bras levés et de sauts de pieds de malins, mais le tempo oblige finalement un brutal death mesuré. Que c'est efficace ! Le son est bon, le début de "Evisceration Plague" marque vraiment la fin du tour de chauffe du groupe. On sent celui ci totalement dans son set et le Cannibal va peu à peu s'approprier le site et déployer sa lourde puissance pour les trois quart d'heure qui lui reste. Les slams vont fleurir progressivement et, loin de pourrir le badaud, ravir l'escouade de sécurité du devant de scène qui, comme chaque année, se montre la plus sympathique des équipes, ayant bien compris l'esprit du crowdsurfing (à la différence de certaines équipes parisiennes toujours prête à accueillir le slameur d'une petite manchette bien traître).
Le groupe vient d'envoyer un quart d'heure de son paraissant à peine deux minutes. Chacun prend alors le temps de boire un coup pour envoyer la partie suivante du concert : celle qui va accélérer le tempo et le massacre auditif (dans le bon sens du terme). George parait même plus communicatif, répondant au public hurleur par une espèce de « ben quoi ? » bras ouverts, sourire chevelu. "Stripped, Raped and Strangled" démarre, les pogos ne vont plus s'arrêter, les slams non plus. Le public connait d'autant plus les morceaux joués que tout Altar va se mettre au « diapoison » du Cannibal pour se faire lentement dévorer de plaisir. "Kill or Become" prend toute sa démesure, la chanson sortait déjà du lot sur l'album et on se rend compte qu'elle peut rejoindre la liste des compositions puissantes du groupe. L'explosion finale des titres restants avec des pavés comme "I Cum Blood", un remarquable "Make Them Suffer" ou "A skull of Maggots", sont toujours joués avec la même puissance, le public prend ses mandales sans retenue. C'est déjà l'heure de la doublette "Hammer Smashed Face", hymne « cannibalien » (qui verra notamment un gars du public danser avec un vrai marteau - l'art de pousser la blague à son sommet, ou comment passer pour un crétin et donner des billes faciles aux (n)antis) et "Devoured by Vermin" clôturant  un set réussi. Une prestation qui montre, pour ceux qui n'auraient pas encore compris la leçon, quel groupe incroyable est Cannibal Corpse, réussissant musique extrême studio ou live avec une facilité déconcertante.

BAM ! Cannibal Corpse ne manque que rarement une prestation scénique. Le niveau technique des musiciens est absolument incroyable tant individuellement que dans la cohésion faite dans le jeu. Ajoutons un chanteur au charisme étonnant avec si peu de mot (et beaucoup d'humour, quoiqu'on en dise) et vous obtenez l'un des meilleurs concerts du jour. On a presque l'envie de dire : « comme à chaque fois ». En effet, assister au set, même raccourci (festival oblige), est toujours un moment de kiff musical, sans prétention ni exagération. 


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