CHRONIQUE PAR ...

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Tabris
le 15 janvier 2017




SETLIST

Opeth

Sorceress
Ghost of Perdition
Demon of the Fall
The Wild Flowers
Face of Melinda
In My Time of Needs
Cusp of Eternity
The Drapery Falls
Heir Apparent
The Grand Conjuration

Rappel :

Deliverance

Sahg

Hollow Mountain
Fire Child
Sanctimony
Black Unicorn
Pyromancer
Blood of Oceans

AFFILIÉ

Opeth
Lyon - Transbordeur
(11 décembre 2005)
Cincinnati - Bogart's
(16 février 2004)
Lille - Splendid
(06 mars 2003)
Lille - Splendid
(06 mars 2003)
Paris - Bataclan
(05 novembre 2014)
Hellfest (Clisson)
(22 juin 2014)
Summer Breeze 2009 (Dinkelsbühl)
(15 août 2009)
Hellfest (Clisson)
(19 juin 2011)

Sahg
Colmar - Le Grillen
(04 novembre 2014)

11 novembre 2016 - LKA - Longhorn - Stuttgart


Opeth_-_Sahg_LKA_-_Longhorn_-_Stuttgart_20161111

Live report tout personnel. Oui, ça m'arrive (ndlr : fous toi de ma gueule !). Mais quand on vous glisse une enveloppe dans les mains, cadeau d'anniversaire, que vous ouvrez et que vous découvrez que s'y cache un billet de concert pour les deux groupes qui ont signé - il y a si longtemps me semble-t-il - votre re-immersion de plein pieds, définitive et irrémédiable dans l'univers de la Musique, ouvrant de surcroît vos lorgnettes à la porte du Metal (et donc à la myriade de merveilles qui allait ensuite se déverser sur une tronche toute pétrie encore des vieux combos radio-friendly), et bien vous écrivez sur le sujet, après avoir pris votre petite dose de drogue pure.

Deux cents kilomètres au compteur, et par gros grain s'il vous plait (autant dire que la petite 4CV a tiré la langue sur les routes allemandes où la vitesse lente est de 160km/h), nous franchissons les portes de la LKA-Longhorn de Stuttgart, pile poil à temps pour nous prendre une rasade de bon cru houblonné et nous glisser, oh joie, au second rang (compte tenu de la compacité de la salle, nous pouvons nous juger tout particulièrement vernis). Quelques instants d'attente passent comme un rien et la lumière s'éteint pour accueillir sur scène le toujours aussi confidentiel Sahg. Votre chroniqueuse a d'ores et déjà bien du mal à contenir sa joie, quand résonnent  les premières frappes, oh combien maîtrisées, oh combien espérées, de "Hollow Mountain". Jubilation extrême. D'entrée de jeu, Sahg, nous envoie sur les roses. Et le mot est faible. D'emblée, le décors est planté, le set sera puissant. Et le régal au rendez-vous, car le son de la LKA-Longhorn, est tout simplement parfaitement équilibré. Après nous avoir passés sur la planche, Sahg n'a déjà plus qu'à nous cuire à point avec un second titre, jouissif s'il en est, "Fire Child". C'est bon, je rends les armes. Mure à point pour décoller toute la soirée. Plus rien n'est déjà perceptible si ce n'est la scène, les artistes qui évoluent en son sein et le son qui me vrille les tempes. Les titres s'enchaînent et je ne peux que saluer cette puissante démonstration de force, preuve s'il en est que Sahg a tout (et j'attends ce jour avec grande impatience) pour être LA tête d'affiche. Bien entendu, Memento Mori, le dernier né du collectif, s'offre à nous, faisant ravages à travers "Black Unicorn" ou encore le si stupéfiant "Blood of Oceans" qui clôt le set. Preuve est encore ici faite que, parmi les rares groupes que l'on peu se targuer de « suivre » (en ce qui me concerne, ce n'est pas là une règle courante), il n'est nulle déception à redouter du collectif si riche en intentions. Court. Trop court. A peine a-t-on le temps de comprendre que l'on s'explose les sens que déjà la lumière se rallume. Dur rôle que celui de première partie quand il faut d'ores et déjà abandonner les planches. Difficile également pour l'auditeur de se résoudre à décrocher de l'instant, quand bien même la tête d'affiche est bel et bien là pour tenir son rôle avec panache.
La densité de la salle, je l'ai dit plus haut, étant si manifeste, tout mouvement tenté vers la porte ouverte pour aspirer un peu d'air frais ou vers le bar pour apaiser le feu d'une gorge ayant déjà tant claironné sa joie, reste vain. Nous patientons donc, observant à loisir le chassé croisé des musiciens s'affairant à tout ranger, souriant du sweat d'Olav, floqué de moult souvenirs, à savoir ceux d'un concert naguère décrit dans nos pages éternelles. Puis débute le ballet visant à préparer le set de la tête d'affiche. Une fois encore, le temps qui s'écoule ne se ressent pas (la mise en place de la scène suivante est pourtant une petite affaire qui s'égraine sur bien 50 minutes !). Mais enfin, dans l'ombre qui tombe sur nous, nous parvenons à distinguer les silhouettes attendues descendre les marches du backstage et se glisser sur scène, soutenues par une salve d'applaudissements et de cris émus. Opeth prend place. Alors oui, je vous dirais que le groupe m'a déçue sur ses deux dernières compositions, Pale Communion et Sorceress. Je ne m'en cacherai pas. Et l'orientation prise depuis Heritage, en aura laissé bon nombre sur le carreau pour en gagner d'autres au passage. Opeth est encore réputé pour offrir des shows absolument carrés (ndlr : normal, quand on est clean et qu'on boit du thé avant le set ! Vous croyez que c'est un joke ? Non !), décevant sans doute ceux qui ne courent les salles de concert qu'en chasse de l'instant inédit, de la valeur ajoutée du live à la composition d'origine et qui rend l'instant éphémère, d'une unicité émouvante. Tout ceci constitue donnée coutumière. Et au risque donc de saper les espoirs, les titres déployés sur scène sont à cette heure et sans surprises, de la qualité et de la précision du studio, et la setlist, parfaitement attendue, puisqu'il s'agit du Sorceress World Tour. Et pourtant. Pourtant, quelque chose se dégage de l'interprétation qui fait qu'un "Sorceress", ouvrant le bal, et qui m'avait paru relativement fade jusqu'à présent, se développe ce soir avec une énergie et une densité renouvelée. Que parmi les titres de la première époque toujours présents et qui procurent l'intact montée d'adrénaline ("The Grand Conjuration" ou "Ghost of Perdition", pour ne citer que ceux-ci), un "In my Time of Need" perd sa sensiblerie pour gagner en vraie sensibilité et un "Cusp of Eternity", m'arrache même un frissonnement de plaisir totalement  inédit. Et pourtant, rien ne dépareille véritablement d'une écoute studio en terme d’exécution. Tout est parfait, comme toujours. A quoi tient alors la différence ? Qu'est-ce qui émeut ce soir et qui me fait ne pas reprocher sa perfection (un comble) au groupe ? Aucune idée. Le sentiment d'être immergée dans une salle gorgée de vie sans doute ? Les harangues à la foule ? Le face à face ? L'alchimie de tout cela ? Au fil du set, fit est fait de toutes les considérations d'outre-passeur de perfection lisse.

Le show est de très belle qualité car il respire l'intensité : les musiciens sont bel et bien présents, en avant et impliqués, sur leur jeu aussi bien qu'avec la foule. Et la symbiose opère, les titres sont accueillis avec une joie et un naturel évident par la salle, et à mon tour, je ne me trouve que trop heureuse de me les réapproprier moi aussi de si plaisante façon. A se demander s'il n'y aurait pas plus avantage à ne savourer le fruit du collectif qu'en live, sur place et non sur pièces, au risque que ce ne soit qu'un instant rare, mais de belle volée, en oubliant jusqu'à même l'existence préalable des nouveaux albums ! Quel étrange talent que cet Opeth ! Et quel beau billet !


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