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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 16/20

LINE UP

-Mark "Barney" Greenway
(chant)

-Mitch Harris
(guitare)

-Danny Herrera
(batterie)

-Shane Embury
(basse)

TRACKLIST

1)Silence is deafening
2)Right you are
3)Diplomatic immunity
4)The code is red... Long live the code
5)Climate controllers
6)Instruments of persuasion
7)The great and the good
8)Sold short
9)All hail the grey dawn
10)Vegetative state
11)Pay for the privilege of breathing
12)Pledge yourself to you Losers (bonus)
13)Striding purposefully backwards
14)Morale
15)Our pain is their power

DISCOGRAPHIE


Napalm Death - The Code Is Red Long Live The Code
(2005) - death metal grindcore - Label : Feto records



Autant me confesser tout de suite: je ne suis pas un spécialiste de Napalm Death. Pour être plus précis je ne possédais jusqu'à ce jour qu'un seul album, Inside The Torn Apart, que je n'avais pas écouté des milliards de fois d'ailleurs. Grand lecteur de la presse spécialisée par contre, je connaissais les caractéristiques fondatrices du groupe: qu'ils sont considérés comme les parrains du grind, que leur chanteur Barney est une référence en matière de growl et que leur bassiste Shane Embury a une crinière pas possible. Et voilà que je me retrouve à chroniquer ce nouvel album! Je me suis procuré tout plein de Napalm Death depuis histoire de faire mes devoirs mais je vous l'annonce sans détour: cette chro juge l'album tel quel, et en aucun cas par rapport à la carrière du groupe, car je n'ai pas eu le temps de m'en imprégner. Donc voici un avis d'un non-fan de ce groupe culte.

Bon, la note a tué le suspense: The Code Is Red... Long Live The Code est un très bon album. Maintenant il va s'agir de le prouver! Commençons par le commencement: le son de cet album fait très mal. Les guitares sont incisives au possible, la basse est extrêmement métallique (orientation death oblige) mais très présente, et la batterie bien qu'un poil en arrière est très claire et discernable. Pas de son « bouillie » chez Napalm Death, mais une prod qui sait être sale juste ce qu'il faut pour éviter le son clinique ou surproduit qui caractérise tant de groupes modernes. Et en ce qui concerne le chant, on frôle le parfait. Car la prod comme l'organe du sieur Greenway lui-même sont très impressionants! Le chant est mixé de manière parfaite: un peu plus en avant et ça aurait été trop, un peu plus en arrière et il aurait été noyé dans le son. C'est du grand art. Et pour ce qui est de la voix...

... Pour ce qui est de la voix, WOW! Franchement vu la réputation du bonhomme j'ai été un peu déçu au début, mais il m'a suffit de quelques titres pour comprendre pourquoi il bénéficie d'une telle réputation. Une fois qu'on comprend qu'il n'y a en fait pas d'effet sur sa voix à part l'incontournable chouia de réverb, on ne peut que rester pantois. Quel grain, quel timbre! Ce type possède un registre hurlé on ne peut plus corrosif, presque inhumain dans cette saturation démentielle de la voix. Son registre thrash/death est à placer dans les meilleurs du genre (a priori c'est d'ailleurs déjà fait) et un registre black plus aigu qu'il n'utilise que rarement mais qui fait toujours son petit effet. Il s'en sert d'ailleurs principalement comme backing de ses propres vocaux. En tout cas Barney est un hurleur de première catégorie, et rien que sa voix a provoqué en moi de petits frissons délicieux (oui, le death/thrash/grind AUSSI provoque ce genre d'effet, pas seulement Mozart!).

Napalm Death est donc le parrain du genre grind, et encore aujourd'hui ils se définissent comme « grindcore ». Et bien moi j'ai écouté un album de thrash/death, désolé. Et un sacré album! Je n'ai trouvé que deux titres réellement grind, "Diplomatic Immunity" et "Pay For The Privilege Of Breathing" qui font tous les deux moins de deux minutes. Pour le reste c'est une avalanche de riffs thrash ou death inspirés et ultraviolents, qui tapent terriblement juste. Le titre "Climate Controllers" est un exemple de titre thrashy très impressionant: l'intro déstructurée est excellente et les multiples changements de tempo sont toujours pertinents (et ont cette tendance réjouissante à faire du mal dans le dedans du corps). "The Great And The Good" est un autre titre aux riffs destructeurs qui en plus inclut la participation vocale de Jello Biaffra des Dead Kennedys. Si vous avez déjà joué à Tony Hawk premier du nom vous connaissez forcément Jello (« Riiiiiide, riiiide... ») et son style unique. Et bien sa voix inimitable se pose sur la musique de Napalm totalement naturellement! Ca passe comme une lettre à la poste, c'est du bonheur. Le reste de l'album est à l'avenant: riffs hénaurmes, batterie épileptique ou hypertechnique, chant satanique et compos dynamiques et maîtrisées. Quand un groupe culte se montre à la hauteur de sa réputation, il n'y a pas à dire, ça le fait.

Petit point négatif: le style est parfois un poil limité, et il y a peut-être un ou deux titres qui ne laissent pas une impression impérissable. Quand Napalm Death n'arrive pas à sortir du blast beat continuel la lassitude s'installe parfois. Mais cet album fait preuve dans son ensemble d'une variété rythmique qui permet de passer par-dessus ce petit travers qui au final n'est limité qu'à quelques très rares titres. Le feeling dominant est thrash, avec des éléments death absoluments jouissifs, comme l'intro du très réussi Pledge Yourself To You. On peut noter la présence en fin d'album de deux titres atypiques: Morale et Our Pain Is Their Power. Le premier est un thrash/heavy lent, mélodique et lourd qui attire tout de suite l'attention vu que les autres chansons sont rapides. Barney « chante » pour une fois, et même en chant clair il garde ce côté profondément malsain que j'adore, sur des ambiances travaillées. Le deuxième est une outro dépressive à base de samples et de bruits bizarres qui tape juste et permet de finir l'album sur une touche étrange et hypnotique. Napalm continue à assurer y compris dans un registre plus progressif, et c'est tout à leur honneur.


Conclusion: je vais écouter sans plus tarder le reste de la discographie de Napalm Death! The Code Is Red... Long Live The Code est un excellent album, une de ces décharges d'agressivité maîtrisées qui représentent ce que j'aimerai toujours dans le métal. On ne peut pas réellement dire que cet album révolutionne quoi que ce soit, mais en matière d'efficacité brute et de plaisir immédiat de l'auditeur j'ai rarement entendu mieux. En gros et si cela peut vous donnez une idée de l'effet que cet album a eu sur moi, je n'étais pas fan de Napalm Death il y a deux semaines... Et maintenant je le suis. Bonne, très bonne came!


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