CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
le 20 janvier 2008




SETLIST

Day Of Suffering
Within Thy Enemy
Pain Divine
Beneath The Hollow
Curse The Flesh
Chambers Of Dis
Where The Slime Live
Bil Ur-Sag
Dawn Of The Angry
World Of Shit (The Promised Land)
Ageless, Still I Am
Lord Of All Fevers & Plague
Rapture
Chapel Of Ghouls

AFFILIÉ

Morbid Angel
Paris - Trabendo
(28 novembre 2014)
Paris - Bataclan
(06 novembre 2012)

22 avril 2004 - Cincinnati - Bogart's


Morbid_Angel_Cincinnati_-_Bogart's_20040422

Une bien belle affiche que voici en cette douce soirée d’Avril. Jugez plutôt : Morbid Angel, Satyricon et Suffocation. Ma foi, j’ai connu pire. En plus, il s’agit d’une excellente occasion de s’initier au black metal en live avec un bon groupe de scène (le black n’étant pas réputé pour la fantastification de ses concerts …) et aussi d’inaugurer avec belle allure l’ère brutale des concerts. Personnellement, je vais voir Satyricon en premier lieu, mais Etats-Unis obligent, c’est Morbid Angel la tête d’affiche ici.

Bon le concert débute à 20h avec "Premonition Of War", une bonne occasion de rester devant la télé pour mater les derniers Friends de la saison 10 et arriver à 20h45. Oui car rien que le nom du groupe préfigurait d’une musique tellement intelligente et variée que je décidai de les louper. Arrivée donc à 20h45, pile poil pour Satyricon, le groupe est sur le point d’arriver sur scène. Ouf, je n’ai rien loupé. Le show commence avec un "Possessed" tiré de Volcano (l’album venait juste de sortir ici bas …) qui met dans l’ambiance même si le son laisse un peu à désirer et que l’ambiance n’est pas électrique. S’ensuit une chanson de Shadowthrone mais que euh … bon, je ne connaissais pas. Du tout bon et le headbanging sauvage arrive telle une évidente inéluctabilité. Le concert est désormais bien lancé et voilà que Satyricon balance "Fuel For Hatred". Et là, ARGH !! Franchement, le concert commence à tendre dans l’excellentissime. Mmmh, cette chanson est absolument taillée pour le live et le public commence à bien se déchaîner.

D’ailleurs, le public se déchaîne un peu trop puisque des gros connards pogoteront pendant tout le show. Désolé les mecs, mais on ne pogote pas dans un concert de black metal, ambiance oblige. Deuxième déception, il n’y avait finalement pas grand monde devant la scène pour Satyricon. C’est désormais clair, ces américains ont un manque de culture évident. Enfin, ça ne m’empêche pas d’apprécier ce concert à sa juste valeur. Bon, après une telle débauche d’énergie scénique, on enchaîne sur un titre de Rebel Extravaganza que je ne connais pas, mais la sauce prend et finalement on se dirige vers "Mother North", l’hymne. Quoi ? Finalement ???!!! Ben oui, Ô cruelle vie mortelle ! Satyricon n’est que troisième tête d’affiche ce soir !!!!!! L’Amérique est une terre hostile, et cette vérité vient de me sauter aux yeux. Comment ont-ils osé mettre Suffocation devant Satyricon ? Enfin … je ronge mon frein et profite pleinement d’un moment exceptionnel en compagnie de "Mother North". Le public (peu nombreux) est aux anges, les pogoteurs font toujours chier, et je prends un pied du tonerre. Et puis … la fin. Cinq titres et puis s’en vont. Honteux !!!!!

Enfin, à noter que le batteur de Satyricon, Frost, n’a pas pu passer la douane (merci les Etats-Unis encore) et donc, il a été remplacé par le non moins célèbre Trym (ex-Emperor) qui a assuré sans coup férir les parties de batteries. En tout cas, un show bien court mais qui est allé en s’améliorant et surtout marqué par l’empreinte d’un Satyr omniprésent. Bon, pour oublier la déception, direction le bar, une bière et hop. Suffocation se met en place, mais je décide de rester dans les starting blocks près du bar. Sait-on jamais, ça pourrait ne pas être à la hauteur. Et effectivement. Le son ressemble à une délicate bouillie ultra forte et le groupe balance force blast et le chanteur force « fuck ». Raffiné, et pas suffisant pour m’empêcher de sombrer dans un état de léthargie avancée. Du brutal death sans âme. Le temps de prendre une deuxième bière, de parler avec un mec dans le plâtre qui m’explique qu’il est écoeuré de ne pas pouvoir être dans le moshpit de Suffocation qui est SON groupe (et aussi de lui expliquer que Satyricon aurait dû être tête d’affiche en Europe…) et je me tape le dernier moshpit dans la fosse histoire de se chauffer pour Morbid Angel.

Enfin fini ! Et maintenant, le plat de résistance, Morbid Angel. Bon déjà, il y a plus de monde dans la fosse et ça fait plaisir. Ensuite, bon, le drumkit de Pete Sandoval indique que Morbid Angel joue dans une autre catégorie. En effet, le concert démontrera la fabuleuse maîtrise technique du groupe qui enterre définitivement et Satyricon et Suffocation. Le groupe est bien en place et balance la purée sans difficulté. Je reste quand même assez stupéfait de voir Azagthoth dérouler les riffs et les soli sur sa guitare. Ce type est vraiment monstrueux même si c’est un sac d’os. De son côté Sandoval n’est pas en reste en martyrisant les fûts à toute allure, même s’il est vrai qu’il gagnerait à varier un peu plus son jeu. Il reste bien impressionnant. Et puis Steve Tucker, last but not least qui en plus d’assurer le chant très correctement envoie des lignes de basses bien complexes, chapeau mec.

Bon, par contre, il joue au médiator, et c’est tout de suite moins esthétique. Il y aussi un deuxième gratteux qui fait bien le spectacle, mais ne lui sera réservé que les riffs les plus « simples » ainsi que de courts soli. Néanmoins le son ne restituait pas à sa juste valeur la qualité et la complexité des compositions. En tout cas, les moments de bravoure ont été nombreux avec notamment "Pain Divine" et surtout un triptyque final des plus éprouvants, "Lord Of All Fevers And Plague", "Rapture" et "Chapel Of Ghouls". Ce fut rafraîchissant pour les tympans et vivifiant pour les muscles. Que dire sur le show ? Et bien qu’il assurait pas mal, même si je ne le classerai pas dans les meilleurs ever. Mais pas de regret sur Morbid Angel en tout cas. J’ai eu ma dose de moshpit et de bon son, donc de quoi terminer la soirée heureux. Cool. Enfin bon, comment ne pas finir cette chronique sur l’ultime désillusion qu’a représentée le show si court de Satyricon, non, je ne peux pas.




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