CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
le 08 septembre 2007




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Cannibal Corpse
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31 octobre 2007 - Wacken


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Cannibal Corpse en live, ou l'expression de la douceur ultime... Il faut dire qu'en ce dernier jour du Wacken la soirée est plutôt brutale : enchaîner Immortal, In Flames et le sémillant groupe de death floridien a plutôt tendance à blaster la tronche. Et c'est tant mieux : après avoir assassiné le public du Hellfest quelques semaines auparavant, Cannibal Corpse va prouver une fois encore son statut de groupe live implacable, véritable panzer qui ne fait aucun cadeau et ne commet aucune faute. Et n'est-ce pas pour ça qu'on les aime tant?

De plus et contrairement au Hellfest, le groupe dispose ce soir d'un son totalement parfait. Non seulement on peut différencier les deux guitares, le chant écorché de Corpsegrinder et les plans de batterie cinglés, mais (tenez-vous bien!) on entend même la BASSE!! Et oui, les parties si techniques d'Alex Webster sont pour une fois bien rendues, et ce malgré le fait qu'il double la plupart du temps les riffs de guitare note à note. C'est du bonheur, et l'impact des compos de bûcheron des Américains s'en trouve démultiplié.Corpsegrinder est égal à lui-même : dès qu'il n'est plus en train de débiter ses parties de growl à une vitesse ahurissante il nous refait le coup de l'hélicoptère à cheveux, et sa prestance scénique est sans pareil. A une exception près : les pauses systématiques entre les morceaux sont de son fait, et le temps qu'il boive un coup les projecteurs s'éteignent et les musiciens comblent tant bien que mal le vide... Irritant de voir un tel déferlement de violence ultracarrée (pas un pain) interrompu après chaque titre pendant près d'une minute. George compense tout cela par des répliques de bravoure : faisant crier la foule puis lui balançant un « That was fucking weak! » quand elle ne le satisfait pas, dédicaçant comme d'habitude "Stripped Raped and Strangled" aux femmes de l'assistance et annonçant « This song is about shooting blood from your cock! » avant de lancer "I Cum Blood", c'est un festival.

Mais ce soir, le concert de Cannibal Corpse n'est pas un concert normal. En effet, chacun sait que les trois premiers albums du groupe étaient interdits de vente en Allemagne, et qu'ils n'avaient pas le droit de jouer les chansons desdits albums en concert... jusqu'en juin 2006. Et ce soir, le public assiste à un moment historique : comme annoncé avec véhémence et fierté par Corpsegrinder, il s'agit du premier concert allemand du groupe depuis la levée de l'interdiction. Pour la première fois, le groupe peut jouer ses plus grands classiques, et il ne s'en prive pas... "Vomit The Soul", "Born In A Casket", "Covered With Sores"... c'est plus qu'un alignement de tueries death metal, c'est une véritable libération. Et quand on sait que parmi les titres autrefois interdits figure un des hymnes ultimes du groupe, j'ai nommé "Hammer-Smashed Face"... c'est une véritable ovation qui s'élève quand la chanson est annoncée. Au-delà de l'interprétation sans faille, de la fantastique brutalité et du pogo sauvage qu'on peut retrouver à chaque concert du groupe, il flotte dans l'air quelque chose qui n'est pas habituellement lié à un set de Cannibal : l'émotion. La foule est émue, le groupe aussi et ça se sent. Dans chaque riff, chaque mouvement de foule et chaque hurlement de goret se trouve en filligrane un sentiment de victoire sur la bêtise, et une impression jubilatoire que le monde est redevenu normal. Et ça, c'est unique.


Les circonstances ont donc fait de ce set de Cannibal Corpse un moment d'anthologie bien au-delà de ce que le groupe a pu proposer auparavant : à leurs qualités habituelles est venu s'ajouter une saveur supplémentaire qui a rendu le show inoubliable. On a souvent reproché aux concerts de Cannibal de se suivre et de se ressembler, mais celui-ci restera dans les mémoires comme un moment d'émotion partagée. Et sentir les larmes monteur aux yeux de la foule dans un concert de death technique ultraviolent, c'est quelque chose que l'on n'oublie pas. Encore un concert où il fallait être...


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