CHRONIQUE PAR ...

67
Silverbard
le 17 janvier 2015




SETLIST

Ad Patres :

The Lock
In Vivo
Emphasize Nihility
To The Fathers
Circles Of Red
Scorn Aesthetics
Scars Of Compromise
All That Remains

Gorod :

Here Die Your Gods 
Diverted Logic 
Harmony in Torture 
Smoked Skulls 
The Path 
State of Secret 
Birds of Sulphur 
Celestial Nature 
Disavow Your God 

Morbid Angel :

Rapture 
Pain Divine 
World of Shit (The Promised Land) 
Vengeance Is Mine 
The Lion's Den 
Blood on My Hands 
Angel of Disease 
Sworn to the Black
Nar Mattaru 
God of Emptiness 
Where the Slime Live 
Bil Ur-Sag 
Intermission
Ageless, Still I Am 
Curse the Flesh 
Existo Vulgoré 
Immortal Rites 
Fall from Grace

AFFILIÉ

Morbid Angel
Cincinnati - Bogart's
(22 avril 2004)
Paris - Bataclan
(06 novembre 2012)

Gorod
Le Petit Bain
(18 novembre 2018)
Hellfest (Clisson)
(15 juin 2012)

28 novembre 2014 - Paris - Trabendo


Morbid_Angel_-_Gorod_Paris_-_Trabendo_20141128

Morbid Angel a perdu une sacré côte ces dernières années. Il faut dire que le dernier album en date, Illud Divinum Insanus, a fait l'effet d'une sacré douche froide pour les fans, quand ce n'était pas en outre additionné de moquerie, voire de mépris... Le groupe, visiblement au fait de sa bourde et du manque à gagner financier qui s'en est suivi, a décidé de revenir à des bases solides et fêter à cette occasion les vingt ans d'un de ses albums phares en la figure de Covenant. Pour les accompagner ce soir, et faire venir un public un peu réticent à se déplacer, on est ravis de retrouver nos copains de Gorod et avant eux, leurs voisins d'Ad Patres.

On entre dans la salle du Trabendo, non pas sous un tonnerre d’applaudissements, mais sous le rouleau compresseur sonore de la première partie qui a visiblement débuté son set. Bon pas de panique « ça vient juste de commencer » me gueule-t-on à l’oreille. Ad Patres, groupe bordelais, ne gâche pas sa chance de faire connaître son premier album (déjà) sorti en 2012 : Scorn Aesthetics. Malgré un public très clairsemé (il est encore tôt), dont une fosse atteignant à peine la vingtaine de personne, le groupe se donne et envoie son brutal death-metal qui sent bon le soleil de Floride comme s’il jouait dans un voisin Zénith plein à craquer. Et du coup, cette sincérité marche, l’auditoire ne s’emporte pas dans de furieux pogos, sauf peut-être les trois allumés prêts à démarrer au quart de tour. Donc ça grogne, ça gruik-gruik sur de la grosse disto et du blast bien maîtrisé. Finalement, un chouette set avec quelques interventions (remerciements, annonce des héros à venir) et reprises de souffle plutôt bien gérés, sauf un maladroit lancement de wall of death ressemblant plus à un châteaunet (si si, c’est un petit château), uniquement suivi par les trois mêmes gugus que tout à l’heure. A se demander si Axel Doussaud (le MC grogneur de la bande) s’est fait avoir soit par les chaleureux gueulement mérités entre les morceaux, soit par la lumière dans la tronche : n'avait-il finalement pas remarqué que la fosse était... bien vide? En résumé le job est bien fait et on remarquera quelques ventes méritées aux merch après le set.
Place alors aux autres Bordelais de Gorod. Et là clairement, ça avoine sec dès le démarrage avec un "Here Die Your Gods" qui créé une guérilla dans la fosse dès le milieu du morceau avec ce break syncopé de macaque mental. Et tout de suite, première impression confirmée au premier rang comme au dernier : le son est absolument excellent ! Il faut dire que le groupe était abonné jusqu'à présent à des grosses approximations sur ce point (particulièrement en festival, où votre humble serviteur a été à plusieurs reprises systématiquement déçu), avec entre autres un kick assourdissant qui noyait complètement les grattes et la basse si géniale du sympathique Barby ! Point de défaut ici, jamais les guitares n'ont sonné si cristallines et tranchantes, jamais la batterie n'a été mixée de façon aussi équilibrée, et jamais la basse n'a été si limpide et fluide. Seul le chant est demeuré un peu trop en retrait, mais on va dire que ce n'était pas si grave. Tout le monde était là pour la démonstration de biceps, et il faut avouer que le techno-death avec un bon mix, c'est tout de suite beaucoup plus cool. Mention spéciale pour le nouveau batteur qui se débrouille comme un véritable chef, quelques mois seulement après avoir pris les baguettes.
Gorod livre de plus un set spécial, faisant la part belle à ses deux premiers albums, Neurotripsicks et Leading Vision, pourtant récemment mis de côté pour la promotion de son dernier bébé. Et c'est avec plaisir qu'on (re)découvre la discographie du groupe, avec une facette beaucoup plus violente et technique qui passe l'exercice du live à la perfection ! On apprécie d'autant plus les tubes issus du désormais classique Process of a New Decline : "Diverted Logic" qui bombarde le début de set, "The Path" qui offre une relance parfaite avec ses accents progressifs, ou encore le "Disavow Your God" qui est définitivement le meilleur titre possible pour achever le set. Parmi les surprises du concert, un nouveau titre du futur album prévu pour 2015 a été livré en exclusivité : intitulé "Celestial Nature", la chanson promet le meilleur pour cette nouvelle année, avec des aspects progressifs et mélodiques dans la parfaite continuité de A Perfect Absolution, ou encore un riff black metal totalement inédit qui suggère d'autres surprises encore ! Gorod quitte la scène avec le sourire aux lèvre et le juste sentiment du travail accompli, Paris étant l'une des dernières dates où les Français accompagnaient la tournée européenne des légendes floridiennes.
C'est en effet l'heure de laisser Morbid Angel fouler les planches de la scène, accompagné d'une jolie déco reprenant les thèmes de l'artwork de Covenant. Une fois n'est pas coutume au Trabendo, les lights seront particulièrement excellentes ce soir ! Déjà vu il y a deux ans, en première partie de Kreator, Morbid Angel, dans une très bonne forme ce soir, livrera une prestation bien plus convaincante. La raison peut-être à la setlist beaucoup plus directe, Covenant se révélant être un album très catchy en live, ce qui n'est pas forcément évident quand on a en tête le son de la galette, typée de l'époque, avec un son très étouffé et un mix creusé dans les médiums. En effet, avec des titres d'en moyenne trois minutes, on est rapidement pris dans le déluge de riffs avec un tempo moyen très soutenu et un chant scandé qui colle parfaitement à l’ambiance. "Rapture", d'entrée, met les pendules à l'heure ; même constat pour les excellents "Vengeance Is Mine" et "Blood On My Hands" qui briseront les cervicales à plus d'un dans la fosse. Mais cela n'empêche pas les titres plus portés sur l'ambiance malsaine chère au groupe de se révéler à d'autres moments marquants du set : le culte "God Of Emptiness" bien sûr, mais aussi "World Of Shit (The Promised Land)".
Un autre point fort est indubitablement la présence scénique du bassiste-chanteur David Vincent qui, sans que cela soit officiel, est de fait le frontman incontesté du groupe. C'est bien simple, on ne voit que lui et on ne regarde que lui ! Difficile en effet d'apporter du crédit au non moins légendaire Trey Azagthoth, reclus à l'arrière de la scène et continuellement masqué derrière sa soyeuse chevelure... Même remarque pour l'autre gratteux chauve qui n'en est pas moins timide. Quant au tout nouveau batteur, aussi talentueux puisse-t-il être, il se retrouve invisible derrière son drum-kit monstrueux... Le reste du concert verra toute la discographie du groupe parcourue avec la règle d'un titre par album, l'occasion de constater le large spectre de compositions du groupe. Des classiques, on en aura avec la légendaire doublette qui précédera la sortie de scène du groupe : "Immortal Rites" / "Fall from Grace". Du premier, on verra le public transis reprendre avec fougue les chœurs (même après le concert !) dans un rituel méphistophélique devant l'Altar, du second, ce riff/blast démentiel qui semble tout droit sorti des Enfers...


J'en oublie même de parler de "Where The Slime Live", sans doute le meilleur titre live du groupe ! Bref, Morbid Angel peut bien se faire pardonner tous ses écarts récents en bénéficiant d'une discographie si riche. D'autre part, assurant un show d'une constante qualité, le groupe reste une valeur sûre en live, à ne pas manquer quand l'occasion se présente. Accompagné en prime d'un excellent set de Gorod, le public sortira unanime sur cette très belle soirée.

Album photo Gorod : Das Silverfoto

Album photo Morbid Angel : Das Silverfoto


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 3 polaroid milieu 3 polaroid gauche 3