CHRONIQUE PAR ...

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S1phonique
le 01 novembre 2014




SETLIST

Cannibal Corpse
Staring Through the Eyes of the Dead
Fucked With a Knife
Stripped, Raped and Strangled
Kill or Become
Sadistic Embodiment
Icepick Lobotomy
Scourge of Iron
Demented Aggression
Evisceration Plague
Dormant Bodies Bursting
Addicted to Vaginal Skin
The Wretched Spawn
Pounded into Dust
I Cum Blood
Disposal of the Body
Make Them Suffer
A Skull Full of Maggots
Hammer Smashed Face
Devoured by Vermin Revocation

Revocation
The Hive
Teratogenesis
Deathless
Dismantle the Dictator
Fracked
Madness Opus
No Funeral 

AFFILIÉ

Cannibal Corpse
Wacken
(31 octobre 2007)
Hellfest (Clisson)
(21 juin 2015)
Clisson - Hellfest
(22 juin 2007)
Paris - Bataclan
(04 février 2013)

Revocation
Paris - Le Divan Du Monde
(26 octobre 2016)

27 octobre 2014 - Tournée


Cannibal_Corpse_-_Aeon_-_Revocation_Tournee_20141027

Pour la sortie de son treizième album, Cannibal Corpse aura prévu pas moins de cinq dates françaises pour la tournée européenne de promotion. Il n'en fallait pas plus pour que les Eternels se déplacent sur un maximum de dates, histoire de reporter au mieux les prestations du rouleau compresseur de Floride. Accompagné de Revocation et de Aeon, les soirées se promettaient délicieusement éprouvantes. Retour pour les dates toulousaine, parisienne et lilloise. Du nord au sud... Beauhaaa !

27 Octobre - Toulouse - Le Bikini par Sven

Une tournée Cannibal Corpse pas loin de chez soi, on peut avoir tendance à penser, quand on est metalleux et même si on n’est pas fan du groupe, que c’est difficilement ratable quand on ne les a jamais vus sur scène. Surtout pour 11,60€. C’est dans l’optique d’en prendre plein les osselets de l’oreille interne que je me rendais au Bikini à Toulouse, mais raisonnablement quand même, n’étant pas fan du pogo ni de l’affrontement  « in da pit », comme disent les ricains. Quoi ? Des premières parties, vous dites ? Pas vraiment intéressé… Donc Aeon, on oublie, étant arrivé trop tard. Revocation, sympa et relativement varié dans le style thrash technique avec incursions jazzy et un chanteur qui se donne pas mal. Le genre de première partie qui donne envie d’écouter tout ça sur disque.
Mais trêve d’amuse-gueules, on s’envoie une bonne bière et, après une pause pour faire les balances, les monstres sacrés du death US entrent en piste, attendus par une foule chevelue et impatiente. Et là, c’est une autre soirée qui débute. L’émeute est au rendez-vous au centre de la fosse, ça se balance bien les uns sur les autres, sans dégénérer en guérilla urbaine ni en ring de catch pour autant. Sur scène, Corpsegrinder enchaîne growls puisants et moulinets de cheveux, imposant sa vaste carrure au milieu de ses musiciens. Pour le non initié, impossible de comprendre un traître mot aux paroles, mais bon, on s’en fout, on n’est pas là pour ça. On a dit puissant, pas intelligible ! Ça bastonne sec et c’est ça qui est bon.
On ne comprend rien aux paroles, mais on ne comprend pas non plus grand chose à ce qui se joue. Une chose est sûre, le groupe se donne à fond. Toujours un peu dommage de ne pas discerner les différents instruments quand la main gauche d’Alex Webster parcourt frénétiquement le manche de sa basse alors que Rob Barrett riffe à une vitesse supersonique. Qu’à cela ne tienne, même si le tout sonne un peu bordélique, l’énergie dégagée vaut à elle seule le déplacement, tant elle est communicative. Il suffit de voir les réactions du public à la fin de chaque morceau et à chaque annonce du suivant. Quelques soli émergent tout de même de temps en temps de la furie cannibale, histoire de rappeler qu’il y a des cœurs et des âmes d’artistes sous ces grandes carcasses barbares. Si, si! Les morceaux s’enchaînent  quasiment sans temps mort. Puis viennent quelques grands classiques, même pour le néophyte, notamment la plébiscitée "Hammer Smashed Face". Puis c’est fini. Les lumières se rallument. Le groupe salue. Ça siffle dans les oreilles. C’était bien !

28 Octobre - Paris -Le Trabendo par S1phonique

Et comme d'habitude entre les « pétouilles » des transports en commun ou les urgences professionnelles de dernière minute, j'arrive au Trabendo sur la fin du set de Aeon. Et bonne surprise, il y a déjà pas mal de monde devant la scène. Quelle est vraiment inadaptée aux concerts rock et metal cette salle ! Avec sa scène de traviole et sa fosse sur escalier (à voir un peu plus tard le résultat). Enfin bon.. Quelle autre salle de contenance pouvait accueillir la tournée ? (Le dernier passage au Bataclan proposait une affiche plus conséquente). Malgré tout, ça papote, ça tape du pied, ça trinque et ça descend d'la pinte. Un grand stand merch' pas loin de la scène sera occupé par les disponibles premières parties après leur set (que ce soit Aeon ou Revocation, les mecs sont souriants et dispos, en plus d'être vendeurs). Du coup, avec une entrée tardive, pas le temps de me faire une idée sur le groupe, mais les applaudissements de fin donnent une bonne impression, semblant confirmer l'appréciation de la version studio.
Les roadies prennent ensuite possession de la scène et préparent le matos de Revocation. Le monde commence d'ailleurs à s'accumuler tout autour de la scène sur les parties élevées, mais aussi dans la fosse. A croire que je ne suis finalement pas le seul à attendre autant de la tête d'affiche que supporte « the band from Massachusetts ». Le groupe aura réussit, de mon point de vue, globalement tous ses albums et mêmes les deux dernières sorties restent plutôt bonnes. D'ailleurs on commence par un hit, histoire de brûler la salle plutôt que de la chauffer : l'excellent "The Hive". Le temps de jeu n'étant pas finalement si restreint que ça, le groupe aura choisi toutefois la carte « Hit-Setlist qui débourre » . Le père Davidson est même assez applaudi dès son arrivée. Le leader enverra des solos aussi convaincants en live qu'en version studio. On peut même dire guitar-hero attitude à chaque participation du soliste et si, depuis deux albums, une certaine évolution se fait sentir, la recette live est agréable, très agréable . La setlist fait le job et les zicos sans backdrop ni aucun artifice aussi. Revocation ? Satisfaction.
Lumière et paf c'est parti pour une attente somme toute assez longue avant de revoir le saignant groupe de Floride. Là encore pas de décor, pas de chichis, la recette maison c'est du goredeath et des cheveux dans ta tronche. George nous refait le cousin machin de la famille Adams, crachotant quelques cheveux entre les chansons. Quelques morceaux (à vrai dire les meilleurs) du nouvel album en guise de promos et le reste sera à l'accoutumé pioché dans la discographie façon best-of avec, notamment, un remarquable et incroyablement violent et puissant "Disposal of the Body . Coté pit ça poggote pas mal, malgré la configuration de la salle. D'ailleurs un jeune énervé qui aura oublié les marches au bord de la fosse se met KO tout seul en se fracassant l'échine sur un entre marche. Quatre mecs n'auront pas été de trop pour évacuer le toto. Donc pour résumer, la date parisienne aura envoyé autant de pâté et de boyaux que l'année dernière, et, pour citer le chroniqueur sur le dernier album :  « Depuis 1988 les mecs roulent leur bosse, sortent un album, en général pas forcément bien accueilli par la critique, tournent pour le défendre, puis éclatent la tronche du public ». Cannibal Corpse? Immense, énorme, géant, as usual. Et même s'ils le groupe passe presque tous les ans, il n'y a aucune raison de ne pas revenir les voir à chaque fois.

02 Novembre - Lille - Le Spendid par Djentleman

Ça y est, c’est l’heure, enfin vient le moment tant attendu depuis 2006 et ma découverte de Cannibal Corpse, groupe mythique du style Death Metal, venu de Floride. N’étant pourtant plus actuellement mon style de prédilection, j’ai pourtant sauté sur l’occasion dès que j’ai su que les bouchers américains débarquaient à Lille, qui plus est à moins de 2km de chez moi ! Inespéré ! La légende, le mythe forgé aussi bien autour du nom du groupe que de ses représentants (notamment Alex Wesbter et Paul Mazurkiewicz) a fortement contribué à l’achat de ce ticket. Ajoutez à cela les 26 années d’existence du groupe et vous vous rendrez bien vite compte qu’ils sont plus proches de la fin que du début de leur carrière. C’était donc peut être la dernière occasion de les voir sur scène, du moins dans un périmètre aussi proche de Lille. J’avoue être venu principalement, pour ne pas dire complètement, pour cette tête d’affiche. Mais n’oublions pas qu’en première partie se produisaient deux autres groupes : les Suédois d’Aeon tout d’abord, suivis des Américains de Revocation.
Aeon m’était familier, les ayant déjà écoutés par le passé, je savais que nos musiciens d’Östersund pratiquaient un style que l’on peut qualifier d’Ultra Brutal Death Metal, raison principale pour laquelle j’ai lâché le groupe progressivement, jusqu’à ne plus les suivre. Mais depuis ce temps, les compères n’ont pas changé et cela se vérifie très vite sur scène. C’est un son violent qui est craché par les enceintes. Les guitares sont grasses (marque de fabrique suédoise), la double pédale se fait percutante. Les seuls répits auxquels aura le droit le public interviendront entre les chansons. Ça bourrine sévère, ça en devient parfois même lourd et monotone, voire fatiguant, à tel point que dans certaines chansons, on ne distingue plus les changements de riffs. Seront joués des titres références comme "Forever Nailed" ou bien "Biblewhore", mais aussi des plus récents comme "Aeons Black" ou encore "Still They Pray", de leur dernier album Aeons Black. On peut regretter les lumières trop flash tout au long de leur prestations. Pas Sûr qu’un épileptique aurait résister aux expérimentations de l’ingénieur son et lumière. Aeon est un groupe très difficilement audible et appréciable en live, même pour un metalleux. Le fan lambda non-aguerri au Brutal Death n’entendra qu’une bouillie instrumentale, hormis les soli redoutables très bien mis en avant. Déjà qu’il faut avoir une oreille assez entraînée et habituée pour écouter leur album studio, l’exploit est de mise quant à distinguer les chansons entre elles en Live. Un petit détail m’a paru important à préciser : le fait que le chanteur, Tommy Dahlström, porte un t-shirt à l’effigie de son propre groupe, ce qui peut paraître égocentrique et prétentieux. C’est la première fois que je voyais cela, d’habitude les membres du groupes ont plutôt tendance à porter un t-shirt d’un autre groupe, comme pour les soutenir. Le groupe me laisse donc, d’entrée de jeu, un sentiment amer.
Après la tempête de blizzard suédoise, le quintet américain Revocation monte sur les planches. Confession intime : ce groupe m’était jusqu’alors totalement méconnu. Je m’étais pourtant promis d’écouter leur dernière galette, fraîche d’à peine quelques semaines, mais plus les jours avançaient et plus je voulais garder le surprise pour le Live, quitte à être déçu. C’est avec une certaine appréhension que j’écoute les premières notes, et là . . . sacrée claque ! Je m’attendais à une continuité ravageuse d’Aeon, notamment en raison du nom du groupe qui me paraissait sans équivoque possible quant au style pratiqué par ce dernier. Pas du tout, je m’étais totalement fourvoyé. Ce n’est pas du Brutal Death ici, mais un Death Technique aéré, empreint de mélodies et de groove, qui parvient aux oreilles des spectateurs. C’est justement de côté groovy et « core » que j’ai apprécié dans le groupe, côtés que certains fans du genre ou du groupe vomiront. C’est un vrai mélange de styles dont nous font part les Américains, ce qui est vraiment appréciable, et mis en valeur par un son parfaitement clair. Ils en profiteront pour faire la promo de leur dernier album paru sous le nom de Deathless. Le titre éponyme sera d’ailleurs joué ainsi que "Madness Opus" sur laquelle sera invité le chanteur de Lofofora, Renaud Wangermez pour un featuring déjanté et plein de tonus ! Fin de la mise en bouche, les amuse-gueules repartent.
Voici venu l’heure du plat principal, du bon menu composé essentiellement de barbaque : le groupe tant attendu, pour qui toute la salle s’était massée aux avant-postes.Les gars savent se faire désirer. Et au bout de 40 minutes d’attente (après 8 ans d’attente je n’étais plus à ça près), après de maints accordages guitares, basse et micro, par un gars de leur staff, les protagonistes montent sur scène. Deux ex machina ! Quel ferveur du public, je n’avais jamais entendu ça. George « Corpsegrinder » Fisher est impressionnant (mon dieu ce cou!). Et là commencent 80 minutes de folie, pendant lesquels le pogo va juste s’interrompre entre les chansons (et encore !). Une énergie démentielle se fait ressentir aussi bien du côté du public que du côté musical, l’un entraînant l’autre à coup sûr. Malgré cette vigueur et ce dynamisme fous, je suis plus resté stoïque d’admiration devant le groupe en total contraste avec la salle. Ne voulant sûrement pas rater les moindres faits et gestes de Webster qui est, sans aucun doute, l’un des meilleurs bassistes de la scène métal. Le setlist reste inchangé par rapport aux autres dates. Parmi les 19 chansons jouées (presque 2 albums quand même !), le groupe va bien évidemment jouer trois chansons de son dernier album, "Kill Or Become", "Sadistic Embodiment", et "Icepick Lobotomy". Mais il ne va pas oublier ses classiques avec les tant attendues "Evisceration Plague", "Addicted To Vaginal Skin", "I Cum Blood" (et la gestuelle parfaitement explicite de Corpsegrinder avant de l’entamer), "Make Them Suffer", et bien évidemment pour le grand final : l’indémodable "Hammer Smashed Face" et le solo court mais magistral de Wesbter. On peut regretter le manque d’originalité des titres joués en live par ce groupe, ils ne sortent que rarement des sentiers battus, et certaines chansons n’ont jamais dû voir le jour en live, alors qu’elles en vaudraient certainement le coup ! Mais comment critiquer un groupe de cette envergure, qui ne peut pas jouer plus de trois chansons d’affilée tant leur muscle prennent cher (et nos oreilles et cerveaux par la même occasion).
Petit bémol néanmoins à cette soirée. Quand un ramassis d’abrutis se met à scander des slogans haineux pendant les pauses, du genre « Dehors les immigrés » (sachant qu’il ne devait sûrement y avoir aucune personne « de couleur » dans la salle) ou bien « Des concerts pour les Blancs », cela a la faculté de vous plomber un concert. Encore plus pendant la tête d’affiche. Cela a d’abord le don de vous interloquer puis de vous choquer, et enfin de vous plonger dans une incompréhension totale quant au lien entre le fond de la pensée de ces types et l’idéologie du groupe sur scène. Pour ceux qui ne l’auraient pas compris, il n’y en avait clairement aucun.Ou comment, dans un même concert, viennent se côtoyer la stupidité infinie – pour ne pas tomber dans le vulgaire – du genre humain, et le génie incommensurable de musiciens tels qu’Alex Webster.
Pour mon deuxième concert de Death, je dois dire que c’est un évènement plutôt réussi. Une déception (Aeon), une grande surprise positive (Revocation) et une tête d’affiche à la hauteur de mes attentes et de mes espérances. Avant de repartir, je fais un arrêt au stand, pour me procurer un t-shirt des Cadavres Cannibales, lequel est plutôt soft pour le coup. Et pour la première fois depuis mon tout premier concert, à l’époque où mes oreilles étaient encore toutes frêles, je ressors avec une légère baisse d’audition, signe d’un concert de métal réussi au niveau de la puissance sonore.

crédit photos
Photos date parisienne



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