CHRONIQUE PAR ...

67
Silverbard
le 29 juillet 2014




SETLIST

The Devil's Orchard
Heir Apparent
Demon of the Fall
Hope Leaves
Deliverance
Blackwater Park

AFFILIÉ

Opeth
LKA - Longhorn - Stuttgart
(11 novembre 2016)
Lyon - Transbordeur
(11 décembre 2005)
Cincinnati - Bogart's
(16 février 2004)
Lille - Splendid
(06 mars 2003)
Paris - Bataclan
(05 novembre 2014)
Summer Breeze 2009 (Dinkelsbühl)
(15 août 2009)
Hellfest (Clisson)
(19 juin 2011)

22 juin 2014 - Hellfest


Opeth_Hellfest_20140622

Opeth avait rendez-vous avec son destin pour votre serviteur en cette clôture du Hellfest. La dernière rencontre live remontait à… 4 ans ! Mince 4 ans déjà depuis le concert anniversaire des 20 ans du groupe, sans doute l’une des plus grandes claques live qu’il m’ait été donné d’assister. 3 heures de show, un Blackwater Park (oui c’est bien du meilleur album de tous les temps dont je parle) joué en entier et une discographie revisitée dans un second acte avec au programme un morceau par album.

Bien. Que s’est-il passé en 4 ans ? La débâcle et l’abandon. Un Heritage décevant, clivant et outrancier pour le fan proggeux et/ou deatheux un tant soit peu critique sur la musique des Suédois. Suite à ça, l’absence pendant 2 ans et demi de toute date en France, tant en termes de festival, que de tournée ou de dates plus isolées, alors que nos confrères européens ou d’outre-Altantique se voyaient pendant ce temps bien mieux considérés. L’attente était donc grande et palpable et d’autant plus attisée que les setlists récentes (celle du Roadburn entre autres) laissaient nourrir un grand espoir. Comme on pouvait s’y attendre, le concert s’ouvre sur "The Devil's Orchard". Pas franchement emballante bien que demeurant la moins pire du dernier méfait, le titre permet de prendre ses marques dans ce début de set avec des lumières magnifiques et un son absolument nickel. L’occasion aussi de constater que le nouveau claviériste est désormais bien intégré au groupe et se paie le luxe d’agir en acteur prédominant sur ce morceau récent.
A peine achevé que l’enchaînement avec "Heir Apparent" m’apporte un sourire radieux. Enfin de la distortion et surtout… enfin du grooowwwl ! Puissant, carveneux, aaaaaargh !!! MAIS OUI QUOI ! Rien à voir avec cet horrible prestation de Bloodbath au Bloodstock, dernière performance filmée de la voix de Mike le montrant sous son plus mauvais jour. Je ferme les yeux et me revoici en 2008 lors de ma première rencontre live avec le groupe lors de la tournée Watershed. Que de souvenirs ravivés, que de maîtrise de composition, quel bonheur de se réconcilier avec ce premier amour ! Mais ce qu’on ne sait pas à ce moment là, c’est que ce n’est encore que le tout début d’une très longue heure de jouissance. Car à peine remis de la baffe "Heir Apparent", le groupe va aller piocher dans le divin et le magnifique avec l’intouchable…. "Demon of the Fall" ! Qui ? Mais qui aurait pu attendre ça de Opeth en 2014 ?
Oser balancer à ce moment précis son meilleur titre, flambeau de LA patte Opeth mélancolico-prog-death qui l’a conduit au succès que l’on connaît. Oui, je vous comprends, le lavage de cerveau a été dur. Tellement que ce titre semble venu d’un autre monde, aujourd’hui oublié et disparu. Ne lisez que ces paroles pour vous rappeler : « Run away, run away, run away... Just one second... and I was left with nothing. Her fragrance still pulsating through damp air. That day came to an end. And she had lost in me, her CREDENCE. » Alors, vous aussi ça vous fait dresser les poils de partout dans son corps, hien ? Et d’enchainer avec "Hope Leaves"… Ah l’époque où le groupe savait composer des balades splendides et parfaites, à l’esthétique unique et aux émotions perceptibles au toucher.
Ca y est, les sentiments de haine et de trahison ne sont plus qu’un lointain souvenir : à présent tout n’est qu’amour et on se poile de l’humour pince-sans-rire de Mikounet comme on si on retrouvait après tant d’années un vieux pote que l’on connais par coeur. Bon, impatients que vous êtes, j’imagine que vous avez déjà eu le temps de lire la setlist marquée en haut à gauche de la page. Donc vous savez. Oui, vous savez ce qui s’est passé et vu le ton hautement laudatif et dithyrambique de ma prose, vous vous doutez que tout est bien qui finit bien. "Deliverance". "Blackwater Park". Les deux pièces maîtresses de la discographie du groupe. Un seul de ce deux titres vous amène à l’orgasme. Les deux morceaux à la suite vous font aller au delà. L’apogée, le point d’orgue, le firmament de la création Opethienne. Le paroxysme du clair-obscur, du groove absolu, du hurlement d’outre-tombe et de la perfection instrumentale. Et puis, ce fut le silence…


Rien désormais ne sera plus comme avant. Jamais un show ne m’aura autant changé ma vision présente d’un groupe. Opeth est revenu, c’est maintenant sûr. Le Hellfest est terminé. On peut rentrer à la maison heureux.

Galerie photo: Das Silverfofo (https://www.flickr.com/photos/120935864@N07/sets/)



©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 7 polaroid milieu 7 polaroid gauche 7