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CHRONIQUE PAR ...

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S1phonique
Cette chronique a été mise en ligne le 04 septembre 2015
Sa note : 18.5/20

LINE UP

-Julien Deyres
(chant)

-Mathieu Pascal
(guitare)

-Nicolas Alberny 
(guitare)

-Ben Claus
(basse)

-Karol Diers
(batterie)

TRACKLIST

1) Air de l'Ordre
2) Temple Of The Art-God
3) Celestial Nature
4) Inner Alchemy
5) The Mystic Triad Of Artistry
6) An Order To Reclaim
7) From Passion To Holiness
8) Dig Into Yourself
9) Rejoice Your Soul
10) Syncretic Delirium
11) An Order To Reclaim (Alternative Version)

DISCOGRAPHIE


Gorod - A Maze of Recycled Creeds
(2015) - death metal technique - Label : Listenable Records



Une dizaine d'écoutes plus tard...
S1phonique devant son ordinateur...
Syndrome de la page blanche...
« -Mais qu'est ce que je vais pouvoir écrire ? Je fais du track by track ? Je détaille le concept et les passages magistraux...? Bigre la chro va faire 12 pages. Bordel comment j'écris sur l'album de l'année moi ? Comment je m'y prends... Je sais : QQOQCCP »


QQOQCCP...
C’est le seul moyen que j’ai trouvé pour parler de la bonne façon du nouvel album des Bordelais. Après tout pourquoi ne pas détourner cette belle méthode empirique de questionnement exigée par la chronique d’un album. Pourquoi ? Et pourquoi pas...


Qui ?  Gorod
Quoi ?  A Maze of Recycled Creeds
Où ?  Chez Listenable
Quand ? 16 Octobre 2015
Combien ? 48 minutes

Pourquoi ?
Pourquoi Gorod n’est que Gorod ?
On sait le death metal pratiqué.
On sait le côté technique.
On sait les phases mélodiques.
On sait les parties groovy et la basse jazzy.
On sait la richesse de la batterie.
On sait les vocaux.
On sait les solos.
On sait Gorod.
Et bien ON est un con et le con se perd dans un labyrinthe de croyances recyclées. Sans réelle fausse note dans la discographie, ce groupe, depuis sa création a réussi chacune de ses sorties (LP ou EP) en proposant des compositions d’une qualité remarquable. Chaque écoute, que l’on connaisse ou non les titres, attire curiosité et plaisir d’enclume. Fédérant ainsi peu à peu bon nombre d'oreilles et imposant de la bonne manière un respect artistique loyal. Même les changements de line-up ne changent en rien la qualité des compositions et, au contraire, en profitant des différents turnover, le groupe s'enrichit et renforce son savoir-faire et son savoir-jouer. Progression progressive, maturité mature et expérience expérimentée nourrissent l’exagération de mon propos dont le seul but n'est que de mettre en avant la nouvelle oeuvre de 2015 : A Maze of Recycled Creeds. Le meilleur produit de leur discographie à ce jour. Gorod vient de se réinventer. Cet album est réussi peut-être d'abord pour toutes les raisons exposées ci-dessus. Le groupe a aujourd'hui une forte expérience mise au service d'humbles virtuoses aux talents de composition incroyable, et comment ! 

Comment ?
C’est peut être la question la plus délicate à traiter. On ne théorise pas une émotion et encore moins celle issue du cinquième art. Le nouvel album commence l’air de rien avec « l’air de l’ordre » : une minute mystique et mystifiante. « Euh…c’est Gorod là ? les mecs de Bordeaux ? Une intro avec du piano ?». Oui mais...
Oui mais démarre "Temple Of The Art-God" sur cinq coups de caisse claire et nous ne sommes plus en terre inconnue. Inutile d’aller à l’autre bout du monde pour découvrir la densité et le De Profundis des compositions sur lesquels nous crierons les nouveaux seigneurs. Tu parles d’un Psaume ! En un peu plus de trois minutes Gorod ouvre une nouvelle phase de son évolution musicale. Prenez vos compos préférées du groupe et durcissez les à coup de Viagra musical, de Penthotal mélodique, de Xanax progressif et de Prozac technique et dites bonjour à l’énorme boost cérébral que vous venez de vous injecter. "Celestial Nature" et "Inner Alchemy" confortent finalement la délicieuse et tellement évidente évolution. Chaque album et chaque concert antérieurs auraient finalement préparé le groupe pour ce rendez-vous. Et ça va durer tout du long des onze titres.

Les premières écoutes font ressortir la puissance globale de l'oeuvre. Puis, une fois les structures principales appréhendées, chaque nouvelle lecture  permet de se perdre joyeusement dans tous les registres du groupes et dans la densité des compositions. Quelle précision et quelle richesse ! Si Gorod joue toujours un death très technique celui ci s'embellit de multiples variables de registres. A commencer par les chants : Julien semble se lâcher (enfin?) totalement et propose toute la gamme vocale du parfait growler /chanteur. Coté guitare Nicolas et Matthieu laissent exprimer une virtuosité « naturelle » sans jamais tomber dans la vanité. Enfin, pour la partie rythmique (ndlr : expression vraiment restrictive), notre cher Barby réussit plus que jamais cette incroyable prouesse de flirter avec les six cordes sans jamais délaisser la batterie, elle même d'une inventivité géniale sur certains passages.

Le genre, tout en restant extrême, parvient à poser en première intention une musicalité forte où les fils conducteurs sont mélodie et technicité dopés au groove. Gorod n'est plus dorénavant à comparer aux pointures du genre. Même si la partie technique renvoie toujours aux grands pontes, la richesse du l'album consolide définitivement et sans contestation possible l'identité artistique qui dorénavant apparaît si naturelle ou normale. Comme déjà exposé, tout était déjà présent sur A Perfect Absolution par exemple dans  "5000 At The Funeral" ou "The Axe Of God". On peut même encore aller plus loin avec l'approche de "Transcendance" sur le EP du même nom. Gorod maîtrise dorénavant son talent et sa puissance, parvient sur A Maze of Recycled Creeds à exprimer de la plus belle façon les milles idées de ses compositeurs. Et les deux versions "An Order To Reclaim" en sont le parfait exemple le groupe exprime l'idée majeure du titre deux façons différentes et tout aussi intéressante. Énorme, osé, génial ! 

On pourrait également s'attarder sur le concept et sur les paroles des titres qui, elles aussi, mériteraient leur chronique. On pourrait également interpréter le changement de typographie du logo ou la noirceur du nouvel artwork mais à quoi bon ? Le groupe a commencé a jouer en 1997. Sort ici en 2015 son nouvel album. Et, j'affirme haut et fort que cette sortie  est un événement notable dans l'histoire du groupe qui apporte sa pierre à l'édifice monumental de la musique. Un des albums forts de cette année. CQFD. 



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