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CHRONIQUE PAR ...

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Silverbard
Cette chronique a été mise en ligne le 12 juin 2012
Sa note : 18/20

LINE UP

-Julien Deyres
(chant)

-Mathieu Pascal
(guitare)

-Nicolas Alberny 
(guitare)

-Ben Claus
(basse)

-Samuel Santiago
(batterie)

TRACKLIST

1) Birds Of Sulfur
2) Sailling Into The Earth
3) Elements And Spirits
4) The Axe Of God
5) 5000 At The Funeral
6) Carved In The Wind
7) Varangian Paradise
8) Tribute Of Blood

DISCOGRAPHIE


Gorod - A Perfect Absolution
(2012) - death metal technique - Label : Listenable Records



Enfin! Enfin, la France a son représentant du death technique! Après un dernier album Process of a New Decline remarqué et salué unanimement, Gorod s'installe à partir de 2012 en leader de la scène et n'a définitivement plus grand-chose à envier à ses camarades d'Obscura ou de Spawn Of Possession, avec lesquels le groupe a récemment tourné en Europe. Leur nouveau méfait s'intitule A Perfect Absolution et préparez-vous dès maintenant à recevoir un coup de chaud à la joue.

Il y a eu quelques récents changements niveau line-up: Nicolas Alberny à la guitare et Julien Deyres (ex-Zubrowska) au chant, qui ne sont sûrement pas innocents à ce net bond en avant qualitatif. Tout est ici plus fluide et efficace que par le passé, la production en particulier est aux petits oignons! Tous les instruments s'expriment distinctement, mention spéciale pour la basse groovy au premier plan et la batterie aux impacts précis, ce qui toujours très agréable pour ce style. On ne s'étendra pas trop sur l'aspect technique de la chose, puisque d'une part il n'y a aucun reproche à pouvoir faire niveau interprétation, et que d'autre part, Gorod fait ce qu'il sait faire de mieux, à savoir une musique à la fois très dense mais surtout hautement compréhensible. Le cahier des charges étant rempli, il est temps de s'intéresser aux bonus qui font sortir du lot cet album. Et il y a matière à disserter!
Commençons par le chant, dont le timbre général est à la limite entre chant hurlé et growl avec des phrasés rapides (un peu à la manière de Nergal de Behemoth). Pourtant, cela ne l'empêche pas Julien de moduler vers un chant plus hurlé et mélodique comme sur la fin de "Birds Of Surphur" ou le début de "Elements And Spirits" pour un kiff décuplé, ou bien d'adopter un growl bien plus profond ("Tribute Of Blood"), ou encore (!) un chant clair mi-hurlé (purée, le pont de "The Axe Of God", quoi!). La classe le bonhomme! Passons à la basse, déjà évoquée plus haut au groove interstellaire : écoutez-donc ces phrasés de dingue sur "Carved In The Wind"! Enfin, pour les guitares, c'est la grande classe. Difficile de ne citer que quelques exemples, les envolées mélodiques étant omniprésentes sur chaque piste. L'opener "Birds Of Sulfur" jouit toutefois de soli néoclassiques magistraux venant parfaitement contraster avec la rythmique martiale des couplets.
Sur le très mélodique "Elements And Spirits", on ne sait plus où donner de la tête entre leads et soli de toute part. Enfin, "5000 At The Funeral", qui est sûrement le morceau le plus réussi de l'album, nous inflige sur son passage central un déluge de notes au génie indescriptible, sur un fond rythmique mouvant parsemés de breaks et de start/stop : whaou! Le groupe va même prendre des risques sur "Varangian Paradise" et ses sonorités jazzo-funky-tribales, mais là-encore, la qualité est au rendez-vous. Rien ne dépasse, rien n'est en trop, à l'image des intros d'ambiance très mesurées de "Birds Of Sulfur" ou "5000 At The Funeral". On notera enfin la participation en « guest stars » de Christian Muenzner (Obscura) et Michael Keene (The Faceless), qui viennent se joindre à la fête et au passage à la reconnaissance de ce futur classique du genre. Technique, mais loin d'être inaccessible à l'amateur lambda de metal, A Perfect Absolution gagne en outre en génie au fil des écoutes.


Voilà un travail d'orfèvre: une écriture hautement talentueuse au service d'un ensemble extrêmement bien ciselé. Le genre d'album qui vous met le sourire aux lèvres et qui vous décourage d'aller chercher les défauts. Gorod vient de prouver son génie, gageons qu'ils obtiennent le succès qui leur est dû. Envie de riffs destructeurs, de soli de furieux, de déconstruction jazz faite brutalité, de mélodies imparables ? Vous savez ce qu'il vous reste à faire.


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