CHRONIQUE PAR ...

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Dexxie
le 02 septembre 2009




SETLIST

Heir Apparent
Improvisation funky
Soldier of Fortune (improvisé)
Harvest (improvisé)
Ghost of Perdition
The Leper Affinity
Closure (version spéciale)
The Lotus Eater
Deliverance

AFFILIÉ

Opeth
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15 août 2009 - Summer Breeze 2009


Opeth_Summer_Breeze_2009_20090815

Ayant vu Opeth un an après la sortie de l'album Ghost Reveries, que j'avais trouvé mauvais au bout de quelques semaines, je ne pouvais aborder ce concert en cette édition 2009 du Summer Breeze qu'avec un certain enthousiasme, ayant apprécié le dernier opus d'Opeth (oui...), Watershed. Surtout que cette année, ils clôturent la scène principale en ce dernier jour de festival ! Il est minuit, la petite mélodie d'intro commence et les gars entrent sur scène pour ce qui allait, selon les propres dire du vocaliste, être l'un de leur pires concerts...

On commence la setlist par l'excellent "Heir Apparent". Enfin, excellent... disons, excellent dans sa version album. Ce titre avait été le premier du dernier album a être dévoilé au public lors de festivals tel que le Mellotronen et avait donné à certains une impression assez négative de la dernière galette, à tort, car en live (particulièrement dans l'ambiance festivalière) on sera en droit de considérer qu'il ne vaut pas une cacahuète, les différentes mélodies ne véhiculant alors aucune émotion particulière, et surtout, les divers passages et enchaînements n'ayant pas l'effet fracassant qu'ils ont pu avoir à l'écoute du disque. Début de concert mitigé, donc. Surtout que le morceau est joué plus vite que sur le disque, ce qui ne sied absolument pas à la composition et qui de plus pourra donner à certains d'entre nous le sentiment que le groupe est pressé d'en finir. De toutes façons, la foule était visiblement conquise d'avance, et on a un contrat avec Roadrunner alors pourquoi se donnerait-on encore du mal ? Mais vous comprendrez par la suite que ce concert, mauvais pour les gens du public qui ont encore des oreilles, était bien pire pour Mike et sa bande.

Concernant la qualité du son, elle est excellente, sauf pour ceux qui voulaient entendre la guitare soliste, et sauf pour les fans qui étaient rassemblés dans les 5 ou 10 premiers rangs, pour qui la double-pédale aura par moments recouvert tout le reste, le batteur étant un véritable boucher-charcutier ça ne doit pas être facile de lui trouver un bon son... par ailleurs, après le premier titre, le second guitariste tentera de règler ses problèmes de sons, problèmes qui feront perdre un temps précieux au groupe et à son public. Pour nous faire patienter, le batteur et le clavériste (qui est devenu méconnaissable derrière sa barbe, un vrai suédois, ça !) nous sortent une impro très funky, rendant visible tout le talent de ces deux musiciens. Mickael s'excusera pour cette impro selon lui ratée, il a visiblement raté un chapitre car ce fut un des points forts du concert. À la fin de l'improvisation, le problème n'étant toujours pas reglé, Mickael improvise le titre "Soldier of Fortune" des Deep Purple, très vite rejoint par ses camarades encore en lice. Il n'était pas prévu sur la setlist initiale (sur le papier) mais sera lui aussi parmis les points forts du set de ce soir. Et c'est triste. Dans tous les cas, on se rend compte que le côté carte blanche de Watershed a été étendu au live, mais que cet album sonne mal en concert et que le choix des titres joués ce soir fut... mauvais.

En effet, pas un seul morceau pré-Blackwater Park, c'est révoltant. Le groupe aurait-il oublié les fans de la première heure ? Certes, "Demon of the Fall" était prévu pour la fin du set, mais la bande n'aura pas eu le temps de le jouer (ce qui est dommage puisqu'il figure parmis les meilleurs titres du groupe), elle n'aura le temps que de dire au revoir humblement, et en les voyant partir on restera sévèrement sur notre faim. Cette manière de faire de manière discrète ne peut pas être reprochée au groupe, mais ça laisse une marque assez fade. Et où sont passés les titres "Advent", "April Ethereal", "The Moor", les bons titres en somme ? Heureusement, le titre "Closure", déjà pas mal sur sa version album, durera environ 10 minutes ce soir et il y aura ici une grande part d'improvisation très prog. La fin part en death metal, c'est très intéressant à entendre, sûrement le seul titre (avec la reprise) qui aura valu le détour ce soir. Là aussi, on se rendra compte du talent du batteur Martin Axenrot, qui fut la star de ce concert. Chapeau bas, monsieur ! Mention bien aussi au clavériste, qui est un excellent musicien.

Pour le côté visuel, le public bavarois a eu droit à un très beau jeu de fumigènes/lumières. Sobre et efficace, à l'image des débuts du groupe désormais si loin. Mike est l'exemple parfait du type qui n'a visiblement aucun recul sur la musique qu'il fait. Nous n'iront pas jusqu'à dire que le succès lui est monté à la tête, lui que toutes les sources s'accordent à qualifier de modeste, mais on s'en approche visiblement. Ou, il en a marre. Ou, il continue pour l'argent. Ce qui est bon pour lui mais sûrement pas pour les fans, particulièrement ceux des premières heures. Opeth a évolué. Évolution qui a pu être aussi bien musicale, que dans l'attitude. Et en exclusivité pour vous un extrait traduit du blog du chanteur : «On arrive sur scène en clôture de festival, il semble que tous les gens sont rassemblés devant la scène pour nous. [...] Lors du premier titre, je me pose trois questions : 1 - Pourquoi mon retour est mauvais ? 2 - Pourquoi je ne peux pas entendre Fredrik ? 3 - C'est quoi ce bordel ? [...] Au cours du morceau, j'essayais d'accélérer mentalement le titre pour anticiper un éventuel break que Fredrik joue normalement seul sur lequel j'aurai dû le remplacer, tout en essayant de continuer à jouer correctement et en me souvenant des paroles...» Ça, plus les gens qui ne suivent pas pendant "Harvest" (alors que Mike le demande), ça donnerait presque envie d'éprouver de la pitié pour le personnage...


Nous n'irons donc pas jusqu'à reprocher un retournement de veste à des gens qui ont visiblement changé leur manière de concevoir la musique avec le temps, surtout que ce fut un avantage (relatif) pour éviter de tourner en rond sur le dernier opus du groupe, Watershed, toujours est-il que dans le coeur de votre rédacteur, Opeth est, particulièrement après ce concert, passé du statut de meilleur groupe de la galaxie à une bande menée par un vrai beauf. Les autres musiciens sont exclus de ce constat, mais toujours est-il qu'Opeth a sans doute définitivement vendu son âme au diable Roadrunner. Ah, au fait, il y a un musicien, figure de proue de la scène Death prog, qui porte très mal le pantalon en cuir. Ami lecteur, sauras-tu retrouver de qui il s'agit (toute ressemblance à une personne existante est pure coïncidence) ?


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